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Il est 5h30, ce lundi 11 novembre 1918. L’armistice est signé entre les Allemands et les Alliés. Symboliquement, les combats arrêteront le 11ème jour du 11ème mois, à 11 heure. 

Depuis le 20 octobre, considéré comme le début de l’offensive de libération de la Belgique, les combats ont coûté près du cinquième (18 %) de l’armée belge. Huit mille morts, vingt-deux mille blessés.

Les Américains paient un tribut terrible à la guerre, pendant les trois dernières semaines du conflit. Ils ont en face d’eux des Allemands qui ont passé quatre ans dans les tranchées, ont participé à des offensives et détiennent une certaine expérience des combats. Ce n’est pas le cas des Américains, entrés en guerre en 1917.

A 10h59, on se bat encore

Du côté des civils , les pertes sont énormes. Bombardements, destructions d’édifices, exécutions sommaires – la terreur règne. Elle  chasse sur les routes quelque 160.000 Belges, majoritairement hennuyers et flamands, cherchant l’asile aux Pays-Bas, restés neutres.

 Ce lundi 11 novembre, on se bat sur les rives de la Somme, dans la région de Chimay, autour de Mons,, Ath, Grammont, Audenaerde et à proximité de Gand – le port d’Anvers n’est pas libéré.

Le dernier soldat belge, tombé au combat, le 11 novembre serait Marcel Toussaint Terfve (photo ci-contre).

A Bruxelles, les troupes allemandes se révoltent : elles indiquent leur sympathie pour les révolutionnaires de Berlin et refusent de poursuivre les combats.

Craignant désormais le virus du « bolchévisme », certains généraux alliés en viennent même à défendre la pérennité de la monarchie allemande, selon quelques accommodements ! C’est le cas d’un général français, l’ignoble Philippe Pétain, qui trahira son pays en 1940.

11 novembre 1918 : c’est un armistice, pas la paix

L’armistice du 11 novembre 1918 est un faux-semblant. Ce qui est signé à Rethondes, dans la forêt de Compiègne, c’est un cessez-le-feu des armes pendant 36 jours. Au-delà, tout peut recommencer.

Ce délai de 36 jours se vit prolongé à plusieurs reprises, jusqu’à la signature effective de la paix, à Versailles, le 28 juin 1919. Si la guerre de 14-18 se trouvait ainsi enterrée, tous les ferments pour un nouveau conflit étaient réunis dans ce Traité de Versailles.

Bravant les censures (déjà !) et les bien-pensants (hé, oui…), les journaux satiriques ne s’y sont pas trompés. Et toute la rancune allemande se résume dans la phrase « Tout ça n’a donc servi à rien« , prononcée dans l’hôpital de Pasewalk (Allemagne) par un obscur caporal nommé Adolf Hitler.

Quoi qu’il en soit pour 9 millions de soldats et près de 8 millions de civil, tués sans pitié, l’armistice du 11 novembre arrivait trop tard…

D.K.

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