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Quatre députés belges, Els Van Hoof (6 mandats dont 4 rémunérés), qui a pris la parole au nom de la délégation, Sonja Claes, toutes deux députées CD&V, Serge de Patoul et Véronique Caprasse (DéFI), ont assisté, le 1er juillet dernier, à Paris, au meeting annuel de l’opposition iranienne réunie sous la bannière de l’Organisation des moudjahidines du peuple iranien (Ompi).

Les sottes du CD&V, Els Van Hoof et son assistante parlementaire à la réunion des communistes iraniens – Paris

En 1986, l’Organisation des moudjahidines du peuple iranien (OMPI), anti-Khomeini, a créé en 1986, en pleine guerre Iran-Irak,  l’Armée de libération nationale d’Iran (ALNI) qu s’engage aussitôt aux côtés de Saddam Hussein. L’OMPI participera également à la répression sanglante des soulèvements kurde et chiite en 1991.  Dans les années 1990, l’OMPI revendique plusieurs attentats dont des actions commandos simultanées menées en 1993 contre les ambassades iraniennes dans treize capitales occidentales. En juin 1993, onze oléoducs sont détruits en Iran. Le 20 juin 1994, un attentat contre le mausolée de l’imam Reza fait vingt-cinq morts et soixante-dix blessés.

Le sigle des communistes iraniens, que soutient donc Défi, le parti de Maingain

l’OMPI a été classée organisation terroriste par les Etats-Unis jusqu’en 2009 et par l’Union européenne jusqu’en 2003. La réhabilitation du mouvement terroriste est le résultat d’un intense lobbying mené par les dirigeants de cette organisation.

L’OMPI peut être classée comme organisation d’extrême-gauche (communiste). Son logo ne laisse planer aucun doute quant à cette orientation idéologique. On y retrouve les symboles marxiste : l’étoile rouge, la faucille et un fusil remplaçant le marteau. Notez donc que Défi, le parti de Maingain, soutient des communistes iraniens, qui n’hésitent pas à pratiquer le terrorisme. Vive les progressistes de Défi.

Serge de Patoul (Défi) soutient les communistes, ex-terroristes iraniens. Bravo!

Aujourd’hui, bien que ne comptant que cinq mille membres actifs exilés en Europe (essentiellement à Paris), l’OMPI garde un pouvoir de nuisance pour perpétrer des attentats sur le sol iranien. Certains observateurs notent une dérive inquiétante du mouvement qui bascule vers une orientation sectaire.

Selon Bernard Hourcade, chercheur au CNRS et spécialiste de l’Iran, ce grand mouvement de résistance ressemblerait davantage aujourd’hui à une secte politique, organisée autour d’un culte de la personnalité. « C’est pour la République islamique la seule organisation politique capable de tuer quelqu’un à Téhéran encore aujourd’hui, même si leur capacité dans ce domaine-là a beaucoup faibli depuis une dizaine d’années. Ils sont assez autonomes sur le plan financier et peuvent ainsi tous les ans, tous les deux ans, faire des meetings extraordinaires ou même acheter les voix de quelques députés. » L’OMPI (en exil) ne bénéficie d’aucun soutien de la part du peuple iranien.

Véronique Caprasse (Défi) est tout à fait d’accord avec les communistes iraniens de la pire espèce. Ca vaut bien une petite virée à Paris, payée par tous les citoyens, non?

On peut lire sur la page Facebook d’Els Van Hoof : « Samen met Els Van Hoof en Liesbeth Maris op congres in Parijs van de Iraanse oppositie. Hun leider Maryam Rajavi sprak de 10.0000den zeer inspirerend toe. Ook Ingrid Betancourt is van de partij. Zij zal dadelijk het woord nemen ». (Avec Els Van Hoof et Liesbeth Maris (NdR :son attachée parlementaire) au congrès à Paris de l’opposition iranienne. Leur leader, Maryam Radjavi, a été très inspirante. Ingrid Betancourt est aussi de la partie. Elle prendra la parole immédiatement).

Véronique Caprasse (DéFi) ajoute : « Impressionnant rassemblement de la résistance irannienne (sic) qui veut dénoncer au monde entier le régime actuel d’une fausse démocratie avec des élections faussées et tronquées. Serge de Patoul (NdR :DéFi) et moi même prenons encore mieux conscience du combat mené par ces contestataires du régime, des espoirs de démocratie en Iran même si le chemin est encore long… »

La présence de députés belges (CD&V et DéFi) pose question. Ces deux partis (qui s’insurgent régulièrement lorsque des députés d’autres partis rencontrent Bachar el Assad) apporteraient-ils leur soutien à une organisation qui a toujours du sang sur les mains ? Le caractère démocratique de cette organisation nous échappe, compte tenu de son passé terroriste. Faut-il rappeler à ces parlementaires que la démocratisation des pays du pourtour méditerranéen via les « Printemps arabes » fut un échec cuisant et que l’éviction de Saddam Hussein, Ben Ali et Moubarak auquel il faut ajouter les tentatives de renversement du régime de Bachar Al Assad ont mis à feu et à sang le Proche et Moyen Orient?

L’exportation de la démocratie occidentale dans ces contrées, régies tant du côté sunnite que du côte chiite par la la loi coranique, a montré ses limites au prix d’une déstabilisation profonde de ces régions et de centaines de milliers de victimes. Croire qu’une opposition iranienne en exil (qui ne représente qu’elle) qui de surcroît à du sang sur les mains puisse apporter des espoirs de démocratie en Iran relève au mieux de la naïveté, au pire de la totale méconnaissance de la situation géo-politique du Moyen-Orient. Didier Reynders, Ministre des Affaires étrangères, appréciera l’initiative.

Enfin … un week-end à Paris aux frais des parlements, c’est toujours bon à prendre.

P.H.

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