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On pense ce qu’on veut de sa musique, de sa dégaine et de son public enamouré, mais quand on est de droite, on a forcément quelque chose de Johnny Hallyday en nous. Voici nos cinq raisons d’aimer l’idole des plus-très jeunes.

1) Johnny est le cauchemar des bobos et des bien-pensants

Aux yeux des bobos, Johnny Hallyday symbolise le beauf par excellence. Mâle, blanc, hétérosexuel et cisgenre, non seulement Johnny ne s’excusait pas d’être tout ça à la fois, mais en plus il votait à droite ! Il a publiquement soutenu Valéry Giscard d’Estaing contre Mitterrand en 74 puis en 81, puis Jacques Chirac et enfin Nicolas Sarkosy (dont il se disait déçu). Aussi, Johnny regrettait la présidence de Georges Pompidou. Maintenant qu’il est mort, Johnny est partout, à la radio, à la télé, dans le métro, pendant au moins une semaine. Chaque année, à la même date, il y aura des émissions et des numéros spéciaux consacrés à sa gloire. Pour les bobos, c’est l’Enfer sur Terre. Merci, Johnny.

2) Johnny luttait vaillamment contre l’inquisition fiscale

En France, le montant des prélèvements obligatoires s’élève à près de 50% du PIB, et 10% de la population supporte 70% de la charge fiscale. Johnny n’acceptait pas de se laisser plumer et ne reculait devant aucun montage fiscal pour préserver les fruits de son travail. Il n’hésitait pas à traiter d’« imbéciles » les journalistes qui le traquaient jusque dans sa planque helvétique. Bercy (ministère des Finances français) et les bonnes consciences de France Culture ne le lui ont jamais pardonné. A nouveau, on pense ce qu’on veut de ses montages fiscaux, mais qui n’a jamais rêvé de faire un fuck bien senti aux collecteurs des impôts et aux journalistes zélés qui les imitent ? Johnny, lui, l’a fait. On t’aime, Johnny.

3) Johnny était un artiste populaire, pas subventionné

Bon, en réalité, avec un budget hypertrophié de 3,6 milliards d’euros rien que pour cette année (+5,5%), le Ministère français de la Culture est un monstre qui étend ces tentacules partout. Johnny Hallyday a donc très certainement profité d’une infrastructure culturelle largement subventionnée. Néanmoins, le chanteur yéyé doit avant tout son succès à sa popularité, juste rançon de son incroyable énergie sur scène et de sa proximité avec un public à présent orphelin. Tout l’inverse de ces personnalités-fonctionnaires qui doivent leur célébrité à leur capacité à se fondre dans le prêt-à-penser du service public. Chapeau, Johnny.

4) Johnny aimait l’Amérique et Israël, envers et contre tous

God bless Johnny Hallyday ! D’Amérique, il a importé le rock’n’roll, pour mieux casser la monotonie ronflante d’une variété française alors hégémonique. N’avait-il pas enregistré, à l’âge de 19 ans, son premier album, à Nashville (Etat du Tennessee, d’où la chanson), dans la langue d’Elvis Presley ? Depuis, Johnny n’a jamais caché son amour de l’Amérique, celle qui a voté pour Trump, et que les commentateurs qualifient de « profonde » avec une pointe de mépris. Mieux : en 1967, suite à la guerre des Six Jours, il monte sur scène pour soutenir Israël. A cette époque, il envisageait même de s’engager dans l’armée israélienne! Shalom, Johnny.

5) Johnny ne soutenait pas les causes bien-pensantes

Vous savez, chaque année, chaque mois, l’agenda médiatique nous impose une campagne de sensibilisation à la con, accompagnée de son petit hashtag approprié. Le réchauffement climatique, les migrants, les quelque chose-Papers, mangez cinq fruits et légumes puis crevez d’ennui, bref, vous avez compris. Et en ces occasions, les stars et les célébrités doivent signaler publiquement leur vertu, par un tweet compassionnel, une donation ostentatoire ou un mea culpa larmoyant devant la presse. Silence radio du côté de Johnny. Qui n’en a jamais rien eu à foutre, et ça fait un bien fou ! T’es classe, Johnny !

Pour sa beaufitude assumée, son ton irrévérencieux, ses convictions à contre-courant et son doigt d’honneur au collecteur d’impôt et à la presse, merci Johnny, mille fois merci !

N.T.

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