Print Friendly, PDF & Email

Selon La Libre, 60% des Belgo-Marocains et Belgo-Turcs vivent sous le seuil de pauvreté. C’est totalement FAUX! Explication…

La Libre, reprenant une étude de la Fondation Roi Baudouin de 2006, écrivait : « Près de 60 pc (58,9 pc) des personnes d’origine turque et 55,6 pc des Marocains vivant en Belgique disposent d’un revenu situé sous le seuil de pauvreté européen, estimé à 777 euros par mois ».

Plus de la moitié des Marocains de Belgique sous le seuil de pauvreté?
Plus de la moitié des Marocains de Belgique sous le seuil de pauvreté?

En 2010, alors que le seuil de revenus passait à 973 euros pour un isolé, 14,6% de la population belge vivait sous le seuil de pauvreté. Donnée plus récente, en 2015, selon le 5° annuaire fédéral en matière de lutte contre la pauvreté, Le pourcentage s’élevait à 15,1% tandis que le seuil passait à 1074 euros pour un isolé. Avec des disparités importantes entre les régions du pays : Bruxelles : 32,5% – Wallonie 16,6 % – Flandre : 10,9%. Autre donnée intéressante : un rapport de la Banque Mondiale établit qu’entre 2007 et 2014, le taux de pauvreté au Maroc a reculé de 8,9% à 4,2%. Près de 19 % de la population rurale vivant encore dans la pauvreté ou dans une situation précaire.

Premier paradoxe : la Belgique compterait donc 54,7% de personnes d’origine marocaine en situation de pauvreté de plus que dans le pays d’origine. Alors que la sécurité sociale belge, la législation du travail, les Droits de l’Homme sont montrés comme un exemple. Quel est donc l’avantage de migrer en Belgique si c’est pour se retrouver dans une situation quinze fois plus précaire qu’au Maroc ?

chomeurs
La population belgo-marocaine sans emploi et au chômage est de 14% à l’échelon national. Les belgo-turcs : 12%

C’est une étude la Fondation Roi Baudouin (FRB) réalisée sous la direction de Corinne Torrekens et Ike Adam en mai 2015, « Belgo-Marocains, Belgo-Turcs : (auto) portrait de nos concitoyens » qui remet les pendules à l’heure, corrigeant les chiffres de 2006. Le groupe des répondants d’origine marocaine comptait en 2014 25% de personnes gagnant moins de 1500 euros mensuels, 43,1% de personnes gagnant entre 1500 et 3000 euros et 20,9% à gagner entre 3000 et plus de 4500 euros par mois.

Pour le groupe belgo-turc, ils étaient 20% à gagner moins de 1500 euros, 56,1% à gagner entre 1500 et 3000 euros et 18 % à bénéficier de revenus de 3000 à plus de 4500 euros. Le salaire moyen belge se situe approximativement autour de 2000 euros nets. Où sont ces 56 % de Marocains et 60% de Turcs vivant avec moins de 1100 euros par mois ?

Question d’autant plus pertinente que la FRB relève que l’écrasante majorité des sondés est propriétaire de son logement en Belgique: 56,2% des Belgo-Marocains et 79,7% des Belgo-Turcs. La moyenne « belge » est de 60%. Une autre étude datant de 2009 de la FRB, « Belgo-Marocains des deux rives. Une identité multiple en évolution » réalisée avec la collaboration d’Hassan Bousetta, ex-sénateur socialiste et de Jozef De Witte, directeur du Centre d’Egalité des Chances et de la Lutte contre le Racisme (aujourd’hui UNIA), relevait que 41,4 % des Belgo-Marocains étaient en outre propriétaires d’un ou plusieurs biens immobiliers au Maroc.

En d’autres termes, une grande majorité des Belgo-Marocains est propriétaire d’un ou plusieurs biens immobiliers en Belgique et au Maroc en même temps qu’une grande majorité de ce groupe vit sous le seuil de pauvreté tout en étant 63% à gagner entre 1500 euros et plus de 4500 euros par mois. Cherchez l’erreur …

Deuxième paradoxe : La population belgo-marocaine sans emploi et au chômage est de 14% à l’échelon national. Les belgo-turcs : 12%. La satisfaction dans la situation professionnelle au moment du sondage est de 75% pour les deux groupes. 20% estiment ne pas être satisfaits. 60 % des sondés estiment qu’il y a adéquation entre l’emploi occupé et le niveau de diplôme.

Par contre, et contre toute attente, 62,5% des belgo-marocains et 60,2% des belgo-turcs s’estiment discriminés. L’étude pointe aussi qu’une forte identité musulmane et que le fait d’avoir une majorité d’amis musulmans ont un impact négatif sur le marché de l’emploi. Le fait de revendiquer le port du foulard diminue également les chances de trouver un emploi. A noter que l’étude FRB note que 10% des femmes pouvant postuler sur le marché du travail sont recensées comme sans emploi au titre de femmes au foyer.

Décision personnelle ou imposée par le milieu familial islamique interdisant à la gent féminine de se contaminer avec le monde occidental ? Toujours est-il que la population belgo-marocaine et belgo-turque de Belgique n’est pas significativement la victime d’un ostracisme raciste lui interdisant l’accès à un emploi pour cause d’origine. Les taux de chômage de ces populations rejoignent ceux de la moyenne belge.

Troisième paradoxe : Les media traditionnels mettent l’accent sur la volonté des populations d’origine marocaine et turque de s’intégrer dans le Royaume en acceptant nos socles de valeurs. Ceci est contredit par l’étude FRB : Près de 17,1% des sondés se déclarent « uniquement Marocains » et « plus Marocains que Belges » et près de 60% « autant Marocains que Belges ». Pour la population belgo-turque, ces pourcentages sont respectivement de 21,3% et 52%.

Les contacts avec les collègues de travail se ressentent également dans ce que l’on pourrait appeler de la discrimination dans le chef des « discriminés » : 42,8% des sondés du groupe belgo-marocain déclarent n’avoir d’amis que dans la sphère d’origine ; 51,4 % pour le groupe belgo-turc. 75% des sondés reconnaissent n’avoir dans leurs amis que des musulmans. Le « vivre-ensemble » n’est pas pour demain et dans ce cas de figure, la discrimination n’est pas à imputer au Belge « raciste ».

Ce qui n’empêche près de 50% des répondants d’origine marocaine et 37% d’origine turque de se déclarer victimes de discriminations. 30% des présumées discrimination ont trait à la tenue vestimentaire (tenues salafistes, djellaba, keffieh, voile, niqab). Ces présumées discriminations n’ont pu être objectivées par le dépôt de plaintes en justice.

Ce que la FRB n’a pas mis en relief, c’est une autre étude du Berlin Social Science Center où il apparaît que 55,2% des Musulmans de Belgique sont fondamentalistes et que 69,6% déclarent que les règles religieuses (la sharia) sont plus importantes que les lois belges. La FRB indique a contrario que 58,8 % des Belgo-Marocains et 72,9% des Belgo-Turcs se disent favorables à la séparation de l’Eglise et de l’Etat. 73,4% des sondés Belgo-Marocains se prononce en faveur du port du voile dans la fonction publique contre 67,2% des sondés belgo-turcs. Où est la cohérence ?

Même incohérence en ce qui concerne la réponse à la question « Les Belgo-Belges(sic) doivent-ils s’adapter aux Musulmans ? Les sondés Belgo-Marocains sont à 51,1% contre cette proposition contre 63,9% des Belgo-Turcs. Les réponses à la question inverse « Les Musulmans doivent-ils s’adapter à la société belge » donnent respectivement comme résultats 73,1% et 64,9%. Dans tous les cas, cela va à l’encontre des revendications des groupes de pression islamiques et islamistes relayant les diktats des Frères musulmans et des monarchies salafistes/wahhabites pour lesquels le port du voile, du burkini, l’abattage rituel sont une question de vie ou de mort spirituelle pour le « bon » musulman.

Enfin, les mariages dans les deux groupes sont très largement endogames : 85,7% pour les Belgo-Marocains et plus de 90% dans le cas des mariages du groupe belgo-turcs. Le « vivre-ensemble » a ses limites.

Quatrième paradoxe : A en croire les associations de défense des droits des Musulmans, la Belgique est un enfer pour eux. L’étude de la FRB donne les niveaux de confiance des groupes belgo-marocains et belgo-turcs dans les institutions belges (en %). Certains résultats vont à l’encontre de la « doxa » :

Institutions Belgo-Marocains Belgo-Turcs
Gouvernement fédéral 73.1 79.6
Parlement fédéral 68.1 68.5
Tribunaux 71.6 76.8
Police 72.5 78.8
Ecoles 84.6 88.9
Etablissements de soins 92.8 92.2
Parlement européen 65.8 66.3
Medias 48.9 60.7
Groupe ethnique 62.5 78.0
Belgo-Belges (sic) 71.4 67.5

 

On notera que les Belgo-Marocains font plus confiance dans les Belges de souche que dans leur propre groupe ethnique !

En conclusion : Cette étude de la Fondation Roi Baudouin publiée en 2015 prend le contre-pied de la propagande socialiste, humaniste, écologiste et islamiste présentant les groupes belgo-marocains et belgo-turcs comme les nouveaux damnés de la Terre.

Certains CPAS ferment-ils les yeux sur les fraudes?
Certains CPAS ferment-ils les yeux sur les fraudes?

La situation socio-professionnelle des groupes ciblés ne s’écarte pas sensiblement de celle vécue par Monsieur et Madame Tout le Monde en Belgique. Que du contraire : l’accès à la propriété est de loin supérieur à la moyenne belge et les revenus des biens immobiliers au Maroc et en Turquie échappent au fisc belge et sont ignorés par les CPAS. Le Maroc et la Turquie refusent de transmettre leurs données fiscales à leurs homologues belges et les CPAS se retranchent derrière le secret professionnel.

La confiance dans les institutions belges ne s’écarte pas sensiblement de la moyenne nationale. Même le travail de la Police et de la Justice est plébiscité par les ¾ des sondés qui, par ailleurs, ont plus confiance dans les Belgo-Belges que dans leurs coreligionnaires. On est donc loin de l’image d’un peuple belge raciste, xénophobe, islamophobe décrié par certains partis politiques et association auto-proclamées de défense de Musulmans de Belgique et financées par les Frères musulmans ou la monarchie saoudienne.

Que des ménages musulmans connaissent des fins de mois difficile, c’est un fait. Comme beaucoup de ménages belgo-belges. L’Etat doit, dans ses missions régaliennes, leur apporter une aide au titre de la solidarité nationale et/ou régionale. Il est cependant anormal que des personnes se déclarent en grande précarité tout en étant propriétaires de biens immobiliers dont ils tirent des revenus (pour l’instant, non-déclarés). Cela vaut pour toutes les personnes résidant dans le Royaume.

Comme il est inadmissible que des mandataires politiques profitent de leur pouvoir pour s’octroyer ou se faire octroyer un logement social. On se souviendra de l’échevine socialiste Karima Souiss qui a occupé depuis 2001 jusqu’au moins 2015 un logement social alors qu’elle proméritait d’une rémunération de près de 4.000 euros bruts mensuels, de la directrice du Samu social, Pascale Peraita (PS) qui occupait un logement du CPAS bruxellois alors que sa rémunération annuelle se montait selon l’Inspection des finances à 192.705 euros, de la famille Abdeslam occupant un logement social de Molenbeek tout en ayant des revenus annuels de 100.000 euros …

P.H.

Les études de la Fondation Roi Baudouin peuvent être commandées gratuitement ou téléchargées via le site : https://www.kbs-frb.be/fr/

Commentaires