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Le ciel de ce lundi matin s’est soudainement voilé d’un écran de tristesse. Les rayons d’un timide soleil de fin de printemps n’auraient pas pu adoucir la douleur de nos coeurs meurtris par la terrible nouvelle que nous venions d’apprendre. Un ami de combat venait de nous quitter, sur une route de province, au volant de sa voiture.

Dimitri était un compagnon de route –un camarade, si l’on ne craignait que le terme ne nous renvoyât à une idéologie qui n’était pas la nôtre- qu’une campagne électorale commune et riche en événements, joyeux et parfois moins amusants, avait fini par transformer en ami.

Des heures durant, et sans en tirer la moindre vanité –il ne faisait, disait-il humblement, que son travail-, Dimitri avait confectionné, avec son talent de graphiste, les tracts et les affiches du Parti Populaire qu’il avait rejoint durant l’hiver dernier. Il aura porté, jusqu’au bout, les valeurs d’une formation politique dont il avait brillamment tiré la liste, en mai dernier, dans sa circonscription.

Mieux, la province de Luxembourg –de Luxembourg et non du Luxembourg, avait-il un jour tenu à corriger-, qui avait tout du no man’s land pour le PP, était devenue « the place to be ». Sous sa houlette, des sections locales avaient vu le jour. La dynamique était mise en place et rien ne semblait pouvoir l’arrêter.

La petite histoire raconte que Dimitri était le fils du premier immigré ayant mis, un jour, les pieds à Dinant. Suivant l’exemple de son père et l’adage d’Ambroise de Milan, selon lequel “à Rome, on vit comme les Romains”, Dimitri était devenu plus Ardennais que les Ardennais. Robuste, droit et bon vivant. Souriant, dévoué et drôle. Un exemple d’intégration, vous disait-on.

Au moment de rédiger cet hommage, du bout d’une plume ne versant son encre que par sanglots de larmes, nous revient en mémoire ce vers prodigieux de William Shakespeare que le parti avait fait sien en des temps plus joyeux  : « celui qui aujourd’hui versera son sang avec moi sera mon frère ».

Durant ces mois intenses, nous avons versé, avec Dimitri, non pas de notre sang -autre temps, autres moeurs-, mais de notre énergie et de notre passion. Nous sommes aujourd’hui nombreux à avoir perdu un frère de combat. Nos champs de bataille étaient ces terres de Wallonie que nous souhaitions voir renaître de leurs cendres. Nous portions nos idées en bandoulière comme autrefois nous aurions porté les armes. Bien sûr, nos guerres étaient peut-être trop audacieuses que pour les mener directement au triomphe.

Nous finirons néanmoins par vaincre. Lors du dernier bureau politique du parti, l’homme qui nous accompagnera désormais en pensées avait glissé : « on va quand même poursuivre le combat, non ? » C’est aujourd’hui un devoir pour nous que de continuer à nous battre à la façon chevaleresque de Dimitri.

Toutes nos pensées accompagnent aujourd’hui sa famille.

Requiescat in Pace.

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