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Le ministre Maxime Prevot (CDH) et le gouvernement wallon ont rendu public la semaine dernière le nouveau système des allocations familiales, imposé par la sixième réforme de l’État.

 Première remarque: après avoir hurlé sur tous les tons que les Flamands voulaient démanteler la Sécurité sociale fédérale et que le PS, le CDH et le MR s’y opposeraient de toutes les manières,… le gouvernement Di Rupo a capitulé et le premier pan du démantèlement, ce sont les allocations familiales, qui vont naviguer de manière différente en Flandre, en Wallonie, région germanophone… et à Bruxelles.

Le ministre wallon Maxime Prevot (CDH) a accouché d’une réforme qui favorise nettement les pauvres et n’encourage pas la classe moyenne à avoir des enfants…

Le résultat, c’est que la Flandre, dont le budget est en équilibre, va pouvoir dans les années prochaines, augmenter à sa guise les allocations, alors que la Wallonie (et Bruxelles) vont devoir réduire les montants et les réduire encore ou les laisser stagner dans les décennies qui viennent, au vu de la dette, et de la fin des transferts de la Flandre vers la Wallonie. La Flandre est en boni tous les ans… Les Wallons se retrouvent face à eux-mêmes. Merci aux partis traditionnels, le PS en tête!

Pour rappel, aujourd’hui, les montants de base pour tous les enfants belges s’élèvent à:

-1er enfant : 92,9 €

-2e enfant : 170,39 €

-3e enfant : 254,40 €  Il faut compter également des suppléments d’âge (à 6 ans, 12 ans, 18 ans), des suppléments en fonction de la situation des parents (monoparentale, etc.).

Pour le gouvernement wallon PS-CDH, le nouveau système, c’est à partir de 2019: 155 EUR par enfant jusqu’à 17 ans et 165 EUR au-delà pour chaque nouveau-né, peu importe son rang dans la fratrie. Ce sera plus simple pour les familles recomposées. En Flandre, le nouveau système est plus simple: ce sera 160 EUR. Et la Flandre a déjà son système depuis l’an passé, applicable en 2019. En région germanophone, ce sera 151 EUR. A Bruxelles, on est en retard…

En plus de l’allocation, les parents wallons recevront une prime de naissance ou d’adoption de 1.100€/enfant, ainsi qu’une prime de rentrée scolaire annuelle de 20 à 80€/enfant. Pour les enfants nés avant cette date, rien ne change. Les enfants handicapés ou orphelins ont droit à un supplément. C’est très bien et c’est maintenu.

La réforme des allocations familiales, c’est un des gros dossiers de la législature. Et le ministre Maxime Prévot (CDH) nous raconte une salade dès le départ: « en Wallonie, l’intervention sera égale pour chaque enfant ». Vrai et faux!

Les femmes européennes n’ont plus assez d’enfants. Mais l’idée d’une politique nataliste est « politiquement incorrecte »…

Il joue sur les mots: oui, ce sera une somme égale pour tous les enfants de la même famille, mais un enfant de famille pauvre vaut plus qu’un enfant de la classe moyenne. On a rompu depuis longtemps déjà avec le fait que l’allocation est due pour chaque enfant, quels que soient les revenus de sa famille. On aggrave le différentiel entre assistés qui reçoivent plus et la classe moyenne qui reçoit moins. Si la famille gagne moins de 50.000 EUR brut/an, les suppléments commencent. si la famille gagne mois de 30.000 EUR brut/an, chaque enfant reçoit 55 EUR de plus par mois, pour la famille monoparentale, ce sera 75 EUR de plus par mois, et pour la famille nombreuse, 90 EUR de plus par mois par enfant.

Le PS et le CDH vont en effet donner ces « primes sociales » liées au revenu des parents (pauvres), aux familles mono-parentales et aux familles nombreuses. Ainsi, un enfant d’une famille pauvre, à fortiori mono-parentale, vaudra un tiers, voire la moitié de plus que ce que vaut l’enfant d’une famille de la classe moyenne, où les deux parents travaillent d’arrache-pied pour ne pas tomber dans la pauvreté. C’est un nouvel outil de « redistribution de la richesse » comme les socialistes adorent le faire. Le nouveau clientélisme des deux partis de la majorité vers les familles pauvres et les nouveaux belges, est évident. Le PS a toujours voulu lier les allocations aux revenus des gens: c’est fait! C’est une grave erreur d’encourager les plus pauvres à faire des enfants et de décourager les classes moyennes à en faire… 

Pour la Ligue des familles : « le système actuel avait été mis en place à la sortie de la guerre pour encourager les gens à faire des bébés afin de relancer la natalité. Mais aujourd’hui, les allocations n’ont plus un objectif nataliste. Les allocations sont devenues un revenu essentiel pour les familles. » Les pays européens feraient bien de revenir à un objectif nataliste, puisque notre très faible natalité va causer des problèmes de plus en plus aigus. C’est très politiquement incorrect, mais il faut aider les couples qui veulent avoir des enfants et assurer notre avenir.

Le ministre Prévot (CDH) se justifie maladroitement: « Il y a des réalités sociologiques différentes qui ont un impact financier. C’est pour cette raison, notamment, que ma formation politique n’a jamais souhaité régionaliser les allocations familiales. Mais cette régionalisation a eu lieu ». On a bien compris. A terme, tant pis pour les Wallons…

C.T.

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