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La défaite mardi soir de son fidèle député Volker Kauder à la présidence du groupe parlementaire CDU/CSU est un coup dur pour Angela Merkel. Un an après son élection, elle va devoir composer avec un groupe rebelle.

La révolte gronde contre Angela Merkel. La chancelière allemande vient de subir un sérieux revers au sein du groupe parlementaire CDU/CSU, dont elle perd le contrôle. L’un de ses plus proches, le député Volker Kauder, a été battu mardi soir lors du vote pour la présidence du groupe par 112 voix contre 125 pour son adversaire Ralph Brinkhaus, député de Gütersloh en Westphalie-Rhénanie du Nord.

«C’est une défaite, il n’y a pas à enjoliver», a commenté Angela Merkel à l’issue du scrutin. Expert des questions financières et membre d’une frange plus conservatrice du parti chrétien-démocrate, le nouveau patron des députés Ralph Brinkhaus n’appartient pas au camp le plus anti-Merkel de la CDU/CSU. Mais en présentant sa candidature, il avait plaidé pour «un nouveau départ» au sein du groupe. Dans une courte déclaration après sa victoire, il n’a pas cité la chancelière.

Une voix discordante avec la chancellerie

Angela Merkel avait mis tout son poids dans l’élection. «Ce serait un mauvais moment pour un changement», avait-elle déclaré avant le vote des députés en plaidant pour la reconduction de Volker Kauder. Mais ce fidèle, à la tête du groupe depuis treize ans, incarnait sans doute trop le système Merkel à un moment où celui-ci vacille. Le gouvernement de la chancelière, vieux d’à peine six mois, a déjà connu deux crises politiques qui ont ébranlé la cohésion de la grande coalition CDU/CSU SPD.

Avec un nouveau chef à leur tête qui ne sera pas la courroie de transmission de la chancellerie, les députés CDU/CSU pourraient se laisser aller à défendre des positions différentes de celles d’Angela Merkel. Au printemps dernier, Brinkhaus avait notamment pris position contre les propositions sur la relance de l’Europe du chef de l’État Emmanuel Macron contre l’avis de la chancelière. Il avait tenté d’emmener les parlementaires CDU/CSU avec lui pour lui forcer la main. À l’époque, elle avait réussi à éteindre l’incendie avant qu’il ne se déclare.

Mardi, l’opposition a commenté avec sévérité la claque qu’elle vient d’encaisser. «C’est une révolte contre Merkel», a déclaré le vice-président du Bundestag SPD Thomas Oppermann. Ce vote «est un signal envoyé contre la prolongation de la grande coalition», a estimé le président du parti libéral FDP Christian Lindner. «La chute de Volker Kauder montre clairement la perte du pouvoir d’Angela Merkel. Sa fin a commencé», a jugé la cheffe de file de l’AfD Alice Weidel.

Dans la démocratie parlementaire allemande, les groupes parlementaires jouent un rôle clé. C’est pourquoi la victoire de Ralph Brinkhaus est un coup dur pour Angela Merkel. Un an après son élection, elle va devoir composer avec un groupe rebelle.

Elle pourra aussi se rappeler quelques leçons d’histoire politique allemande: certains de ses prédécesseurs ont chuté non pas lors d’élections mais parce que les députés les avaient poussés à partir.

GAIA

Source : https://www.dreuz.info/2018/09/27/au-bundestag-angela-merkel-perd-le-controle-des-deputes-cdu-csu/

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