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Angela Merkel est sous pression. Non seulement la pression de son opinion publique choquée par les agressions sexuelles de Cologne, Hambourg, Francfort et autres cités allemandes commises lors de la nuit du réveillon, mais aussi la pression de son propre parti, la CDU et de son partenaire bavarois de coalition, la CSU. C’est d’autant plus vrai que les élections régionales ne sont pas loin. Dans un peu plus d’un an, la chancelière passera sous les fourches caudines des législatives. Après avoir appelé à l’ouverture des portes de l’Allemagne (et par ricochet) de l’espace Schengen à plus d’un million de « réfugiés », Angela Merkel ne parvient pas à trouver une solution crédible à la crise migratoire qui fait tanguer l’Allemagne social-démocrate sur ses bases. Et quand l’Allemagne tangue, l’Europe se casse la figure …
Angela-Merkel-Kanzlerin-fürComment la chancelière allemande en est-elle arrivée là ? Pourquoi ne parvient-elle pas à infléchir sa politique d’accueil et la mettre en résonnance avec la réalité du terrain?

L’édition allemande du Huffington Post offre une réponse à cette question par la voix du psychanalyste Hans-Joachim Maaz. Celui-ci n’est pas un inconnu dans la profession. Jusqu’en 2008, il a été médecin-chef de la clinique protestante psychothérapique et psychosomatique Diakonie et est considéré comme un spécialiste de l’impact du communisme est-allemand sur la santé mentale de ses concitoyens.

Il est également un observateur médical des conséquences de la réunification allemande sur le psychisme de la population. Angela Merkel, protestante, a vécu en Allemagne de l’Est. Hans-Joachim Maaz, dans cette interview au Huffington Post, donne son éclairage de psychanalyste réputé sur ce qui conduit Angela Merkel à son probable suicide politique.

Résumé :

Merkel, comme beaucoup de puissants, souffre d’un orgueil qui la rend insensible à la critique et la conduit à mener une politique irrationnelle, incapable qu’elle est de tenir compte des difficultés réelles rencontrées par l’Allemagne dans la mise en œuvre de sa politique d’accueil des réfugiés et de l’immigration en général.

Se sentant considérée comme la femme la plus puissante du monde, elle ne supporte pas la contradiction. Cela apparaît à la fois dans son discours et dans sa posture. Pour le psychanalyste, Angela Merkel représente un « danger » pour l’Allemagne. Elle ne se soucie ni de la compromission des autorités (NdR : l’omerta sur les agressions), ni de l’isolement de l’Allemagne au sein de l’Europe et encore moins des critiques musclées émanant de son propre parti. Ceci, conjugué à un comportement « rebelle », fait craindre chez elle une perte complète du contact avec la réalité.

A la question « Comment expliquez-vous cela ? », le psychanalyste répond qu’Angela Merkel est le prototype des personnalités qui ont été exagérément louées avec, en plus, un problème fondamentalement narcissique.

Elle se considère comme « mère de la nation » et certains ont été même jusqu’à la proposer pour le prix Nobel de la Paix. Malheureusement, Angela Merkel n’a jamais été un « leader » : elle a toujours été dans la réaction et non dans l’action. Ceci, pour le médecin, témoigne d’un déficit d’estime de soi et d’un sentiment d’incertitude sur la valeur de ses actions, la conduisant, malgré les échecs, à développer une posture d’obstination, comme on le constate dans la gestion de la crise de l’immigration.

Cette réaction émotionnelle avait déjà été constatée une première fois lors de la sortie de l’Allemagne du nucléaire après l’accident de Fukushima. La deuxième réaction du même type est constatée aujourd’hui : célébrée dans le monde entier pour sa politique humanitaire, Angela Merkel est incapable de prendre du recul et d’adapter sa politique aux réalités du quotidien, réalités qu’elle est incapable d’appréhender objectivement.

Angela Merkel pourrait-elle descendre de son nuage ? La réponse d’Hans-Joachim Maaz est sans nuances : problème narcissique, déficit de l’estime de soi, peur du sentiment d’infériorité et de l’insécurité, Angela Merkel continuera dans sa voie actuelle pour réussir et retrouver la reconnaissance perdue. A très court terme, une dépression nerveuse est à craindre en raison du passage très rapide entre adulation et critique actuelle. A l’instar des stars du show-business, la solitude et une dépression sont au bout du chemin et seront une conséquence d’un effondrement psychologie ou psychosomatique imminent.

En refusant de revoir sa copie, Angela Merkel développe un mécanisme de protection, évacuant toute critique extérieure au profit de la seule écoute de sa perception interne et de ses sentiments desquels l’empathie est absente. Elle ne répondra pas aux critiques, restant obstinément attachée à son slogan « Wir schaffen das » (NdR : analogue au « Yes we can » de Barack Obama).

Et le psychanalyste de conclure : Angela Merkel a un comportement narcissique dangereux car elle contribue à la division de la société allemande dont une partie croissante n’accepte plus sa politique. Elle ne renoncera pas mais préférera adopter la position d’Erich Honecker (NdR : le dernier président communiste d’Allemagne de l’Est) qui se réfugia au Chili après sa déchéance.

P.H.

L’interview complète dans le Huffington Post : http://www.huffingtonpost.de/2016/01/24/psychoanalytiker-hans-joachim-maaz-angela-merkel-_n_9064278.html

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