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Quand j’ai réalisé que le fameux foulard islamique avait été tendu à Marine Le Pen, non en Arabie Saoudite mais au Liban, j’ai été particulièrement choquée! Le Liban, un pays où maronites, chrétiens, juifs, druzes vivaient en paix, où on ne voyait guère de foulards, pays libre et prospère, pays modèle pour tout le Moyen-Orient….

Et puis j’ai lu le livre de Lina Murr Nehmé et j’ai compris. Ce livre est à lire par tous ceux qui veulent comprendre, qui veulent savoir ! Et si vous risquez de vous embrouiller – comme moi qui ne connais pas bien l’histoire du Moyen-Orient – commencez avec la première guerre mondiale… vue un peu autrement que par nos livres d’histoire au temps où il y en avait dans les écoles.

Actuellement, beaucoup de personnes se demandent « comment a-t-on pu en arriver là où nous en sommes ? » Disons immédiatement que ce livre « consolera » ceux qui croient que l’être humain est de plus en plus mauvais et la situation de la planète chaque année pire. Non, l’être humain ne change pas ! Les situations changent à peine. Il est utile de s’en rendre compte et de cesser les rêveries du style « l’homme est bon, il suffit de lui donner toutes ses chances pour qu’il se conduise bien. »

Lina Murr Nehmé

Un petit extrait:

« Cette guerre sans fin est criminelle, disait Anatole France en 1917. Ce qu’il y a de plus abominable est qu’on ne veut pas y mettre un terme, la terminer. L’empereur Charles a offert la paix ; c’est le seul honnête homme qui ait paru au cours de cette guerre, on ne l’a pas écouté. (…) Clemenceau a traité l’empereur de « conscience pourrie », c’est indigne. L’empereur Charles veut sincèrement la paix, aussi tout le monde le déteste. Ribot est une vieille canaille d’avoir négligé une pareille occasion. Un roi en France, oui, un roi aurait pitié de notre pauvre peuple exsangue, exténué, n’en pouvant plus. Mais la démocratie est sans coeur et sans entrailles. Au service des puissances d’argent, elle est impitoyable et inhumaine. » (p.92)

Le fameux Sykes des Accords Sykes-Picot disait déjà vers 1910 :

« En politique, il n’y a pas de bien ou de mal. La force et la ruse sont les seuls standards. Si par exemple, je veux entrer au Parlement, je mens à mes électeurs, je paie autant que je peux de pots-de-vin. Si mon adversaire est plus riche et meilleur menteur que moi, je perds. Dans la politique internationale, c’est la même chose. Un pays fait un traité parce qu’il y est contraint, et il le respecte aussi longtemps qu’il est le plus faible. » (p.128)

Sykes est cynique, Anatole France est choqué par l’opportunisme sans coeur de ceux qui nous dirigent. Impossible de présenter l’opportunisme arabo-anglais, impossible d’en faire une synthèse et j’insiste : lisez ce livre instructif ! Vous verrez le monde d’un tout autre œil, vous deviendrez plus attentif à ce que vous pouvez faire, vous simple citoyen qui avez trop tendance au fatalisme, fatalisme mâtiné d’une bonne dose de naïveté.

Ce livre vous fera peut-être penser à la démocratie directe telle qu’elle est pratiquée en Suisse ? Ce n’est pas la perfection, non, c’est un moyen de freiner les cynismes, moyen dans les mains d’adultes qui acceptent de se renseigner ! La transparence gêne les escrocs.

Mia Vossem

 

           

 

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