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Nous allons nous offrir encore 5 ans d’Erdogan, après les élections du 24 juin ! Selon les sources et avant le résultat de tous les dépouillements, le dictateur turc (il le sera encore plus, désormais) annonce une victoire de l’ordre de 52 à 55 % des votes exprimés. Selon nos sources, les Turcs de Belgique ont voté autour de 70 % en faveur d’Erdogan (en France, c’est 65,3 %, selon France Info 25/6/2018 – photo ci-dessous). Mais pour quoi ont-ils voté ?

Incontestablement, Erdogan pourra se vanter d’avoir été élu suite à un vote démocratique – même si cela sera contesté par l’opposition et des observateurs internationaux qui parlent de « fraudes avérées », voire « massives » (article du Monde, « Présidentielle en Turquie : Erdogan réélu dès le premier tour » – 25/6/2018).

La communauté turque de Belgique a apporté un soutien non-négligeable à Erdogan, puisqu’elle a voté plus « pro Erdogan » (70 %) que les Turcs de Turquie (52,5 %). Raison supplémentaire pour examiner le contenu du programme d’Erdogan.

1. MAIS POURQUOI RESTER EN BELGIQUE ? On peut se poser cette question qui fera hurler les bobos gauchistes… qui ne se renseignent pas avant de beugler. Erdogan a promis des primes aux retraités (deux primes de 200 euros, à l’occasion de fêtes religieuses), des augmentations de salaire aux fonctionnaires et des aides aux entrepreneurs endettés.

Beau programme ! En Belgique, les retraites sont rabotées, les salaires des fonctionnaires sont bloqués et les faillites de petites entrepreneurs n’ont jamais été aussi nombreuses (10.831 en 2017, soit 7,6 % de plus qu’en 2016) – source : bureau d’informations commerciales Graydon. Quelle drôle d’idée pour les Turcs de venir s’installer dans un pays qui officiellement fonctionne moins bien que le leur…

Mais peut-être que les Turcs de Belgique ont voté pour l’homme fort, plutôt que pour sa politique. Erdogan l’a bien compris, lorsqu’il a vilipendé ses auditeurs pendant un meeting électoral : « Il paraît que certains d’entre vous vont voter pour Recep Tayyip Erdogan mais pas pour l’AKP (le parti d’Erdogan – ndlr). Comment est-ce possible ? Ceux qui ne voteront pas pour l’AKP sont des impies » (cité par l’AFP, 4/6/2018). Diable ! Car, du côté des réalités, ce n’est guère fameux, la Turquie : inflation à 10,8 % (Belgique : 1,71 % – source : inflation.eu), naufrage de la livre turque (- 10 % en un an), déficits records. Et néanmoins les Turcs de Belgique ont voté massivement pour Erdogan. D’où la question : pourquoi restent-ils en Belgique ?

2. LA TURQUIE, DANGER POUR L’EUROPE. Les électeurs d’Erdogan ont voté pour son programme en matière de relations internationales. Il a été très clair : « (La Turquie sera)  « une puissance globale, une force maîtresse, capable d’agir militairement pour assurer sa sécurité. De nouvelles opérations transfrontalières auront lieu, sur le modèle des offensives menées précédemment au nord de la Syrie contre les milices kurdes. » Nous voilà prévenus! Cette rhétorique utilise le vocabulaire nazi : dans leurs discours, Hitler et Goebbels abusaient du terme « global » pour qualifier la guerre « globale » contre l’Union soviétique, d’une destruction « globale » des Juifs, etc.

Il est vrai qu’Erdogan dispose de plusieurs complicités en Belgique. C’est le cas du PS, où Emir Kir est le chef de file des pro-Erdogan. Et on connaît les liens entre Catherine Moureaux (PS), Carlo Crespo (compagnon de Madame et président du MRAX) et les supporters de l’extrême droite turque – notre photo.

3. LE GOUVERNEMENT MICHEL NE FAIT RIEN CONTRE LES EXTRéMISTES TURCS QUI MENACENT LA BELGIQUE. C’est donc cela, le programme pour lequel 70 % des votants turcs, en Belgique, ont voté. Si on ajoute le résultat de ce scrutin aux manifestations nationalistes et nostalgiques de l’empire ottoman dans plusieurs villes de Belgique (Heusden-Zolder, Molenbeek, Saint-Josse-ten-Noode, Beringen…), on est en droit de demander : « Que fait le gouvernement Michel ? »

Rien, hélas ! Les élections sont proches, et de nombreux candidats d’origine turque et pro-Erdogan figurent en bonne place dans les listes du PS, du MR, du CDH, dEcolo, de Défi et du PTB.

Les bobos gauchistes condamnent « tous les nationalismes »… mais s’abstiennent de condamner les nationalistes turcs, nettement plus présents et actifs que les nationalistes belges. Le PARTI POPULAIRE condamne les lavages de cerveaux et les fake news lancés par les bien pensants, au mépris des intérêts des citoyens belges. 

F.M.

 

 

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