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Il aura fallu 10 ans pour qu’Areva, le géant français du nucléaire, jette l’éponge et solde ses investissements gigantesques dans l’éolien en mer. Après avoir englouti – c’est le cas de le dire – des milliards d’EUR dans l’éolien « off-shore », avec des machines d’une capacité plus de 6 MWh, le groupe français vend à l’Espagnol Gamesa, lui-même repris par Siemens… pour 60 millions d’EUR. C’est digne de l’euro symbolique!

La très carnassière Anne Lauvergeon (PS) à l'époque où elle était tout sourire pour François Mitterand, qui le lui a bien rendu...
La très carnassière Anne Lauvergeon (PS) à l’époque où elle était tout sourire pour François Mitterand, qui le lui a bien rendu…

Celle par qui tout a commencé, c’est Anne Lauvergeon, conseillère (et probablement plus) d’un François Mitterand vieillissant. Cette créature du PS, parachutée à la tête d’Areva, avait cru très malin de se lancer dans le pseudo-renouvelable, déjà très à la mode en 2004.

Les sottises de la COP21 et de la COP22 n’imposaient pas encore des objectifs de renouvelables totalement irréalistes et la fin du nucléaire, mais AREVA allait investir dans le solaire thermique à concentration (rentabilité très douteuse sans subsides), l’éolien (une erreur absolue), les bioénergies (ça se défend en partie, sauf les biocarburants) et le stockage des énergies (bonne idée).

A l’époque, les Ecolos avaient hurlé à la manipulation. Pour eux, l’investissement d’Areva dans les renouvelables n’était qu’ »une diversion pour se donner bonne conscience ».

La nomenklatura socialiste française copie: Alain Kuschner, Anne Lauvergeon et Frtédéric Mitterand...
La nomenklatura socialiste française copine: Alain Kouschner, Anne Lauvergeon et Frédéric Mitterand…

Mal gérée, obligée de revoir sans cesse la conception des nouvelles centrales comme la centrale finlandaise EPR d’Olkiluoto sous la pression de haine du nucléaire initiée par les Verts, AREVA en était à une perte annuelle de 550 millions d’EUR en 2014, pour un chiffre d’affaires de 5,5 milliards. Le gros du déficit vient de l’éolien en mer. D’où la vente, en pleine déroute…

Cela vaut la peine de se pencher sur le problème de l’éolien « off-shore ». Pourquoi Areva s’est-il trompé, comme les Allemands et les Danois?

C’est simplement colossalement compliqué d’installer des éoliennes (très puissantes) en mer. Une nacelle pèse 200 tonnes, les mâts plus de 1.000 tonnes. Un bateau est loué 100.000 euros la journée. Les éoliennes en mer reviennent deux fois plus cher que les machines terrestres. Les chiffres de la Commission de régulation de l’énergie  française sont parlants. Le coût d’achat moyen de l’éolien offshore ressort à 200 euros le MWh, alors que le prix de vente de l’électricité « normale » (le baseload) est de 40 EUR le MWh! Non rentable et impossible même à réaliser sans des subsides massifs qui ruinent les consommateurs industriels et les citoyens. De la pure stupidité.

Eoliennes Gamesa - Areva au large de la France: gare au vieillissement accéléré! Message à l'acquéreur Siemens...
Eoliennes Gamesa – Areva au large de la France: gare au vieillissement accéléré! Message à l’acquéreur Siemens…

Ajoutez à cela qu’une flèche d’un degré de l’éolienne, si elle est par exemple installée sur des fonds sableux comme les éoliennes belges en mer du Nord, et tout s’effondre à la moindre bourrasque! Les Allemands viennent de se planter avec leur plus grand parc de la Baltique, qui a littéralement disjoncté et grillé le jour du lancement. Les entreprises concernées ont pris des avocats et  « estent en justice ». Ca promet!

Comme le déclare un ingénieur de la branche: « il y a autant de différences entre l’éolien terrestre et l’éolien en mer qu’entre l’aviation et le spatial » Sur les sites en mer, les pales et les pièces des rotors rouillent, vieillissent plus vite vu les vents de tempête, ne peuvent être réparées par forte tempête avant plusieurs jours, etc…

Pour éviter la corrosion accélérée due au sel, AREVA n’avait pas trouvé d’autre solution que de les faire tourner à vide pour assurer la lubrification automatique en y installant… des moteurs diesel. Un comble pour l’offshore, énergie soi-disant décarbonée, mais qui a besoin de centrales au gaz ou au charbon pour les remplacer quand il n’y a pas de vent. L’éolien n’est pas une énergie renouvelable…

Aujourd’hui, avec la chute d’AREVA, la fuite en avant, c’est pour le repreneur de la plus grande part du marché: Siemens. Le géant de Munich détient 60% du marché offshore. Gare au vieillissement des éoliennes! Nous ne miserions pas un kopeck en bourse sur Siemens, qui fait « oeuvre pionnière » et pourrait fort bien se planter complètement à cause de l’éolien off-shore. La fuite en avant est une mauvaise idée en économie!

L.R.

 

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