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Le bel Armand déclare vouloir « préserver la sérénité dans la gestion de la commune » et se plaint du « climat délétère » autour du dossier Kazakhgate. « Je reste serein et totalement confiant dans les institutions et dans la justice de notre pays », ajoute-t-il. Le premier échevin Marc Cools (MR) devient automatiquement bourgmestre ad interim et voudrait le rester jusqu’à l’an prochain. Son concurrent Boris Dilliès, tout aussi MR dans la commune bleue, s’est immédiatement déclaré aussi candidat à la succession.

Armand De Decker pose complaisamment au Sénat, dont il a été président. L’avocat De Decker utilisait ses hautes fonctions pour faire du beurre sur le dos de mafieux kazakhes. Le fait qu’il n’a peut-être pas été efficace ne change rien à la chose…

Tout tourne évidemment autour de l’enquête en cours au parlement fédéral sur le Kazakhgate, dans lequel il est aujourd’hui évident qu’Armand De Decker a joué un rôle trouble. Armand De Decker a réaffirmé au micro de la RTBF n’avoir « joué aucun rôle » dans l’élaboration de la loi qui a étendu la transaction pénale et qui aurait bénéficié au trio kazakh. « La commission d’enquête révèle la vérité », a-t-il ajouté, « c’est-à-dire que le lobby en vue d’étendre la transaction pénale est venu des diamantaires anversois. »

Marc Cools, premier échevin MR le remplace à Uccle

Il y a eu le lobby intense des diamantaires anversois, certes, mais AUSSI celui de l’ancien président du Sénat, qui était le poisson-pilote de Chodiev et monnayait en fait ses connaissances et ses relations politiques pour soutirer de l’argent au trio kazak…

Olivier Chastel, président du MR a « pris acte » ce samedi 17 juin. Les demandes de démission se faisaient de plus en plus pressantes, y compris dans son propre parti. En fonction depuis 2006 à Uccle, Armand De Decker va devoir continuer à se défendre devant la commission d’enquête, en cours au parlement fédéral. En novembre 2016, il avait déjà été mis en congé de ses fonctions internes au MR, suite à une décision de son parti.

Boris Dilliès, 2e échevin (MR) piaffe d’impatience. Il est aussi candidat-bourgmestre à Uccle

Le dernier des « problèmes » dans cette affaire, c’est que le « trio kazakh » (Patokh Chodiev, Alexander Machkevitch et Alijan Ibragimov)  a déboursé 13,3 millions d’EUR pour rémunérer ses avocats et relais d’influence (dont De Decker au premier rang), mais 4 millions d’euros (en fait 3,965 millions) sont toujours introuvables. C’est le décompte de la Justice française.

Où sont passées les commissions occultes qui n’ont pas encore été identifiées ?

En effet, pour les trois Kazakhs, l’addition ne s’est pas limitée au montant transactionnel, soit 22,1 millions d’euros en amende, remboursement de frais de justice et abandon de biens saisis. Outre certains honoraires gratinés d’avocats (suivez mon regard), ils ont aussi payé en France, et fort probablement en Belgique, des commissions occultes à des intermédiaires, qu’ils soient sénateurs, préfets, chargés de mission, plénipotentiaires auto-proclamés, fondations et autres parasites.

Une chose est sûre, De Decker a bien été le sous-marin de l’Élysée. Il ne se tenait plus de fierté de jouer les agents secrets, avec le gratin du gratin…

Le dindon de la farce, c’est finalement Chodiev, le milliardaire kazak belge: une petite note d’honoraires de 750.000 EUR pour les services rendus par le président du Sénat, mais aussi des millions distribués à toute une série de parasites… Et quand même des problèmes!

Est-ce que ce sont les partis qui ont récupéré l’argent ? Sont-ce des hommes d’influence ?

La question est légitime car plusieurs moyens illégaux ont été mis en œuvre pour financer le Kazakhgate. Parmi les montages français avoués par Catherine Degoul, l’avocate française de Patokh Chodiev, apparaissent en effet deux fausses conventions de prêt au bénéfice (396.000 EUR) du préfet Étienne des Rosaies ainsi que deux fausses factures au bénéfice (198.948 EUR) du sénateur Aimery de Montesquiou.

Et ce n’est qu’un coin du voile… Cette affaire d’état, parce que c’en est une, disqualifie en tout cas De Decker à tout jamais. Il s’en fout, il est à l’âge de la pension. Il pourra contempler sa collection de décorations tous les jours…

C.T.

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