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Automobile. 15 milliards de dollars. C’est le prix (faramineux) qu’Intel a mis sur la table pour s’emparer de Mobileye.

« C’est la plus importante acquisition dans l’économie israélienne », explique Lior Sethon, directeur du développement de cette société spécialisée dans les systèmes d’aide à la conduite (on parle encore d’Advanced Driver Assist System ou ADAS). Mobileye équipe aujourd’hui une quinzaine de millions de véhicules dans le monde, sur le segment premium, avec un système électronique capable, sur la base d’algorithmes – au moins un milliard de données analysées par seconde – de calculer les distances et les vitesses entre les véhicules. « Et surtout de déterminer ce qui est ou non dangereux », ajoute Lior Sethon, comme les piétons ou les cyclistes.

Le facteur humain est responsable dans 93 % des accidents

Cette application sera le centre névralgique de la voiture autonome et c’est bien là, le défi automobile de demain, car « le facteur humain est responsable dans 93 % des accidents et permettre de prévenir le conducteur 1,5 seconde plus tôt éliminerait 90 % des collisions », poursuit Lior Sethon.

Bras croisés, dans la voiture autonome de Mobileye

Nous avons eu la chance de pouvoir monter cette semaine dans une Audi « autonome », équipée de l’ADAS de Mobileye. Bien que bardée de capteurs et de caméras, rien ne la différencie des autres voitures, hormis une tablette, à côté du tableau de bord, qui représente ce qu’analysent en temps réel les puces programmées par la société israélienne.

Sitôt le moteur démarré, le chauffeur prend le volant pour nous conduire sur le périphérique. Sur l’écran de la tablette, s’affichent alors la route « praticable », les automobiles, les piétons, les panneaux de signalisations, chacun étant d’une couleur (jaune, blanc, vert ou rouge) matérialisant ou non la présence, l’imminence ou l’absence de danger. Arrivé sur le périphérique, le chauffeur donne un grand coup d’accélérateur et clique sur un bouton situé derrière le volant… puis lâche les mains et n’appuie plus sur les pédales. La voiture autonome est lancée et suit parfaitement le marquage au sol. La route tourne ? Le volant aussi. Le véhicule devant donne un coup de frein ? La voiture autonome freine également pour garder une distance de sécurité. Vraiment très impressionnant…

« A tout moment, je peux reprendre le contrôle du véhicule »

Quelle position adopter pour le chauffeur dans ces conditions ? Tout simplement se croiser les bras et observer la route défiler devant même si de temps en temps, il s’autorise à tourner la tête pour parler aux passagers assis à l’arrière, ce qui serait suicidaire dans une voiture classique ! « A tout moment, je peux reprendre le contrôle du véhicule, il suffit que j’appuie sur la pédale de frein », explique le chauffeur. Seul regret (minime), mais Mobileye n’y est pour rien, alors que la pluie s’est mise à tomber, l’obligation pour le chauffeur d’appuyer sur la commandes des essuie-glaces. Ce sera sa seule manipulation sur le périf de Jérusalem.

 

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