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Les chiffres ne trompent pas : en 2016, les éboueurs bruxellois ont ramassé 3.553 tonnes de déchets ILLEGAUX, dont 34 tonnes de déchets chimiques ! Aucune des 19 communes n’échappe à ce fléau. A qui la faute ?

Il faut bien s’entendre sur la notion de déchets illégaux. Cette appellation couvre aussi bien les dépôts clandestins que les ordures ménagères déposées dans les poubelles publiques – ces dernières sont réservées à des déchets, tels qu’emballages de friandises, boissons, épluchures de fruits, etc.

Les causes ? Incivilités, évidemment. Combien de fois n’a-t-on pas vu des canettes de bière, abandonnées à quelques mètres d’une poubelle publique ? Et ne parlons pas des crachats de chewing-gums qui maculent les trottoirs… Dans ces cas, il s’agit d’un manque d’éducation : parents qui démissionnent, école qui n’enseigne plus le savoir-vivre (l’ancêtre nettement plus opérant que l’actuel « vivre ensemble »), gardiens de la paix (ou stewards, ou gardes civils, selon les communes) engagés par clientélisme et très indulgents pour leurs coreligionnaires.

Mais par « déchets illégaux », on entend d’abord les dépôts sauvages. Matelas abandonnés, télévisions défoncées, cuisinières inutilisables, objets encombrants, reliquats d’après déménagement, etc. On se retrouve face à des infractions punissables par la loi.

Pourquoi surviennent-elles ? Le manque de civisme, certainement. Le rejet des lois belges, sans doute. Mais le système bruxellois de ramassage des déchets y est pour beaucoup.

Depuis 1990, les fonctions, dévolues autrefois aux communes, ont été confiées à Bruxelles-Propreté. Pour le citoyen, cette nouveauté a fait exploser les taxes. Le service au public est devenu une affaire commerciale. Non seulement, la taxe sur le ramassage a été multipliée par cinq (dans certaines communes, cela frise les 8 fois), mais s’y ajoute le prix des sacs-poubelles aux normes obligatoires, ce qui est une taxe supplémentaire camouflée.

Nombre de Bruxellois n’apprécient guère le tri obligatoire, qui entraîne l’achat de sacs de différentes couleurs. Encore des frais… Des taxes maquillées qui ne se justifient pas. Combien de fois n’a-t-on pas surpris Bruxelles-Propreté jeter sur un même tas les sacs de différentes couleurs, sans la moindre distinction!

Un tri très fantaisiste, donc. A chacune des révélations, Fadila Laanan, Madame Poubelle de Bruxelles, se lance dans des justifications alambiquées, qui ne trompent personne… Et pourtant, depuis 1993, il existe une Ecole Régionale de la Propreté Publique !

Les bons citoyens paient pour les délinquants

Il n’en reste pas moins que les dépôts clandestins et déchets illégaux coûtent très chers aux citoyens qui jouent le jeu. En recettes annuelles, Bruxelles-Propreté, ce sont 216.579.399,79 euros, dont 159.742.000 euros de dotation régionale (chiffres de 2015).

Dans le budget annuel de Bruxelles-Propreté va chercher dans les 17.383.000 euros. Le ramassage des dépôts clandestins (3.553 tonnes) vient s’ajouter aux 450.000 tonnes de déchets ramassés au porte à porte.

Comme Bruxelles-Propreté est une entreprise commerciale, elle a tendance à faire payer par le consommateur les surcoûts qui mettent en péril son rendement – pour autant que la Région l’accepte.

Au total, c’est le bon citoyen qui se retrouve victime de l’incivilité de certains. Et finalement, la réputation internationale de Bruxelles en pâtit : il suffit de se promener sur le piétonnier du centre-ville pour s’en convaincre !

D.K.

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