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Vous n’y comprenez plus rien à la saga de l’indépendance de la Catalogne ? Normal. Un chat(alan) n’y retrouverait pas ses jeunes. Et la presse subsidiée ne fait rien pour simplifier les choses.

En l’occurrence, il semble bien que tous les acteurs ont à la fois tort et raison. Le premier ministre Mariano Rajoy a raison lorsqu’il rappelle que l’article 2 de la Constitution espagnole prévoit l’unité indéfectible du pays. Il a tort, lorsqu’il envoie la Guardia civil, matraques au clair et gaz lacrymogènes généreux contre les manifestants pro-indépendance.

Le Président du Parlement de Catalogne et séparatiste de combat, Carles Puigdemont, a raison, lorsqu’il présente la Catalogne comme la région d’Espagne la plus riche qui fait profiter le reste du pays de son essor économique. Il a tort, lorsqu’il prétend représenter l’ensemble des Catalans qui, selon lui, aspireraient à l’indépendance immédiate.

Là-dessus vient se greffer une tendance forte qui traverse une Europe déçue par les pouvoirs centraux et se méfie (à juste titre) de la mondialisation, représentée sur notre continent par la Commission Européenne. C’est vrai en Espagne, mais aussi en Italie, en Grande-Bretagne (Pays de Galles, Ecosse) et… en Flandre. Relevons que les situations sont très différentes d’une région à l’autre.

Totalement détachés des réalités quotidiennes, Jean-Claude Juncker et ses acolytes ont une attitude très ambigüe à l’égard des indépendantistes sur le territoire européen. Ils annoncent l’apocalypse pour la Catalogne, mais ils encouragent en sous-main les indépendantistes écossais, question d’embêter les Anglais et le Brexit ! Ca, c’est de la politique de haut vol…

La manifestation anti-indépendantiste de ce dimanche 8 octobre, à Barcelone, a réuni entre 350.000 (selon la police) et 950.000 (chiffre des organisateurs – il y a en Espagne des gens qui feraient bien d’apprendre à compter !) partisans d’une fidélité à l’Espagne.

Leurs arguments ne manquent pas de pertinence. Selon Eurostat, l’institut de statistiques de la Communauté Européenne, une Catalogne indépendante serait très fragile.

Sa dette publique atteindrait 235 milliards d’euros, après que l’Espagne aurait transféré la part catalane de la dette espagnole. A l’heure actuelle, la dette publique de la Catalogne s’élève à 75,3 milliards d’euros.

Le taux de chômage catalan (13,2 %) serait un peu moins élevé que celui… de l’Espagne, mais classerait la Catalogne indépendante au 2ème rang du chômage dans les pays européens.

Plus inquiétant encore, le déficit de la Catalogne indépendante pourrait atteindre les 5 à 8 %.

Contrairement aux affirmations des indépendantistes, la Catalogne, débarrassée de l’Espagne, ne deviendrait pas un pays de cocagne. Bien que dotée d’une population industrieuse et désireuse de travailler, elle est freinée par une immigration incontrôlée, encouragée par les partis de gauche.

Par ailleurs, le monde bancaire ne ferait plus confiance à une Catalogne indépendante : deux grandes banques ont déjà décidé de transférer leurs sièges de Barcelone vers d’autres régions d’Espagne.

A chacun donc de se faire une idée sur cette question épineuse. Mais mieux avoir auparavant toutes les données en main.

D.K.

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