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Les médias bien-pensants ont beaucoup (trop) glosé à propos de l’effondrement du viaduc Morandi sur l’autoroute A10, entre Gênes et Vintimille. Ils ont soigneusement caché le principal : cette tragédie n’a été rendue possible qu’à cause des moeurs mafieuses de l’ancien système politique italien, renvoyé par la victoire de la Lega et du Mouvement 5 Etoiles (M5S). Cette bonne presse est même parvenue à diriger son indignation sur… Matteo Salvini, le ministre de l’Intérieur, qui n’y est pour rien !

« Je ferai tout pour avoir les noms et les prénoms des responsables passés et présents. Il est inacceptable de mourir comme ça en Italie. (…) Ils devront payer, payer tout et payer très cher« . Quand Matteo Salvini décoche ses flèches, elles frappent là où il faut.

1. DES MONTAGES MAFIEUX. La maintenance de l’autoroute M10 devait être assurée par la société privée Autostrade per l’Italia. Elle ne l’a pas fait. Et le vice-premier ministre, Luigi Di Maio (M5S), de son côté, a renchéri : « Ils encaissent les péages les plus chers d’Europe et paient les impôts les plus bas, au Luxembourg en plus. »

Ces montages à caractère mafieux n’ont été rendus possibles qu’avec la complicité des politiciens de l’époque (1967), qui appartenaient à la Démocratie chrétienne et à la gauche, pendant le gouvernement Aldo Moro III. .

Inauguré en septembre 1967 par le président de la République Giuseppe Saragat (centre-gauche), long de 1.182 m et d’une hauteur de 45 m, le viaduc surplombe la rivière Polcevera et la zone industrielle de la ville. Très vite, la conception fut remise en cause, et la gauche confia la gestion de l’autoroute à une société privée, proche des milieux de gauche. L’Italie en paie aujourd’hui les conséquences. (voir : https://www.liberation.fr/planete/2018/08/15/genes-un-viaduc-tres-vite-caduc_1672824).

2. PANIQUE A BRUXELLES. Sur Twitter et Facebook, le ministre italien des Infrastructures et des Transports, Danilo Toninelli (Mouvement 5 Etoiles), a fait très fort : « Il faut envisager de retirer la concession de la société gérant l’autoroute. (…) Les dirigeants d’Autostrade per l’Italia doivent démissionner et nous leur réclamerons des amendes pouvant atteindre jusqu’à 150 millions d’euros« . C’est ça, le vrai populisme…

Face à la détermination du gouvernement italien, l’entourage de Rudi Vervoort (PS), ministre-président du gouvernement bruxellois, a senti monter le trouillomètre. « Infliger des amendes de 150 millions ? Où va-t-on ? ». Il est vrai que le gouvernement Vervoort n’a jamais réclamé le moindre dédommagement, ni la plus infime amende aux constructeurs des tunnels et ponts bruxellois qui menacent ruine et ont déjà provoqué des dégâts (tunnel Léopold II).

La situation est évidemment différente : la maintenance des tunnels et ponts devrait être assurée par les pouvoirs publics… qui, à l’image de la société privée italienne, n’ont pas fait son boulot. Il faudrait donc réclamer des démissions et des amendes au monde politique. Qui sait là-contre, comme on dit à Bruxelles : les politiciens se sont empressés d’enterrer l’affaire dans les poubelles d’une énième commission d’enquête… qui a enterré tout ce qui pouvait désigner la responsabilité des politiciens PS, MR, CDH, DéFI et Ecolo !

3. LA RESPONSABILITE DE L’UNION EUROPEENNE. Etrange comme les médias ont volé immédiatement au secours de l’Union Européenne. C’est pourtant elle qui a imposé à l’Italie d’abandonner la gestion des autoroutes pour la confier au secteur privé. Selon l’UE, cette occupation n’incombe pas à l’Etat, et certainement à un Etat à l’économie fragile.

Matteo Salvini n’a pas manqué de s’en prendre à l’Europe qui « refuse que l’Italie investisse dans l’amélioration de son réseau routier en raison des règles de discipline budgétaire« . La réaction des eurocrates ne s’est pas fait attendre : ils ont nié les propos de Salvini et… les « règles de discipline budgétaire », bien réelles cependant.

Les médias aux ordres n’ont repris que les dénégations (mensongères) de l’UE, accusant, on pouvait s’en douter, Salvini de « populisme ».

Il n’en reste pas moins que le nouveau gouvernement italien, aussi « populiste » soit-il, a pris très vite des mesures énergiques et salutaires – pas de « commission d’enquête » fossoyeuse chez Salvini.

C’est sans doute ce qui dérange le plus les partis traditionnels et les vieilles politiques sclérosées des formations accrochées au pouvoir, sans la considération pour le peuple et la réalité quotidienne qu’il doit subir. Le PARTI POPULAIRE se joint à la douleur des familles qui ont perdu un être cher dans cette tragédie. 

D.K.

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