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La presse subsidiée donne, en priorité, la parole aux mères et proches de jeunes délinquants, voire terroristes « en promenade » du côté de l’Irak et de la Syrie. Dans son édition de ce lundi 8 janvier 2018, Le Soir consacrait une page entière à un « collectif de mères (se préoccupant) de politiques de plus en plus répressives ». Il faut attendre la 19ème ligne de l’article pour apprendre que « certaines » de ces mères ont des fils aux casiers judiciaires longs comme un jour sans pain. A la lecture de cet époustouflant reportage, on retire l’impression que toutes ces femmes ont un ou plusieurs gosses délinquants ! Suivant cet exemple prestigieux d’une presse « de qualité », Le Peuple donne la parole à des mamans de jeunes. La différence, c’est que ces jeunes-ci ont été victimes des fils de « mères préoccupées ». L’un est mort, l’autre est tétraplégique à vie.

Nous rencontrons une maman qui contient difficilement sa colère : « Les journaux (presse écrite et télévision) ont relayé les gémissements d’une mère de voyou multirécidiviste. Elle se plaignait du fait que son fils avait été déménagé d’une prison vers une autre, plus éloignée du domicile de cette femme. Quelle affaire ! Les journalistes en profitaient pour plaindre une mère « issue de la diversité » et fustiger la manière dont le gouvernement gérait l’angoissante question carcérale.

« Je comprends cette femme. Moi, aussi, je dois parcourir une vingtaine de kilomètres pour rendre visite à mon fils. Il se trouve au cimetière. Voici deux ans qu’il y repose, après être tombé sous les coups d’une bande de vauriens, dont certains ont écopé de quelques heures de travail d’intérêt social… qu’ils n’ont pas accompli. Il courent en liberté, rééditent leurs exploits et semblent sûrs de leur impunité. Mon enfant ne participait pas à une bagarre. Il rentrait à la maison, après une activité artistique. Des crapules l’ont attaqué pour lui voler son téléphone. Ils l’ont tellement rossé qu’il en a perdu la vie, dans l’ambulance qui l’emmenait à l’hôpital. »

Notre interlocutrice (nom et prénom connus de la rédaction) n’a jamais été sollicitée pour une interview. Elle sent monter la révolte : « Non seulement je n’ai jamais rencontré un journaliste, sauf dans les jours suivant l’agression. Pire : un magistrat m’a conseillé de me taire, parce que cela créait des tensions avec les communautés maghrébine et africaine ! Je ne m’en suis toujours pas remise… »

Cette autre maman est d’origine finlandaise. Etudiant à Bruxelles, son fils a été agressé par une bande africaine, dans la station de métro « Porte de Namur » (Bruxelles). Après l’avoir dévalisé, des fils « de mères amères » ont précipité le malheureux sur les rails du métro, deux étages plus bas. Depuis, la victime est tétraplégique.

« La police n’a jamais trouvé les agresseurs. Les caméras de surveillance n’ont servi à rien. Et pourtant, dans le quartier de Matongé, proche de la Porte de Namur, tout le monde a l’air de les connaître… et les protège. Trois d’entre eux vivent à présent à Paris.
« Quand je lis que ce collectif de mères « se préoccupe de politiques de plus en plus répressives », je me dis que si ces politiques avaient été appliquées plus tôt, mon fils serait heureux, en pleine santé, sportif et excellerait dans ses études… »

Les mères « inquiètes et amères », selon le titre de l’article du Soir (et vive la rime riche mère/amère – on se croirait dans un poème de mirliton !), récusent la police de proximité. Leurs pauvres chéris s’en plaignent : contrôles d’identité et, qui oserait en douter, propos racistes. Même le bourgmestre de Saint-Gilles, Charles Picqué (PS) récuse ces accusations, trop éculées pour être vraies.

Autre morceau choisi de l’enfumage des esprits, pratiqué autant par le collectif des mères que par Le Soir : il n’y a rien pour distraire leurs fils de 18 ans ! A part ça, la Belgique compte 70.000 asbl (dont 16.000 avec des emplois rétribués!) ; à Bruxelles, on ne compte plus les « activateurs de quartiers », « animateurs de rue » et les associations « culturelles » – Le Soir devait envoyer leurs adresses aux mères « inquiètes et amères »…

La « journaliste » n’évoque même pas le fait qu’à 18 ans, on fréquente une haute école ou on s’est inséré dans le circuit du travail. A 18 ans, on se prend en main, même si notre système éducatif est celui des écoles de chômeurs. Et que font le Forem et Actiris, auteurs de discours délirants à propos de « formations », destinées précisément à ces jeunes de 18 ans ?

Il se fait que les deux mamans, auxquelles nous donnons la parole, avaient des fils de 18 ans. Ils étaient aux études, occupaient leurs loisirs de manière saine. Des jeunes de 18 ans « abandonnés » ont ruiné et même volé leurs vies…

L’habituel pathos est mis en oeuvre dans l’article du Soir. Que la police réprime les actes des grands frères ne peut que « traumatiser » les plus petits. Ils ont peur des chiens : normal, ces animaux sont dressé pour dénicher la drogue !

« Je ne sais pas qui, ajoute cette maman en ravalant ses larmes, mais un inconnu ou une inconnue fleurit la tombe de Thomas (nom d’emprunt). J’ai tout fait pour rencontrer cette personne, mais elle veut manifestement conserver l’anonymat. Cel fait chaud au coeur. Car je n’ai jamais connu le moindre geste de compassion de l’une ou l’autre mère des criminels qui ont tué mon enfant. »

L’article du Soir se veut un plaidoyer de plus pour le « vivre ensemble » et contre la politique dite de tolérance zéro. Manifestement, le « vivre ensemble » des mères « inquiètes et amères »est un « vivre séparé » dans la plus immonde des tolérances. Et c’est un vrai scandale.

Dans son programme, le Parti Populaire se prononce pour la tolérance zéro. « Bien sûr, précise Michaël Modrikamen, Président du PP, le taux zéro de délinquance, cela n’a jamais existé. Mais il y a une distance sidérale entre la tolérance zéro et la situation laxiste actuelle. Une police répressive ferait réfléchir dans certains quartiers, au sein de certaines populations (qui, dans leur pays d’origine, connaissent des politiques ultra-répressives) et auprès de certaines tranches d’âge. Les politiques laxistes, propres aux PS, MR, CDH, Ecolo et même DéFI, cela ne marche pas. C’est mettre la société en danger, c’est attenter à la sécurité des honnêtes gens.

« Il est temps de prendre les vrais problèmes en considération : immigration incontrôlée, délinquance dans les populations allochtones, responsabilité des parents. Et, bien entendu, il s’agit d’apporter toute l’aide possible aux victimes et aux familles des victimes, comme ces deux malheureuses mamans, condamnées à vie à pleurer leurs enfants… Ce drame-là, c’est autre chose que de l’inquiétude et de l’amertume médiatisée.« 

D.K.

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