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Sans doute un peu trop secoué dans le Tornado de Walibi (ce dimanche 10 septembre), le Premier Ministre s’est fendu d’un plan de relance de l’économie assez farce. Très ambitieux, mais comment le payer et qui passera à la caisse reste un mystère du Palais du Génie et aussi périlleux qu’un passage au Vertigo du même Walibi.

La grande idée du fils de Louis Michel est un « Pacte national pour les Investissements stratégiques ». Woaw !, comme on dit dans le show business. « Le gouvernement continuera à assainir et transformer les structures de l’économie belge », a-t-il plastronné dans son discours de Walibi, où étaient réunis quelque 13.000 membres du MR et leurs familles.

Mais il manque un troisième pilier, essentiel, à cette politique : les investissements. D’ici 2030, Charles Michel veut dénicher 60 milliards investis pour relancer notre économie. Un petit tour au Pulsar de Walibi, et les 30 milliards annoncés en mars 2017 ont soudain doublé !

Ce plan n’arrive pas par hasard. La sixième réforme de l’État, voulue par l’ensemble des partis traditionnels, risque de se transformer en ouragan Irma de l’État. De nombreuses compétences fiscales vont passer progressivement du Fédéral aux Régions. La réforme a été tellement mal ficelés que l’on assiste à un saucissonnage des ressources du pays qui empêche tout plan global de relance de l’économie.

En réalité, Charles Michel plaide pour un retour à l’État central, après avoir tout fait pour le morceler !

Les intentions du Premier Ministre ont été accueillies avec beaucoup de réticences dans les Régions. En Flandre, le paysage politique est dominé par la N-VA (créditée à nouveau de 30 % des votes, selon le dernier sondage de RTL-Le Soir), qui ne se sent pas un amour démesuré pour une Belgique unie. À Bruxelles, il n’est pas question d’investissements : le gouvernement PS-CDH-DéFI a les poches trouées et ne cesse de mendier de l’argent pour le dépenser aussitôt rentré. Même Willy Borsus, le nouveau Ministre-président de Wallonie et membre du MR, le parti de la famille Michel, marque un intérêt prudent.

Reste donc ce « Comité stratégique » mis sur pied à la va-vite pour penser aux 60 milliards d’investissements. Les gens qui n’ont pas eu la cervelle tourneboulée dans la Calamity Mine de Walibi font remarquer que les intentions de Charles Michel risquent d’achopper contre les exigences de rigueur édictée par l’Europe. Et le montant astronomique de la dette publique belge (bientôt les 500 milliards !) jette un doute affreux sur la faisabilité de ce « Pacte national ».

Toute cette agitation s’inscrit dans une politique appliquée depuis des années par tous les partis gouvernementaux, du PS à Ecolo, en passant par le MR, le CDH et DéFI. Ces messieurs-dames ne savent comment mettre la main sur les 990,3 milliards (chiffres de la Banque Nationale, au second semestre 2016) que représente le patrimoine financier des Belges (dépôts bancaires, actions, obligations, assurances, fonds de pension).

Les partis traditionnels n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes. Si les Belges épargnent obstinément, c’est sans doute parce qu’ils manquent de confiance envers nos dirigeants et la caste politique, prompte à engloutir de fortunes dans 6 gouvernements, 7 parlements et autant d’administrations obèses. Ce qui entraîne une pression fiscale qui ne profite pas aux entreprises, principalement les PME, et décourage les investisseurs.

Particuliers, gare à votre épargne : il y en a qui révent de vous en dépouiller. Walibi, on en est baba. Attention à ce que Walibi ne vous rende pas gaga !

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