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Chercher du travail est une traversée du désert avec de moins en moins d’oasis.

Pas assez de qualifications, trop de qualifications, assez de qualifications mais pas assez de stages d’insertion, vous n’entrez pas ou plus dans les conditions d’un des 36 plans d’aide à l’emploi où vous vous verrez jetés comme un kleenex dès que l’avantage fiscal n’est plus au rendez-vous pour votre employeur.

Il reste dès lors une solution, celle bien connue du piston, ce fameux coup de pouce d’un ami, d’une connaissance qui connaît tel contact à tel endroit. Mais là encore, manque de chance, vous n’êtes pas bien né, les poussants-puissants perpétuent le piston dans des milieux déjà privilégiés. Vous n’êtes pas un fils Michel, Reynders, Daerden,… et n’êtes pas chez Publifin…

Alors quoi ? Que faire si rien n’est franchement envisageable?

Où est votre optimisme lorsque vous postulez pour des dizaines et des dizaines d’offres d’emplois qui parfois, avouons-le, ne sont pas votre domaine de prédilection, mais bon en attendant mieux ou moins pire il faut vivre… Mais vivre comment? Un contrat de 6-7 heures par semaine, sans aucun avantage et ce durant une période de deux mois?

Impossible de louer un appartement. Chouette l’avenir qui se présente pour les jeunes générations. Avant les belges avaient des projets, une belle maison, une belle voiture,… maintenant, leurs rêves se résument à pouvoir bénéficier d’un studio de 20 m2…

Il reste vos entrevues au Forem… On vous prend pour un glandeur qui se complaît dans sa situation. Vous prouvez votre bonne volonté, il vous évaluent positivement. «C’est bon pour cette fois-ci, mais attention la prochaine fois !». Après viennent les formations aux intitulés débiles qui vous le savez fort bien, ne mènent à rien, absolument rien…

Puis viennent les mensonges de nos médias: le chômage diminue, alors que la pauvreté explose. Ensuite un petit plaisir journalistique pour nous redonner le moral: «les robots remplaceront x millions de personnes avant l’année…»

Papa Michel se flattait de notre flamboyante situation économique. Oui tout flambe bien, notre espoir de vivre dignement en travaillant, fonder une famille avec celui ou celle que nous aimons.

Comme je comprends sans pour autant approuver le fait que le taux de suicide augmente, car une vie sans perspective vaut-elle réellement d’être vécue?

Bertrand ROCHETTE

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