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Ces gens-là sont fous. Complètement dingues. Déjantés. Dangereux.

Jusqu’en février dernier – il y a moins d’un an, donc -, tout film qui « comporte des scènes de sexe non simulées ou de très grande violence »était en principe automatiquement interdit aux moins de 18 ans.

Considérée comme une offense à la liberté de création et une faveur accordée aux catholiques traditionalistes, cette mesure a été « adoucie » par un décret du gouvernement Hollande « afin de redonner plus de liberté d’appréciation à la commission de classification des films du Centre national du cinéma (CNC), chargée de donner des avis ».

Au centre de la polémique d’alors, les films Baise-moiAntichristou encore Nymphomaniac, mettant tous en scène des malades du sexe et de la violence, et contre lesquels l’association Promouvoir avait engagé des procédures. On cria donc à la censure et l’on prit les dispositions citées plus haut pour que nos ados puissent se repaître à loisir de sexe extrême, alcool, drogue et gâchette.

Mais, convenons-en, tout cela reste encore un peu limité « dans le champ des possibles ». Alors, pour compléter ce tableau hautement éducatif, les petits et grands écrans nous proposent aujourd’hui de façon quasi systématique, sans violence cette fois mais avec beaucoup d’insistance et de gros plans, des scènes d’amours homosexuelles. Là encore, on est tenu d’approuver : c’est l’évolution sociétale qui veut cela et le septième art se doit d’être le reflet de son temps. Fermez le ban.

Un temps cependant très hygiéniste. Pour notre bien à tous. Raison pour laquelle, n’en doutons pas, madame Nadine Grelet-Certenais, sénateur PS de la Sarthe, a interpellé le ministre de la Santé Agnès Buzyn sur « la responsabilité du cinéma sur le tabagisme en France ». Parce que le porno et la violence extrême, oui ! Mais la cigarette, non, pas question !

Alors que les sénateurs votaient la mesure portant sur l’augmentation du prix du tabac d’ici 2020, la dame s’est emportée : « Il faut aller au-delà du porte-monnaie […] en s’intéressant notamment aux incitations culturelles à fumer… »« Je pense, par exemple, au cinéma qui valorise la pratique. » Et pas qu’un peu ! Parce qu’elle a compté, madame Grelet-Certenais : « La Ligue contre le cancer démontre dans une étude que 70 % des nouveaux films français mettent à l’image au moins une fois (sic) une personne en train de fumer. » Sachant qu’un film dure en moyenne une heure et demie à deux heures, je vous laisse calculer le temps d’apparition de la clope à l’écran. Qu’importe, elle en est sûre : « Ça participe peu ou prou à banaliser l’usage, si ce n’est à le promouvoir, auprès des enfants et des adolescents qui sont les premiers consommateurs de séries et de films, sur Internet notamment. »

Madame Buzyn, qui veille sur notre santé avec l’attention d’une mère chatte sur sa portée, a grandement approuvé : « Je ne comprends pas l’importance de la cigarette dans le cinéma français. » Et d’annoncer qu’elle prendrait, en accord avec sa consœur Françoise Nyssen, ministre de la Culture, des mesures restrictives « dans le cadre du second plan national de réduction du tabagisme ». Une piste est d’ores et déjà à l’étude : celle préconisée par l’OMS en 2016, à savoir l’interdiction aux moins de 18 ans des films où les personnages fument. Parce que le porno et la violence extrême, oui ! Mais la cigarette, non, pas question (bis) !

Ces gens-là sont fous. Complètement dingues. Déjantés. Dangereux. Si on les laisse faire, ils imposeront bientôt à nos enfants des ateliers d’éducation à la sodomie le matin, d’antiracisme à midi et de rééducation contre la cigarette l’après-midi. Pour leur bien. Et le pire, c’est qu’ils en sont sans doute persuadés !

Source: http://www.bvoltaire.fr/cinema-porno-violence-extreme-oui-cigarette-non/

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