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Et voilà! La grand-messe du réchauffisme est terminée. Et pour ceux qui ont le courage de regarder les résultats en face, c’est un échec retentissant, un de plus. La dérive est évidente. On est passé des objectifs « scientifiques » du GIEC, de la réduction des émissions de Gaz à effet de serre (GES), à l’aide au Tiers monde, à la faim dans le monde, à la Justice pour tous, etc… Sur les chaînes TV et les journaux belges, c’est la fête à Nollet et à Ecolo tous les jours depuis une semaine. Aujourd’hui, tout le monde fait semblant dans les médias, chez Greenpeace et Ecolo, de croire que c’est une belle réussite. Super !

Le professeur Marko (UCL) est un climate-réaliste. Il analyse les résultats de la conference de Paris pour Le Peuple
Le professeur Marko (UCL) est un climato-réaliste. Il analyse les résultats de la conférence de Paris pour Le Peuple

Mais quels sont les résultats engrangés par l’organisateur de la COP21, Laurent Fabius et son petit marteau vert, ce samedi 12 décembre, avec un gros jour de retard sur l’horaire ? Nous avons posé la question à István Markó, le professeur de Chimie de l’UCL, bien connu pour ses positions « climato-réalistes », à l’opposé de l’alarmisme du GIEC et de son mage, Jean-Pascal van Ypersele…

Le Peuple : Les Organisations Non-Gouvernementales, les ONG se disent très déçues des résultats de la COP21. Ont-elles raison ?

I.M. : Cette grande conférence est, en effet, un échec mais pas pour les raisons invoquées par les ONG, qui regrettent qu’on ne soit pas allé assez loin. Ils fonctionnent dans l’alarmisme extrême. Non, plus simplement, l’échec est flagrant parce qu’il n’y a aucune forme de contrainte pour imposer aux pays signataires de faire ce qu’ils viennent de « promettre » et qu’ils devront entériner en 2016. Rien n’est contraignant. Les pays riches n’ont fait qu’avaliser ce qu’ils avaient annoncé antérieurement. C’est du « wishful thinking », comme disent les anglais…

Q. Les pays riches se sont engagés à verser 100 milliards de $ aux pays du tiers monde pour financer leur réduction des émissions. C’est un montant énorme tout de même, non ?

I.M. : Oui, mais on peut vraiment douter de ce financement annoncé. Rien n’est dit dans les 10 pages importantes du rapport final de 31 pages sur la nature de ce financement. Ce seront des prêts ou des dons ? Y aura-t-il un taux d’intérêt qui sera appliqué ? Et si oui, lequel ? Aucune contrainte en cas de non-paiement ! Aucun organe de contrôle. Seuls, 158 pays sur les quelques 190, qui étaient censés s’engager, ont donné des chiffres sur leur contribution. Même le Canada n’a pas encore annoncé de montant.

En plus, pour que cet accord devienne réalité, il faudra qu’au moins 55% des pays l’acceptent et que la réduction des émissions de CO2 de ces pays représente 55% de réduction des émissions d’ici 2030. Autant dire que ça risque de coincer méchamment ! Ajoutons que la Chine peut continuer à émettre du CO2 sans restriction jusqu’en 2030. Ces émissions correspondraient à une augmentation de 140% de ses émissions de 2005 et l’Inde de 150% de ses émissions de 2005.

Les autres pays en développement peuvent, eux, émettre du CO2 comme ils l’entendent. Pas de diminution des émissions !

Q. Comment les pays riches, comme les pays de l’Union européenne par exemple, vont-ils financer ces montants à verser aux pays pauvres et l’effort à fournir en Europe même ?

I.M. : Personne ne le sait ! On ne sait pas si ce sera prélevé par taxes et impôts, si les états vont emprunter pour le faire. Autre précision étonnante : les pays qui entérineront l’accord peuvent toujours se retirer après 3 ans, au-delà de la ratification de l’accord… Encore une fois, rien n’est contraignant. Rappelez-vous que le Secrétaire américain, John Kerry, a annoncé, avant de commencer, que s’il y avait le moindre engagement contraignant, le Sénat US refuserait cet accord. Ce sont les américains et d’autres encore qui ont fait modifier les futurs, dans le texte par des conditionnels, partout. « Should » au lieu de « shall ». On est d’accord sur 2°C et on va essayer de tendre vers 1,5°C. Plus vague que cela, on meurt…

Q. Ce chiffre-clé des 2°C, c’est un chiffre réaliste pour empêcher des inondations catastrophiques partout dans le monde ?

I.M. : Ce chiffre de 2°C ne repose strictement sur aucune base physique ou scientifique. Rien de sérieux. Les fameux 2°C ont été lancés par Hans Joachim Schellnhuber, le directeur du Potsdam Institute for Climate Impact Research, à Berlin, qui est le lobby vert en Allemagne. Ce climatologue allemand est aussi le super-conseiller Climat d’Angela Merkel. C’est lui qui a conçu la politique aberrante que suit l’Allemagne sur le plan énergétique. Il est, d’ailleurs, aussi le président du « German Advisory Council on Global Change ». C’est encore Schellnhuber qui est le co-auteur (avec notamment J.P. van Ypersele) de l’Encyclique du pape François, ajoutant la voix de l’Eglise à l’alarmisme climatique.

Le climatologue Schellnhueber est un des pires alarmists du GIEC... et c'est le csonseiller d'Angela Merkel pour le climat. On comprend mieux les erreurs kolossales de l'Allemagne en matière énergétique.
Le climatologue Schellnhuber (Potsdam Institute) est un des pires alarmistes du GIEC… et c’est le conseiller d’Angela Merkel pour le climat. On comprend mieux les erreurs colossales de l’Allemagne en matière énergétique. C’est « l’inventeur » du plafond de 2°C pour le réchauffement. N’importe quoi…

Dans une interview au respectable magazine allemand Der Spiegel, il avait avoué que même si le réchauffement dépasse les 2°C, l’humanité n’en souffrira pas. Pour lui, c’est un chiffre symbolique, un but politique. Le message a été dramatisé et les 2°C sont devenus la différence entre la mort de la planète et notre survie ! Du délire.

Il faut savoir que, si on parvenait à supprimer toute émission de CO2, aujourd’hui, brusquement, on ne réduirait le réchauffement que d’un centième de degré ! Même si notre civilisation se faisait hara-kiri, la réduction du réchauffement serait d’un centième de degré…

Q. Cet objectif de 2°C (et à fortiori 1,5°C) est donc tout à fait irréalisable ?

I.M. : Pour atteindre un réchauffement de 2°C maximum, il faudrait annuler toutes les émissions de CO2 à partir de 2030 et d’ici là, il faudrait réduire nos émissions de 6.000 gigatonnes d’équivalent-carbone.

Or, l’UNFCCC (United Nations Framework Convention on Climate Change) vient d’admettre, à la COP21, que l’engagement pris (si chaque pays le suit à la lettre, ce qui est loin d’être sûr !) permettra de réduire les émissions de 60 gigatonnes d’équivalent-carbone. Très exactement 56,7 gigatonnes.

Cela veut dire que la COP21, dans un effort colossal (s’il est réalisé, ce qui est presqu’impossible), réduira 1% du problème. L’accord de la COP21 laisse 99% du problème non résolus ! Ajoutons que cet effort surréaliste coûterait plusieurs trillions d’euros, une somme démente pour un résultat ridicule.

Q. Quelles conclusions tirez-vous dès lors de cette COP21 à Paris ?

I.M. : Essayer de réduire le réchauffement climatique à 1,5°C, en se basant sur l’accord du COP21, s’il est entériné, est risible. Si 2°C est, déjà, totalement irréaliste, vous imaginez ce que signifie 1,5°C ! Selon les calculs du GIEC, on serait parti vers une augmentation de 3°C à 4°C. Mais, comme le dit «l’inventeur » du concept des climato-alarmistes, Schellnhuber, cela n’a pas vraiment d’importance…

La COP21 ne livre aucun résultat utile ou même sérieux, sinon celui de freiner la croissance dans les pays développés, de nous charger d’une dette supplémentaire importante sans que les pays en voie de développement n’en profitent réellement et d’investir dans des technologies qui n’apportent pas de solutions réelles. Seul avantage : la grand-messe est terminée et on va pouvoir enfin revenir aux réalités.

Propos recueillis par L. Rivet

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