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Le quartier Matonge, à Bruxelles, sait faire parler de lui. C’est là que Philippe Close (PS) drague les votes congolais en inaugurant une place Lumumba. C’est là que Bea Diallo (PS), élu d’Ixelles, en fait autant. C’est là que la police est traquée par les revendeurs de drogue, sans que ni le PS, ni le MR, ni Ecolo ne lui apportent leur soutien. C’est là aussi que l’on vend de la viande qui importe des maladies tropicales en Belgique. 

Un reportage du magazine Pano de la VRT (voir ici, en version française sur la chaîne flamande) l’a révélé : on vend à Matonge de la viande d’espèces africaines protégées et on vous escroque sur la qualité de cette viande : de la chair de singe à queue rouge (notre photo), espèce protégée en voie de disparition, selon WWF (voir ici) est vendue pour de la viande d’antilope !

1. UN TRAFIC ILLEGAL CONNU DE TOUTES LES AUTORITES BELGES. Il a donc fallu que les journalistes de la chaîne publique flamande enquêtent sur ce trafic, à Kisangani (ex-Stanleyville) et à Bruxelles, pour qu’éclate le scandale. Profitant du clientélisme des partis traditionnels (PS,Ecolo,MR), soucieux de s’attirer les voix des électeurs congolais, l’affaire n’a jamais été portée au grand jour.

Le trafic illégal de viandes dites « de brousse » est parfaitement connu de la classe politique traditionnelle. Un informateur nous certifie que des élus PS et MR d’origine congolaise ont récemment participé à un repas où était servie de la viande de chimpanzé, espèce protégée.

Les co-listiers de ces élus/candidats aux communales ont fermé les yeux. Et il était même conseillé de ne pas pousser les enquêtes plus avant.

2. LES DOUANIERS REGARDAIENT EN L’AIR… Ce trafic, qui représente plusieurs millions d’euros et s’élève à 5 tonnes par semaine (voir ici), est passé sous les radars des douaniers, dépendant du ministère des Finances. Vous savez, ces gens qui, à l’aéroport de Zaventem ou de Charleroi, traquent votre tube de dentifrice et vos fioles d’huile solaire pour vous les confisquer et les revendre au marché noir. Ceux-là mêmes qui n’ont pas inspecté les valises bourrées de quartiers de viandes dans un piteux état et dangereuses pour la santé.

Qui leur a donné l’ordre de ne rien voir ? Ou quelles sommes ont-elles circulé sous forme de bakchichs ?

Le porte-parole du service public des Finances, Francis Adyns, a tenu des propos lénifiants: « Nous contrôlons en moyenne cinq vols tous les mois pour la viande de brousse. » (voir ici). Ce qui n’empêche pas le trafic de prospérer à une allure exponentielle DEPUIS DES ANNEES !

3. ET QUE FAISAIT L’AFSCA ? Tellement tatillonne sur la qualité de la chaîne alimentaire, l’AFSCA (Agence Fédérale pour le Suivi de la Chaîne Alimentaire) n’a pas bronché.

On se souviendra que c’est l’AFSCA qui a fait fermer plusieurs maisons de production de fromage de Herve (voir ici) et qui s’en est pris à la tarte au riz verviétoise (voir ici). C’est aussi l’Afsca qui, tout récemment, a fait arrêter pour une raison futile la production de sucre à la raffinerie de Wanze, dépendant de Tirlemont (voir ici). C’est encore l’AFSCA qui débarque dans les restaurants, à l’heure de table et devant la clientèle, alors que cette même agence se montre très compréhensive à l’égard des bouis-bouis à kebab, où « hygiène » est un mot absent du vocabulaire.

Or donc, c’est toujours l’AFSCA qui n’a rien vu à Matonge. Il a fallu Stijn Vercruysse, le journaliste de la VRT, et son équipe pour découvrir le pot aux roses, si on ose dire.

Vercruysse a fait ce que l’AFSCA aurait dû faire : il a acheté de la viande de brousse à Matonge et l’a soumise à l’analyse de l’Institut Royal des Sciences Naturelles, à Bruxelles. Aussi simple que ça.

Mais pas pour l’AFSCA qui a fait réagir le Service Public Fédéral de la Santé publique. Ce dernier prétend avoir lancé une enquête « depuis le début de l’année » – nous sommes en octobre et le SPF Santé publique n’a toujours récolté AUCUNE information.

4. LES PARTIS TRADITIONNELS ONT MIS NOTRE SANTE EN DANGER. Dans leur ardent désir de plaire à la communauté congolaise, les partis traditionnels ont tout fait pour que ne soit pas révélé le scandale alimentaire, dévoilé par l’émission Pano.

C’est aussi un sandale sanitaire. Selon le professeur Herwig Leirs, de l’Université d’Anvers, « Il se peut qu’une maladie tropicale telle qu’Ebola soit ainsi importée » (voir ici). Même si le risque reste limité, il convient de rappeler que c’est par le singe qu’a été propagé le virus HIV, responsable du Sida.

Le risque d’intoxication alimentaire est d’autant plus grand que cette viande est transportée du Congo (mais aussi de Cameroun et de République Centre africaine) dans… des valises non réfrigérées.

Doté d’un sérieux programme pour la protection des animaux, le PARTI POPULAIRE n’oublie pas la catastrophe écologique contenue dans ce trafic odieux d’espèces en voie de disparition et impunément tuées pour servir les intérêts des trafiquants et de leurs complices au sein du monde politique belge.

Encore une fois, les partis traditionnels ont failli à leurs devoirs, et notamment à celui de protéger la population. Faut-il rappeler que la Belgique compte 9 (neuf !) ministres de la Santé : Maggie De Block (fédéral – Open Vld), Alda Greoli et Rudy Demotte (Région wallonne – CDH et PS)), Jo Vandeurzen (Région flamande – CD&V), Antonio Antoniadis (communauté germanophone – SP), Cécile Jodogne (DéFI), Didier Gosuin (DéFI), Bianca Debaets (CD&V) et Guy Vanhengel (OpenVLD) en région bruxelloise ? 

Pour les partis traditionnels, la fonction de ministre est un fromage qu’il s’agit de grignoter jusqu’à la croûte – et rien d’autre. Confier notre santé à ces messieurs dames relève du suicide collectif ! 

D.K.

 

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