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… Et ce n’est pas nous qui le disons ! Le quotidien Le Monde a dû le reconnaître, après une longue enquête. En cause, le groupe de cimenterie LafargeHolcim, contrôlé à hauteur de 9,4 % par GBL, société d’Albert Frère et de la famille canadienne Desmarais. Pour étouffer le scandale, Albert Frère a exigé la tête du patron de LafargeHolcim, Eric Olsen. Et l’a obtenue.

Néanmoins, l’action de LafargeHolcim a plongé en bourse et on ne sait pas jusqu’à quelle profondeur elle pourra glisser, tant les investisseurs américains attrapent des boutons !

De quoi s’agit-il ? Le cimentier LafargeHolcim est installé en Syrie, où il espérait faire des affaires en or. Quoi que l’on raconte à propos du Moyen Orient, il s’y trouve des fortunes colossales et la folie des nouveaux riches des états du Golfe ne connaît pas de bornes. La construction de tours et d’immeubles grimpant au ciel n’est pas prête de s’arrêter – sauf en cas d’épuisement des revenus du pétrole.

Alléché par ces possibilités, LafargeHolcim a construit une cimenterie à Jalabyia, dans le Nord de la Syrie, non loin de la tristement célèbre ville d’Alep. Lorsque Daesh a pris le contrôle de la ville, au milieu de l’année 2012, il a exercé un chantage vis-à-vis de LafargeHolcim : « Ou bien, on détruit tout, ou bien vous nous versez une dîme pour rester en activité » – une habitude pour les musulmans, prompts à réclamer la dîme aux « infidèles » pour les laisser en paix.

La cimenterie n’a pas hésité longtemps : elle a offert jusqu’à 20.000 dollars par mois au groupe terroriste. L’enquête précise qu’il y eut aussi des « cadeaux » allant de 80.000 à 100.000 dollars, remis à des terroristes de Daesh (État Islamique). Ce carrousel a tourné au moins pendant les années 2012 à 2014.

LafargeHolcim est contrôlé par le milliardaire suisse, Thomas Schmidheiny (11,4 %), le groupe GBL (Albert Frère et le Canadien Desmarais – 9,4 %) et l’homme d’affaire égyptien, Nassef Nawirus (4,8 %). GBL a placé deux de ses pions au conseil d’administration : Paul Desmarais junior et le Belge, Gérard Lamarche.

La justice établira (peut-être?) la vérité sur cette sinistre affaire. Pour le citoyen lambda que nous sommes, il y a des enseignements à tirer de ce scandale.

L’argent n’a décidément pas d’odeur et il est prêt à enrichir des terroristes, dès qu’il s’agit de sauver les dividendes, en l’occurrence d’Albert Frère. Avec le pactole offert aux terroristes, LafargeHolcim a sans doute financé la subsistance des terroristes qui ont opéré au Bataclan, à Zaventem, à Maelbeek, à Londres, à Barcelone et ailleurs. Un financement à l’insu du plein gré des responsables de LafargeHolcim ? Peut-être. Mais ses dirigeants ont eu tout loisir de prendre en compte se qui s’est passé dans les villes européennes précitées.

Ils ont préféré laisser sacrifier des vies humaines, dévaster des familles plutôt que de cesser leurs activités en Syrie. Si ces dirigeants ont encore un soupçon de sens moral, ne devraient-ils pas contribuer généreusement à un fonds d’aide aux victimes du terrorisme de Daesh ? Ou alors, feront-ils semblant de ne pas voir, àl’image des dirigeants de Ford, IBM, Unilever et autres grosses sociétés anglo-américaines qui aidèrent Adolf Hitler ?

F . Molnar

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