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L’héritage de Barack Obama est décidément très lourd.

Au cours des huit années de sa présidence, la Corée du Nord a renforcé sa puissance nucléaire, la Chine s’est emparée d’une large part des eaux territoriales de la mer de Chine du Sud, le gouvernement de l’Irak est tombé aux mains de l’Iran, qui a aussi pu s’emparer du pouvoir à Beyrouth, le régime des mollahs a empoché cent soixante milliards de dollars, l’Etat Islamique a pu émerger et disséminer des djihadistes sur les cinq continents, la guerre en Syrie a pu faire cinq cent mille morts, la Russie a pu prendre pied au Proche-Orient, la Libye a pu être livrée au chaos, l’Egypte a failli tomber aux mains des Frères Musulmans, Erdogan en Turquie a pu faire glisser le pays vers un fonctionnement de dictature islamique, et laisser passer les centaines de milliers de “migrants” musulmans qui ont déferlé sur l’Europe avec la bénédiction d’Angela Merkel.

Ce dimanche 17 avril, Erdogan a parachevé la destruction de ce qui restait des institutions de la Turquie moderne fondée par Mustafa Kemal Ataturk.

Comme l’a écrit Daniel Pipes, Erdogan n’avait pas besoin pour cela de passer par un référendum. Il a utilisé le référendum pour montrer au monde qu’il avait l’assentiment de sa population. Il a utilisé le référendum aussi pour narguer l’Europe et ses dirigeants faibles et impuissants. Il vient de montrer quel point la tâche de Donald Trump sera difficile, et, comme je l’écris dans mon prochain livre, quasiment héroïque. Redresser une situation catastrophique n’est pas facile, surtout quand la situation en question touche plusieurs continents.

La Turquie est la deuxième armée de l’OTAN, après l’armée américaine.

Et elle est désormais l’armée d’une république islamique. Comment l’OTAN pourra-t-il remplir son rôle dans ces conditions ? La Turquie tient, par ailleurs, l’Europe à la merci d’un nouveau déferlement de “migrants” musulmans, et comme l’Europe a payé il y a quelque temps pour arrêter le déferlement précédent, Erdogan peut exiger de nouveaux paiements et de nouvelles concessions. Erdogan s’est au cours des derniers mois, et depuis un coup d’Etat qui avait des allures de coup monté, rapproché de l’axe Moscou-Téhéran-Pékin. La presse libre en Turquie n’existe plus. La justice, l’armée et la police sont dans les mains d’un dictateur qui peut se montrer arrogant, insultant et mégalomane.

L’Union Européenne appelle la Turquie à rechercher un “consensus national”. Et ce sont des dirigeants européens qui font la fine bouche devant Trump et le traitent de clown !

La population turque des grandes villes a été submergée par la population islamisée des campagnes et par un effort intensif de réislamisation intensive. Comme on l’a vu récemment à Rotterdam, les Turcs vivant en Europe sont touchés par cette réislamisation et sont du côté d’Erdogan et de l’islam et non du côté de l’Europe.

Tout cela est la faute de dirigeants européens aveugles et lâches, et du pire Président de l’histoire des Etats-Unis.

Les titres de la presse française sous-estiment et édulcorent.

Le Figaro dit qu’entre l’Europe et la Turquie “une nouvelle étape commence” : qu’en termes galants ces choses là sont dites ! Mais j’ai lu récemment dans Le Figaro que Rouhani était un “modéré” et que seuls quelques “extrémistes” prenaient en otage une “grande religion”. Donc, je ne suis pas étonné.

Dans Le Point, on parle de l’instauration d’un “régime présidentiel”. Quel sens de la litote ! Le Monde évoque un “camouflet” pour Erdogan. Ce serait risible si ce n’était pas triste et pathétique. L’Union Européenne paraît-il appelle la Turquie à rechercher un “consensus national”. Et ce sont des dirigeants européens qui font la fine bouche devant Trump et le traitent de clown ! Les dirigeants de l’Union Européenne ne sont pas des clowns, mais des carpettes et des imposteurs. Il est des jours où je me sens décidément très éloigné de l’Europe, et pas seulement parce que je suis éloigné d’elle géographiquement.

« L’Islam, cette absurde théologie d’un bédouin immoral, est un cadavre puant, qui empoisonne nos vies » – Mustafa Kemal Ataturk.

Il est mort une première fois en 1938.

Il vient de mourir une deuxième fois. L’assassin n’est pas Recep Tayyip Erdogan, mais Barack Hussein Obama. Angela Merkel et les dirigeants de l’Union Européenne ont été les seconds couteaux. Barack Hussein Obama et Angela Merkel seront bientôt à Berlin ensemble. Je ne doute pas qu’ils feront de beaux discours, et qu’il y aura foule pour les acclamer.

GUY MILLIÈRE

Source: http://www.dreuz.info/2017/04/17/la-deuxieme-mort-de-mustafa-kemal/

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