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Mais que voilà une défense intéressante par Didier Reynders (MR) des islamistes de l’AKP, très dominants dans la communauté turque de Belgique (77,1%): selon Didier, le très bien habillé ministre des Affaires étrangères, il serait impossible de supprimer la double nationalité dont disposent les Turcs de Belgique !

Erdogan s’installe comme dictateur: mépris affiché des mollassons de l’Europe, promesse d’un deuxième référendum sur la peine de mort, matraquage médiatique pour son parti, emprisonnements massifs: on est bien parti…

En l’occurrence, le débat s’est installé au lendemain de la victoire du président Erdogan au référendum en Turquie, gagné de justesse avec 51,3% des suffrages exprimés par le super-président, avec quelques belles manipulations et bourrages d’urnes (les bulletins non estampillés du cachet officiel « a voté » sont acceptés quand même !).


Mais les 120.000 Turcs de Belgique ont voté à plus de 77% pour le parti islamiste d’Erdogan, l’AKP, et pour un régime qui commence furieusement à ressembler à une dictature ! Lors des élections, les Turcs-Belges ont commis des violences au couteau, surtout contre des Kurdes. En Flandre, cela choque. Même au CD&V, accusé très récemment par la NVA Zuhal Demir, d’être « le parti des musulmans » en Flandre.

Hendrik Bogaert, chargé par le CD&V de « gommer » l’image de parti des musulmans part en guerre contre la double nationalité turque et belge

Paniqué, le CD&V a d’ailleurs réagi par la voix de son jeune député qui monte, Hendrik Bogaert, dans de multiples interviews soigneusement organisées: il demande la suppression de la double nationalité turque et belge, qui permet par exemple aux Turcs de Belgique, de participer à un référendum, alors que cela nous est interdit à nous, Belges ! Les meetings électoraux d’Erdogan et de ses sbires sont tolérés en Belgique, alors que l’opposition turque y est muselée.

La NVA a immédiatement embrayé, ainsi que les libéraux du PVV. Ras le bol de l’islamisme. On devrait légiférer et il faudrait choisir : Turc ou Belge, mais pas les deux. Marocain ou Belge mais pas les deux.

Le secrétaire d’Etat à l’Asile et la migration Theo Francken (N-VA) a lui aussi réagi aux résultats du référendum turc. «En Belgique, ils (les belgo-turcs, ndlr) votent pour des partis de gauche, en Turquie pour la droite conservatrice. Tiens, tiens, comment cela est-il arrivé?». Francken pointe également le rôle des mosquées turques de la Diyanet. «Je me sens renforcé dans la décision de ne pas accepter sur notre territoire des imams importés dans des mosquées non-reconnues.»

Heureusement, Didier Reynders et le MR, toujours partisans de l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne malgré quelques bémols, montent au front pour dire que non, ce ne sera pas possible! Le MR défend la position d’Erdogan. On croit rêver!

Nous allons revenir sur ce sujet avec un article de fond, mais sur le plan purement factuel, soulignons que l’obligation de choisir était la règle jusqu’en 2008. Ce sont les libéraux qui ont fait supprimer cette règle et qui ont permis la double nationalité ! Ce qu’on a fait, Didier, on peut le défaire !

 Jusqu’en 2008, la Belgique appliquait la Convention de Strasbourg du Conseil de l’Europe (en vigueur dès 1963 et ratifiée par la Belgique en 1991). Un étranger recevant la nationalité belge devait abandonner sa nationalité d’origine. En 2007, la Belgique a révoqué une disposition de la Convention de Strasbourg pour autoriser la double nationalité. La loi sur la nationalité a été changée en 2008 sous le gouvernement en affaires courantes Guy Verhofstadt-Louis Michel III.

Bogaert (CD&V) à gauche et Theo Francken (NVA) ont raison. Il est possible de revenir à la position d’avant 2008… et Didier Reynders a évidemment tort.

Didier Reynders dit donc bien n’importe quoi. Il suffirait que la Belgique ratifie à nouveau la disposition de la convention de Strasbourg de 1963, en modifiant le code de nationalité pour que la double ou multi-nationalité ne soit plus possible en Belgique. Pas moyen de se réfugier derrière l’UE ou le Conseil de l’Europe, Didier !

Il reste de nombreux problèmes mineurs, c’est vrai, pour les Belges ayant acquis une autre nationalité par exemple, ou pour les enfants de bi-nationaux. Mais tout cela peut être réglé.

Ce qui est certain, c’est que c’est le PRL/FDF, devenu le MR, qui à l’époque (négociations pour la formation du gouvernement) a voulu l’assouplissement de l’acquisition de la nationalité belge pour des motifs communautaristes (on drague les étrangers) et afin de faire passer au bleu l’échec de l’intégration. Les criminels détenus à double nationalité (un bon tiers des personnes enfermées dans nos prisons !) étant désormais enregistrés comme « belges », on pouvait les sortir des statistiques de criminalité d’origine étrangère.

Voilà comment le MR trompe les citoyens et singulièrement ses électeurs. Le MR est le parti le plus pro-turc des partis francophones, même si tous les partis traditionnels draguent furieusement les communautés étrangères. Le PS et le CDH sont en pointe dans la drague des musulmans. Leurs listes à Bruxelles sont explicites en la matière. Et en Flandre (voir notre article), Zuhal Demir a raison de souligner que le CD&V cherche à devenir le parti des musulmans de Flandre.

La question doit faire l’objet d’une analyse plus fine et nous y reviendrons. En effet, la double nationalité permet l’expulsion des criminels ayant aussi une autre nationalité, et l’interdiction du retour des jihadistes comme l’a proposé sans succès le Parti Populaire, par la voix de son député fédéral Aldo Carcaci.

P.H. et L.R.

La proposition de loi du Vlaams Belang (rejetée) est intéressante dans son analyse.

https://www.senate.be/www/?MIval=/publications/viewPub.html&COLL=S&LEG=5&NR=647&VOLGNR=1&LANG=fr

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