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Et une commission d’enquête, une ! Et une série de conclusions et de recommandations, une ! Et, à part quelques lampistes, des responsables ? Zéro !

Or, comme l’explique Mischaël Modrikamen, Président du Parti Populaire, des responsabilités, il y en a. « Une erreur humaine, personne n’est à l’abri d’en commettre. Mais lorsqu’un convoi fou traverse plusieurs passages à niveau et trois gares, sans qu’un système d’alerte et de freinage ne s’enclenche, voilà bien la preuve que les sociétés issues de la SNCB (Infrabel, notamment) sont dirigées par des carriéristes aux deux mains gauches ».

Les sociétés publiques ou issues du public sont, en Belgique, des modèles de ce qu’il ne faut pas faire.

Cela nous a coûté la Sabena, tuée par les syndicats et par les partis traditionnels (Elio Di Rupo et Guy Verhofstadt aux commandes), la sidérurgie wallonne, la RTT, devenue Belgacom puis Proximus, et tant d’autres pans de l’économie belge. A tel point qu’au plan économique, la Belgique est aujourd’hui toute nue, tous les centres de décision se trouvent à l’étranger.

En réalité, toutes les sociétés autrefois publiques et passées au statut semi-privé, ont hérité de tous les défauts du public, sans acquérir les vertus du privé. Bpost en est un exemple frappant : ses dirigeants successifs ont voulu en supprimer les lourdeurs administratives, mais le public n’y gagne rien : les bureaux de poste ont fermé les uns après les autres, et le service postal ne s’est guère amélioré – « au contraire », jugent certains…

Des carriéristes qui ne se soucient ni du personnel, ni des usagers

Pour ce qui concerne le drame de Morlanwelz, les responsabilités se situent clairement dans l’absence de politique au niveau de la Direction. Et comment en irait-il autrement ? Les directeurs de la SNCB sont désignés, non pas d’après leurs compétences dans le domaine ferroviaire, mais selon la carte de parti qu’ils ont en poche. Il faut se souvenir des déboires d’Isabelle Durant, fantasque et capricieuse ministre Ecolo des Transports et de la Mobilité (1999-2003), avec le monde des chemins de fer. Nous payons aujourd’hui encore les errements de celle qui, aujourd’hui, assène des leçons de morale et de « bonne gouvernance » depuis son siège de secrétaire générale adjointe de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED). En tout cas, le développement des chemins de fer belges, elle l’a raté ; et pour la mise en place d’un réseau de trains digne du 21ème siècle, elle a gaillardement déraillé.

Elle n’est pas la seule à porter la lourde responsabilité de la gabegie qu’est devenue la SNCB. Ministres, président du Conseil d’administration, directeurs ont failli dans le boulot qui leur avait été confié. L’un d’entre eux, patron d’Infrabel, avouait ne jamais prendre le train !

Toutes les erreurs, tous les manquements, la totalité des accidents gravissimes ont été savamment enterrés par de commissions de fausses enquêtes, destinées seulement à laisser passer le temps, faire oublier les drames, museler la colère des usagers et du personnel de terrain à la SNCB.

Un déficit vertigineux

Il paraît que la sécurité des usagers des trains coûte cher et « trop cher dans une situation budgétaire difficile ». Et le déficit de la SNCB est vertigineux : les dettes tournent autour du milliard d’euros, chiffre imprécis car issu d’une comptabilité qui donnerait mal de tête à un expert de la finance d’un groupe mafieux !

Mais si la sécurité coûté trop cher, pourquoi gratifier les patrons des 3 sociétés issues de la SNC (Infrabel, SNCB Holding, SNCB) de salaires flirtant avec les 500.000 euros ? Et pourquoi les mettre à l’amende lorsque survient un drame dû à la vétusté ou l’inadaptation, voire l’inexistence des mesures de sécurité, déjà bien en place dans les pays avoisinants ?

Les pensées du Parti Populaire vont d’abord aux familles des victimes de ce nouvel accident de Morlanwelz. Il n’oublie pas les victimes de drames précédents et se bat pour imposer à la tête d’un secteur aussi primordial que la SNCB des responsables compétents, si possible issus du rang, seule garantie d’un réseau ferroviaire qui fut autrefois exemplaire.

A.D.

Par respect pour les victimes du rail, nous ne publions pas de photos « sensationnelles » qui peuvent être offensantes pour les personnes touchées par le deuil.

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