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La plupart des médias américains ou français étant nettement de gauche, il me semble que l’on perçoit mal Donald Trump et sa façon de faire de la politique. Cette question est pourtant essentielle si l’on veut comprendre ce qui se passe aux USA et, sans doute, ce qui pourrait se passer chez nous en France bientôt.

Le premier point concerne une tendance générale dans l’électorat américain.

Certains instituts suivent les opinions publiques depuis des décennies et un fait majeur distingue notre époque actuelle de la période précédente, depuis la Seconde Guerre mondiale. En effet, jusqu’à une époque récente, les électorats de droite (républicain) et de gauche (démocrate) avaient sur nombre de sujets des opinions relativement proches. En quelque sorte, il y avait un vaste centre, et le débat politique oscillait entre un centre droite et un centre gauche. C’était le fondement consensuel de la social-démocratie occidentale, dont les USA étaient aussi un exemple.

Or, depuis quelques années, on observe que les deux électorats de droite et de gauche aux USA sont de plus en plus éloignés l’un de l’autre. Pour faire simple, il n’y a plus de centre. L’ancien paradigme social-démocrate autour des centristes mous est mort.

Concernant la France, le politologue Guillaume Bernard a proposé le terme de « mouvement dextrogyre » pour décrire la tendance à la droitisation. À mon humble avis, il s’agit plutôt d’une décentrisation générale. L’électorat de droite se droitise mais, dans le même temps, l’électorat de gauche se gauchise.

Que peut-on en déduire ?

Le premier point concerne les anciens partis centristes de la social-démocratie molle. Le PS est un cadavre et l’UMP, repackagée Les Républicains, agonise. On voit bien que la ligne (sinusoïdale hélicoïde ?) Wauquiez-Bellamy ne tient pas debout pour les élections européennes. Il y a et il y aura de moins en moins d’électeurs pour le machin centriste. C’est le grand écart avec un pied à droite et l’autre dans le vide.

Le second point concerne les médias, presque tous très à gauche. Ils sont de moins en moins capables de cornaquer l’opinion publique, spécialement celle qui penche à droite. Dans ce nouveau contexte, on peut comprendre leur hystérie désespérée et les flots de quolibets haineux déversés sur l’électorat de droite, qualifié de populiste. La disparition du centre fait perdre à la gauche son hégémonie culturelle et politique. Ces gens ne sont pas d’extrême droite, simplement de droite, mais la gauche (de moins en moins modérée) ne supporte qu’elle-même.

Le dernier point concerne le risque d’affrontements. La décentrisation aux USA aboutit à un climat de quasi-guerre civile, avec batailles rangées dans les campus, dont la gauche essaye de faire des bastions.

Sans surprise, Trump fait campagne à droite, tout simplement parce qu’il n’y a pas d’électeurs au centre. Qui va assumer la même stratégie droitière en France ? Marine Le Pen ou Nicolas Dupont-Aignan ? Mouais, c’est pas gagné…

Source: http://www.bvoltaire.fr/droitisation-ou-decentrisation-le-cas-trump/

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