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Le virus Ebola est une horreur absolue. Contracté par les humains en Afrique de l’Ouest, au départ de chauve-souris, il a tué en plusieurs épidémies. La dernière a tué 11.310 personnes en 2014. Une combinaison de facteurs a contribué à la sauvagerie de l’épidémie: la mobilité des populations locales, un système de santé public en-dessous de tout, l’inefficacité de l’administration et de mauvaises pratiques d’ensevelissement des victimes.

La seule « chance » des humains, c’est que le virus Ebola tue « trop vite ». Il est tellement virulent qu’il tue ses victimes, avant même qu’elles aient pu infecter et contaminer d’autres personnes proches. 

L'épidémie au Liberia et en Guinée pourrait être bien pire encore la prochaine fois...
L’épidémie au Liberia et en Guinée pourrait être bien pire encore la prochaine fois…

Mais plusieurs équipes de chercheurs, de l’Ecole de Médecine du Massachussets à Boston et du département de Biologie de Harvard aux USA, ainsi que de l’université de Nottingham au Royaume-Uni, qui ont réussi à séquencer le génome de 99 échantillons du virus récoltés sur 78 patients au Sierra Leone en 2014, tirent aujourd’hui la sonnette d’alarme. Le virus a muté!

Il se transmet désormais beaucoup plus vite (4 fois plus vite probablement) d’une victime à une autre. Les 7 gènes du virus encodent chacun une protéine et l’étude montre qu’une des mutations connue sous le vocable GPA82V, repérée chez un premier patient en Guinée le 31 mars 2014, a explosé dans une épidémie très rapide au Libéria, en Sierra Leone et en Guinée, alors que les autres formes s’éteignaient en quelques mois dans d’autres régions de Guinée. Le nouvel hybride du virus Ebola ne touche pas les chats et les chiens par exemple, mais est au moins deux fois plus infectieux pour les cellules humaines. 

Ebola1Les chercheurs ont aussi cherché à l’inoculer à des chauve-souris de la région et ont découvert la même agressivité plus grande du virus dans cette mutation chez les chauve-souris.

Le professeur Sabeti et ses collègues déclarent: « nous ne sommes pas absolument sûrs de la mutation, mais selon l’expression: si ça ressemble à un canard, c’est probablement un canard ». Nous allons certainement connaître de nouvelles épidémies, et plus le virus a de temps pour s’adapter à l’homme, plus virulente et dangereuse sera la prochaine épidémie. 

De quoi donner froid dans le dos!

L.R.

 

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