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Certes, Angela Merkel sera chancelière pour un quatrième mandat, mais le désamour entre la championne de l’immigration à tout va et le peuple allemand s’est installé – et pour longtemps. La solution pour l’avenir de l’Allemagne, c’est l’AfD,q ui fait une entrée fracassante au parlement : on lui prévoit 87 sièges !

Au moment où nous écrivons ces lignes, les projections en voix accordent 33,3 % à la chancelière (contre 41,5 %, en 2013), 20,8 % au parti socialiste SPD de Martin Schultz (contre 25,7 %). Les partis, alliés dans le gouvernement sortant, prennent une gifle. Désirant sans doute se refaire une santé dans le rouge, l’opportuniste Schultz a annoncé qu’il renonçait à participer à une nouvelle coalition avec le CDU de Merkel.


L’événement de cette élection, c’est l’entrée au parlement du parti AfD (Alternative für Deutschland), avec 13,5 %. Taxé sottement d’extrême droite et de populiste (au sens négatif que donnent les partis traditionnels à ce terme), l’AfD a su faire entendre la voix de la raison aux Allemands.

Ce résultat électoral dénonce aussi combien les partis au pouvoir ont un agenda et des préoccupations totalement éloignés du quotidien des gens. Le fossé entre le peuple travailleur et la caste politique ne cesse de s’approfondir. Sans véritable dauphin, Angela Merkel sera sans doute la dernière chrétienne-démocrate à pouvoir séduire (et tromper) les électeurs. Après elle, le copinage entre les partis traditionnels sera balayé et de nouvelles voies démocratiques s’ouvriront.

D’ici là, la chancelière devra mettre sur pied un gouvernement « jamaïcain », comme l’appellent les commentateurs allemands : chrétiens démocrates-Ecolo-libéraux. Mais ce sera une coalition minimaliste et boiteuse, où éclateront très vite les contradictions entre libéraux et écologistes. En perdant son pari de rafler la mise, Angela Merkel prépare l’Allemagne à 4 années d’immobilisme et de spasmes.

À moins que… Merkel ouvre les yeux et fasse entrer l’AfD dans une coalition de droite, avec les libéraux du FDB, qui augmente sensiblement son score de 2013 : de 4,8 % à 10,1 %. Là, on trouverait une confortable majorité de quelque 56 %.

L’AfD a montré sa capacité à maîtriser les grands dossiers (sécurité, immigration, économie) et peut donner une impulsion décisive pour le renouveau de l’Allemagne et de l’Europe.

Un premier enseignement s’impose : les peuples, en Allemagne et en Belgique, veulent une rupture avec les partis traditionnels.

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