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Paul Magnette nie tout nivellement par le bas de l’enseignement et se gargarise de statistiques favorables sur le nombre d’écoliers, d’élèves et d’étudiants qui ponctuent de réussite leur parcours. Un tel taux s’explique aisément par une baisse continue des exigences à tous les niveaux. La réalité fait visiblement peine à voir pour ceux qui, à coups de décrets, de mesurettes et de directives, ont sapé la qualité de l’enseignement. 

classecole“Les cahiers au feu, les profs au milieu”, avait-on l’habitude de scander lors de nos jeunes années, lorsque le début des vacances approchait à grandes enjambées. Le brasier géant qui d’ordinaire consumait les enseignants et les manuels dès la fin des examens ne s’éteint désormais plus durant l’année scolaire et, sous l’action dévastatrice du feu permanent des pédagogies modernes, l’enseignement part chaque jour un peu plus en fumée.

Comble du paradoxe, les incandescents s’évertuant à dénoncer le “nivellement par le bas” sont accusés de souffler sur les braises et de provoquer un incendie.

Paul Magnette n’a pas dû apprécier l’ouvrage de Frank Andriat, professeur bruxellois, sur la dégradation de l’enseignement en Belgique francophone. Il l’accuse même d’être de mauvaise foi. “Il n’y a jamais eu autant d’élèves scolarisés, jamais autant d’enfants ayant réussi le certificat d’études de base et jamais autant de jeunes inscrits dans l’enseignement supérieur”, a déclaré le président du Partis socialiste au micro de la RTBF.

Les professeurs non acquis au dogme de la facilité, à coups de suppression de devoir, de méthodes plaçant l’enfant ou le pré-adolescent au centre du cursus plutôt  que l’enseignant et la transmission de savoirs, sont de plus en plus nombreux à s’ériger contre la décadence à l’oeuvre au sein des salles de classe.

Seul le nivellement par le bas explique qu’un nombre croissant d’apprenants obtient son diplôme ou passe au degré supérieur. Contrairement à ce que prétend Paul Magnette, toutes les enquêtes prouvent que le savoir et la maîtrise des compétences de base sont en net recul. L’enseignement doit faire sa révolution et renouer avec les pratiques qui ont fait les belles heures de l’école (évaluation, travail, devoirs, manuels scolaires, ….)

Tous les partis sont restés muets suite à l’annonce du président du PS.

Seul le Parti populaire de Mischaël Modrikamen a fait savoir son courroux suite à la sortie du président du Parti socialiste :

“Nous avons toujours combattu le nivellement par le bas et entendons pour ce faire renouer avec les méthodes traditionnelles d’enseignement : le professeur doit être respecté ; des manuels doivent servir de guide et les nouvelles méthodes enseignées par les pédagogues doivent être remplacées par les vieilles recettes qui ont fait leur preuve depuis toujours.”

GREGOIRE BRUEL

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