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Selon les officiels de l’ESA, le module européen Schiaparelli s’est écrasé sur le sol martien à une vitesse estimée de 300 Km/h (site de Meridiani Planum, là où avait déjà amarsi -néologisme approprié- le robot américain Opportunity en 2004).

Il n’a pas amarsi en douceur comme prévu et s’est malheureusement démantibulé. Des photos prises par la Nasa, depuis un satellite en orbite autour de Mars montre une tache sombre (le module), à quelques kilomètres de la position prévue pour le contact avec le sol. Une autre tache blanche est présente à environ 2 km du module et semble représenter le parachute déployé. Schiaparelli vu sa taille sur les photos et en la comparant avec celle du parachute semble bien prouver une dislocation du module (2,4 m de diamètre normalement). Le diamètre du parachute était de 12 m.

Cette mission a été réalisée grâce à un partenariat ESA (Agence Spatial Européenne) – RosKosmos (Agence spatiale russe) et résulte en un assemblage d’une sonde détectrice de traces de gaz baptisée TGO (Trace Gaz Orbiter) et un atterrisseur test sur Mars, nommé Schiaparelli. La sonde TGO joue aussi le rôle de relais de télécommunications pour la transmission de données entre la Terre et Schiaparelli (et les éventuels futurs robots qui seront déposés sur la planète).

L’ensemble a été propulsé vers Mars grâce au lanceur lourd russe Proton-M de la base de Baïkonour( le 14 mars 2016).
Schiaparelli qui pesait 577 kg n’était pas équipé de panneaux solaires et sa durée de vie sur le sol martien devait être éphémère: deux à quatre jours seulement. A bord de ce module était embarqué un petit laboratoire scientifique chargé d’analyser une série de paramètres par le truchement de capteurs spécifiques dont entre autres : vitesse du vent, humidité, présence de gaz, pression, transparence de l’atmosphère, types de radiation, etc…

Le but ultime des missions EXOMARS reste la recherche de vie passée ou actuelle sur la planète rouge.

Le tandem GTO-Schiaparelli après avoir parcouru près de 500 millions de km en 7 mois, s’est séparé à l’approche de Mars. Cette manœuvre a réussi. Puis ensuite progressivement Schiaparelli s’est approché de Mars en amorçant une descente à 121 km du sol, à une vitesse à ce moment-là, de 21.000 km par heure.
Le bouclier qui assurait à la fois une descente et la protection contre la haute température semble avoir fonctionné correctement.

La chronologie des opérations prévues ensuite était la suivante :
Un parachute devait s’ouvrir automatiquement à 11 km d’altitude. Ceci semble s’être déroulé correctement. A ce stade précis la vitesse était encore énorme (environ 1.700 km par heure). La séparation module – parachute devait s’opérer à 1,2 km à une vitesse de 320 km par heure. C’est à 1,1 km que devait s’enclencher les rétrofusées qui auraient permis à Schiaparelli de toucher le sol, à une vitesse inférieure à 7 km par heure.

Manifestement les rétrofusées n’ont pas fonctionnées de manière appropriée où alors les étapes précédentes n’ont pas réussi à ralentir suffisamment le module. Les dernières informations non confirmées font état d’un fonctionnement des rétrofusées de 3 secondes au lieu des 30 secondes qui étaient nécessaires. Etait-ce un problème dans le logiciel de commande?

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Nul doute que les mines sont dépitées à Thales Alenia Space, le groupe franco-italien qui assurait la maîtrise d’œuvre de la mission, mais aussi à l’ESA et à Roskosmos.
C’est donc un nouvel échec martien pour l’Europe. Il y a treize ans déjà, la sonde européenne Mars Express avait largué un atterrisseur Beagle 2, de conception britannique, qui ne s’est jamais activé. Les scientifiques confirment pourtant que cet engin avait amarsi.
Toutefois, une partie de la mission reste un exploit. En effet, l’ensemble des opérations s’est bien déroulé, jusqu’au problème final. Cela signifie un tir d’une grand précision quand à la localisation du site et le fait que le GTO qui est maintenant un satellite artificiel de Mars, pourrait être utilisé ultérieurement.

La mission Exomars suivante, chargée d’envoyer un robot forer à plusieurs mètres dans le sol de la planète rouge, ne partira pas avant 2020. Les scientifiques espèrent trouver grâce à cet engin des traces de vie passée sur Mars.

Nous suivrons avec intérêt toutes les missions vers Mars, en espérant de vraies réussites!

JACQUES D’EVILLE

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