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Vous avez aimé la censure révolutionnaire, les nettoyages de bibliothèques en 1905, les autodafés nazies et maoistes ?

J’avais, il y a quatre mois, pondu ici même un humble petit papier sur les Fake News dans lequel je déplorais que notre famille de pensée fût la principale pourvoyeuse et colporteuse de ces fausses infos fabriquées de toutes pièces.

Ceci m’avait valu l’ironie de Libé et 20 Minutes, entre autres, pas habitués qu’ils sont à ce qu’un organe de presse – ou même un simple individu – tente de tuer ses propres démons. Pourtant, « il vaut mieux voir ses fautes, dit saint Augustin, que de voir toutes les merveilles de l’univers ». J’imagine que peu, parmi les employés de Libé ou 20 Minutes, sont férus du saint d’Hippone.

Mais revenons sur le sujet des fake news, car il est en passe de devenir une arme redoutable de censure contre la presse non subventionnée.

Dans le même 20 Minutes, un certain Olivier Philippe-Viela, grand démocrate déplorant comme la fièvre jaune le Brexit et l’élection de Trump (mais, à part ça, les journalistes sont « neutres »), explique doctement que tout ça, ma bonne dame, c’est d’la faute aux fake news.

Bref, si les électeurs ne votent pas comme la gauche le leur ordonne, c’est parce qu’on leur raconte des bobards. Pas beau, ça ?

C’est ainsi que la Commission européenne, ce machin adémocratique non élu qui prétend gouverner nos vies et la taille des bananes, a décidé d’entrer en guerre contre les infos qu’elle considère fausses. Par exemple, si j’écris « l’arrivée massive de migrants en Allemagne a engendré une augmentation du nombre de viols », comme ça ne plait pas à la Propagandastaffel de Bruxelles, ce sera étiqueté fake news, et boum ! la guillotine de la censure fera son œuvre, comme jadis Judas (Pardon, ça c’est juste pour l’allitération).

Vous le voyez, le problème ? La Commission souhaite convaincre les réseaux sociaux (Facebook et Twitter, les seuls qui comptent) de dépublier, bloquer, couper, trancher les contenus non validés. On est en plein délire dictatorial.

Il y a quatre mois, dans l’article précité, j’écrivais ceci :

Derrière cette étiquette (« fake »), c’est tout un amalgame qui est fait avec toutes les plates-formes qui « pensent différemment » et combattent généralement la « pensée autorisée par l’État » diffusée par les organes subventionnés. Cet amalgame fait que nos magazines en ligne pourraient très bien, un jour, se voir interdire de Twitter, de Facebook, voire de Google, simplement parce que nous aurions été étiquetés « fake news », alors que nous prenons les plus grandes précautions pour ne pas en diffuser.

Eh bien, ça n’a pas pris longtemps !

20 Minutes nous apprend que la toute nouvelle commissaire en charge du numérique, Mariya Gabriel, de Bulgarie, « va constituer un groupe d’experts et préparer “une proposition de consultation publique” afin de lutter contre la désinformation en ligne ».

La très démocratique Union européenne souhaite « mettre la pression sur les réseaux sociaux, qui ont “une obligation de diligence”, c’est-à-dire de s’occuper dès à présent de nettoyer leurs sites des “fake news” ».

Et ça ne va pas attendre… on annonce que les premières mesures devraient être prises le mois prochain.

Vous avez aimé la censure révolutionnaire, les nettoyages de bibliothèques en 1905, les autodafés nazis et maoïstes ? Vous allez adorer Mariya Gabriel et l’Union européenne.

Bienvenue dans un monde plus propre. Où l’on fournit à chacun ce qu’il doit penser.

Source: http://www.bvoltaire.fr/fake-news-oh-joli-pretexte-a-censure/

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