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Disparu à l’âge de 84 ans, le négationniste Robert Faurisson aura pourri toutes choses sur son passage. Au travers de pamphlets pseudo-scientifiques, il a tenté de prouver l’inexistence des chambres à gaz dans les camps de la mort. Ses éructations antisémites ont séduit des gens comme Dieudonné, qui l’a invité dans l’un de ses spectacles (voir ici), encensé chez nous par certains amis de Catherine Moureaux. 

Relever la disparition de ce triste individu ne présente guère d’intérêt, sauf à rappeler quelques vérités dérangeantes.

Certes, il ne s’agit pas de polémiquer vainement à propos des publications de Faurisson, totalement indéfendables, scandaleuses et par là, insignifiantes. Mais c’est à l’importance que certains ont donné au « phénomène Faurisson » qu’il convient de s’intéresser.

Suite à la parution d’un texte, signé par le faussaire dans Le Monde (« Le problème des chambres à gaz« , 29 décembre 1978), et de la polémique qui s’ensuivit, nombre de personnages louches s’en servirent, non pas pour en réfuter le contenu, mais en détourner le sens afin de s’octroyer une vertu qu’ils ne méritaient pas.

Ainsi, un certain François Mitterrand (PS français) joua l’indignation à merveille – ce qui permettait de passer sous silence le fait qu’il se rua à Vichy pour se faire décorer de la plus haute distinction (la francisque) du régime collaborationniste… par le Maréchal Pétain en personne (15 octobre 1942) – photo ci-dessous. Il écrira même à sa soeur (13 mars 1942) : « J‘ai vu le maréchal au théâtre […] il est magnifique d’allure, son visage est celui d’une statue de marbre » (voir ici) et conserva secrète son amitié pour René Bousquet, l’un des organisateurs français de la rafle des Juifs sur le territoire français, poussant la scélératesse jusqu’à insister pour envoyer les enfants dans les camps d’extermination (voir l’article du Point, en cliquant ici).

On peut regretter que Le Monde ait cru bon de publier la bafouille de Faurisson. Sans cela, il serait resté un obscur libelliste antisémite et n’aurait jamais dépassé la fachosphère, avec laquelle, rappelons-le, ni Le Peuple, ni le PP n’ont strictement rien à voir.

Et en Belgique… 

Les grandes envolées lyriques et vertueuses ont eu l’occasion de fleurir, stigmatisant Faurisson, les négationnistes et… les ennemis politiques jugés trop tièdes à condamner le faussaire de l’histoire nazie.

Comme on peut s’en douter, Philippe Moureaux lança des anathèmes à tour de bras, de même que toute la camarilla socialiste.

Ainsi le PS écartait toute investigation sur la collaboration active d’un de ses anciens présidents, Hendrik De Man (photo ci-dessus), dès l’occupation de la Belgique, en 1940. Il n’hésita pas un instant à rechercher les faveurs des hordes nazies, avec une entrain encore plus prononcé que celui de Degrelle. On le soupçonne aussi d’avoir dénoncé des voisins juifs à la Gestapo – De Man était Anversois.

Et que dire de la famille Onkelinx, dont un des membres (Maurice-Jodeph, le grand-père de Laurette) exerça les fonctions de bourgmestre (à Jeuk, Limbourg) sous l’occupation, en accord avec l’occupant nazi ? Ci-dessous, l’arrêt du 4 juin 1945, privant Maurice-Joseph Onkelinx de ses droits civiques pour faits de collaboration.

Tirer à boulets rouges sur Faurisson permettait à certains personnages au passé trouble de se refaire une vertu à bon compte. Le plus révulsant dans l’attitude de la gauche belge réside dans le fait qu’elle instrumentalisation la Shoah à des fins politiciennes qui n’avaient rien à voir avec une quelconque compassion pour le sort des victimes et des populations juives.

La gauche est bien la pire des extrêmes droites.

L’Histoire est faite de ces méprisables épisodes, qui ne grandissent pas leurs protagonistes. Et certainement pas un Faurisson, dont les écrits sont tellement nauséabonds qu’ils pourraient bien ne jamais avoir existé. 

D.K.

 

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