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Nous avons demandé à Jean-Patrick Grumberg, parce qu’il est très hostile à la ligne politique du Front national, ce qu’il pense de l’élection du président Bolsonaro.

JPG : Le Brésil a ceci de particulier que c’est un immense pays de 210 millions d’habitants qui n’a pas une place importante sur la scène géopolitique mondiale.

A ce titre, ce qui se passe en interne influe extrêmement peu dans les affaires du monde, et ce n’est que parce que le président qui vient de remporter les élections n’est pas un homme de gauche que les médias, comme des chiens de Pavlov, remuent la queue et bavent.

Puisqu’à les écouter, le président iranien Rouhani, qui pratique plus d’exécutions capitales par habitant que n’importe quel pays au monde, est un modéré, je dois comprendre que pour la rédaction du Monde, on peut pendre des gens modérément, et que tout le reste est extrémiste.

Pour aggraver ces pensées insensées, ces messieurs sifflent en cœur la même rancœur: « Bolsonaro! Oh! le facho ! »

Je me doute bien qu’ils n’allaient pas l’encenser, mais je me méfie de cette pensée de groupe, et il me semble raisonnable et prudent de le voir à l’œuvre pour savoir comment Bolsonaro gèrera ses troupes.

Et puis, le Brésil est un pays dangereux – et c’est cet extrême danger installé grâce au laisser-faire de la gauche au pouvoir pendant 20 ans, et l’hyper corruption dont elle s’est rendue coupable et bourré les poches, que les citoyens viennent de rejeter. Le socialisme, n’en déplaise aux rédactions bourgeoisement gauchistes dans les quartiers bobos, le socialisme se casse la gueule partout où il est casé.

Dreuz : S’il vous était donné à choisir entre ce président d’extrême-droite et pro-israélien et la gauche internationale qui milite aux côtés de BDS pour sa disparition, que choisissez-vous ?

C’est vraiment une question ? Chaque fois que j’entends des propos antisionistes – et l’antisionisme est l’antisémitisme du 21e siècle – ils viennent de la gauche. Dois-je vous rappeler que le sionisme est le plus puissant bouclier qui n’ait jamais existé contre la haine des juifs et le désir européen toujours présent de sous-traiter au Moyen-Orient un nouvel holocauste ?

Qu’a déclaré le nouveau président Jair Bolsonaro à peine élu : il va déplacer l’ambassade du Brésil à Jérusalem. Lorsque Macron, ou n’importe quel président français fera cela, je prendrai un abonnement payant au Monde et je le lirai tous les jours.

Qu’a-t-il déclaré immédiatement derrière ? Qu’il va fermer l’ambassade palestinienne à Brasilia, en précisant « est-ce que la Palestine est un pays ? La Palestine n’est pas un pays. Donc il ne doit pas y avoir d’ambassade ici. Et on ne négocie pas avec les terroristes ».

Déclarer que les Palestiniens sont des terroristes, ce n’est pas un scoop, mais qui ose le dire ?

Alors moi, ce président, qui a par ailleurs dit des choses affreuses – et qui me heurtent – sur les femmes et les homosexuels, il m’est moins antipathique que Macron qui a fait des déclarations dégoûtantes sur ses concitoyens nationalistes, qui s’excuse pour les atrocités commises en Algérie, mais ne demande pas d’excuses pour les horreurs commises par le FLN, qui crache sur le processus démocratique en acceptant une immigration légale et illégale dont la majorité des Français ne veulent plus, et se conduit finalement comme une espèce de spectateur, assis sur le bord de la route, qui regarde de l’extérieur la situation d’une France qui s’enfonce sans que cela ne semble vraiment le concerner.

Et pardonnez-moi d’avoir fait glisser la conversation sur Macron alors que votre question portait sur Bolsonaro.

D’un côté vous vous dites très anti extrême-droite, et de l’autre vous affichez de la sympathie, ou de l’indulgence, pour le président brésilien. Est-ce que vous nous dites vraiment ce que vous pensez ?

J’ai cette réputation de parler cash et de dire les choses exactement comme je les pense. Ceux qui ne m’aiment pas me le reprochent assez, car elles peuvent viser n’importe quel camp politique, mais ma langue de bois, elle allumerait même pas une cigarette. Si j’avais de la sympathie pour les idées considérées (par qui d’ailleurs, par les journalistes de CNN et les professeurs de Stanford ?) comme d’extrême droite, croyez-moi vous le sauriez. Mais je n’ai aucune affiliation politique. Et aux Etats-Unis, l’extrême-droite est plus que marginale, ce sont des blancs suprémacistes et des néonazis qui détestent les idées conservatrices – on vient de le voir avec l’attentat de Pittsburgh commis par un homme qui exècre Trump.

Je n’aime ni la personnalité de Marine Le Pen, la dirigeante du Front national, son sourire sarcastique face aux questions des journalistes me déplaît, ni son positionnement pro-iranien et anti-américain, ni surtout ses choix étatistes et économiques. Et quoi qu’on en dise, j’ai assez d’informations de l’intérieur pour vous affirmer que le parti ne s’est pas débarrassé de tous ses sympathisants antisémites. Même si c’est moins grave qu’à gauche où les activistes, y compris les pseudo-écolos, militent vigoureusement contre Israël.

Mais il y a extrême droite et extrême droite. Pegida, l’AfD en Allemagne sont classés à l’extrême droite, comme le parti du nouveau chancelier autrichien, et comme certains partis religieux israéliens, et ils sont politiquement très différents les uns des autres et du Front national.

Et le parti travailliste britannique est économiquement plus à droite que Les Républicains en France…

Alors pour le Brésil, ça veut dire quoi « extrême-droite » dans un pays qui compte 60 000 morts par an sous le pouvoir socialiste, et où à Rio, avec 180 fusillades durant le seul mois de juin, la police a perdu le contrôle de la ville ? Ca veut dire quoi « extrême-droite » dans un pays ruiné par l’interventionnisme socialiste ?

Merci Jean-Patrick Grumberg !

Source : https://www.dreuz.info/2018/10/31/entre-un-president-bresilien-dextreme-droite-qui-aime-israel-et-macron-qui-critique-letat-juif-mon-choix-est-fait/

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