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L’élection de Donald Trump a déclenché un phénomène que l’on n’avait pas vu depuis trois ans : une brutale remontée des taux obligataires simultanément aux États-Unis et en Europe.inerest-rate

L’élection de Donald Trump a déclenché un phénomène que l’on n’avait pas vu depuis trois ans : une brutale remontée des taux obligataires simultanément aux États-Unis et en Europe.

L’explication est simple. Le nouveau chef de la Maison-Blanche a laissé entendre qu’il laisserait filer le déficit budgétaire et aussi qu’il dresserait des barrières douanières sur certains produits importés, ce qui devrait se traduire par une hausse des prix. Dans le même temps, l’Europe est entrée dans une période d’incertitude ponctuée, l’année prochaine, par une succession d’élections nationales aux Pays-Bas, en France et en Allemagne. Quant à la BCE, même si elle devrait poursuivre ses rachats de titres obligataires jusqu’à la fin 2017, elle vient d’annoncer son intention d’en réduire le montant (60 milliards contre 80 milliards d’euros par mois). La remontée des taux obligataires est donc parfaitement justifiée et devrait durer. Faut-il s’en inquiéter ?

Si l’on en croit les Bourses, euphoriques depuis deux semaines, cette remontée des taux obligataires ne semble pas affecter l’optimisme des marchés.

Là aussi, l’explication est simple : c’est la conséquence d’un double phénomène d’éviction, du marché des obligations vers celui des actions d’une part, des pays émergents (Chine notamment) vers les marchés majeurs d’autre part. Combien de temps cela va-t-il durer ?

Rappelons cette évidence : une remontée durable et significative des taux obligataires serait une très mauvaise nouvelle pour les finances publiques déjà très mal en point un peu partout dans le monde. Mais comme les banques centrales sont aujourd’hui persuadées qu’il est possible de faire tourner la planche à billets sans créer de l’inflation, nul ne doute qu’elles interviendront massivement si les taux devaient augmenter exagérément. Le scénario d’une forte hausse repose, en fait, sur deux hypothèses peu probables (en 2017), et deux seules : le retour de l’inflation et une crise systémique dans la zone euro.

Plus inquiétante est la hausse de la Bourse. Si le risque de hausse des taux obligataires ne doit pas être surestimé, le long cycle de la baisse des taux déclenché en 1983 et qui, depuis, a conduit le taux à 10 ans d’un niveau moyen supérieur à 14 % à moins de 1 % semble bel et bien terminé. Ce constat est de nature à inciter les investisseurs à se concentrer, désormais, sur le seul marché des actions avec le risque d’entraîner le prix des actions vers des niveaux incompatibles avec la performance des entreprises. Plus concrètement, nous pourrions entrer dans un nouveau cycle ponctué de hausses et de baisses brutales de la Bourse, une sorte de répétition de l’année 1987.

Mais le plus grand risque réside, sans doute, dans une contradiction fondamentale que le marché semble totalement ignorer. Si Donald Trump répond effectivement aux attentes des investisseurs – protectionnisme, rapatriement aux États-Unis des usines délocalisées en Chine ou au Mexique —, alors le monde ne pourra faire l’économie d’une crise majeure dans les pays émergents – Inde et Chine – aux conséquences imprévisibles.

Source: http://www.bvoltaire.fr/christopheservan/faut-il-avoir-peur-dune-remontee-des-taux-dinterets,298893

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