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C’est le monde à l’envers. Rudy De Leeuw, patron de la FGTB, accuse les indépendants de « fraude fiscale massive ». Venant de la part d’un syndicaliste fraudeur, on aurait presqu’envie de rire. La preuve que les patrons du syndicat socialiste, qui n’ont pas beaucoup travaillé dans leur vie, ignorent les réalités du monde du travail et mentent sans vergogne.

Il ne manque pas d’air, Rudy De Leeuw ! Le syndicaliste « de choc » (mais surtout très chic) a été attrapé, la main dans le sac, dans une affaire de fraude à l’immobilier. Cet « homme du peuple » possèdent plusieurs maisons et appartements, dont il s’était bien gardé de payer tout ce que le fisc réclame normalement aux propriétaires.

Il s’était retranché derrière des dispositions légales, qu’il avait utilisées en grand expert de l’ingénierie fiscale. À vrai dire, il appliquait une sorte de règle « Banquiers et syndicalistes, même combat ». Au plan de l’éthique, brandie vertueusement par le monde syndical, cela faisait un peu tache.

Et voilà que ce même Rudy De Leeuw, qui n’a jamais pensé à démissionner face au scandale, se fait accusateur. Selon ses dernières déclarations, les indépendants déclarent au fisc la moitié de revenus que ce que déclarent les salariés. « Les indépendants paient en moyenne 18.000 euros d’impôts par an, tandis que cette moyenne chez les salariés atteint les 35.000 euros annuels ».
Voilà des chiffres qu’ils sont interpellants. Et pour dresser son monde contre les indépendants, c’est du lourd, coco ! Un certain Jef Maes, autre syndicaliste de l’ABVV (branche flamande de la FGTB) vole au secours de son patron et confirme : « Il suffit de regarder autour de soi. Les indépendants se promènent dans des voitures et vivent dans des maisons qu’on ne peut pas se payer si on ne paie que 18.000 euros d’impôts. C’est la preuve d’une fraude massive. »

Pas un mot sur les fraudes chez les syndicalistes (on se souviendra de l’affaire du Setca, qui emporta des gens comme Anne-Marie Appelmans, sauvée par le PS, et toujours active). Pas un mot sur les chômeurs et autres allocataires qui débarquent au Forem ou chez Actiris au volant de voitures, dont le prix d’achat représente plusieurs années d’allocations. Pas un mot sur les allocataires sociaux qui possèdent plusieurs maisons au Maroc, tout en disposant de logements sociaux.

Pour la FGTB, il y a décidément les bons et les mauvais « fraudeurs ». Cette opinion démontre combien les syndicalistes, grassement rétribués et disposant d’avantages tels que voiture de fonction, tickets repas, remboursements de frais, primes et autres aubaines, ne connaissent rien au monde du vrai travail.

Un indépendant investit pour l’avenir de ses activités. Parfois pour sa subsistance face à la rage taxatoire des partis traditionnels : il suffit de regarder le chiffre des faillites (en hausse par rapport à 2016) pour s’apercevoir que les indépendants gagnent souvent nettement moins que les fonctionnaires.

Vous souvenez-vous de Marc Goblet, autre syndicaliste donneur de leçons de morale ? Tout ce qu’il détenait comme expérience dans le travail était un vague et bref passage dans la carrière de chauffagiste. Il ne connaissait rien des réalités quotidiennes dans lesquelles se débattent ceux qui travaillent et paient des impôts.

Les dernières sorties de Rudy De Leeuw s’ajoutent à des manoeuvres intempestives pour saboter l’économie belge. Accuser les indépendants de « fraude massive » est scandaleux. À Croire que les syndicats préfèrent un désert économique, fait de découragement systématique des entrepreneurs et des créateurs de richesse, à une économie qui respire et progresse.

Et quand les leçons de morale viennent de la part de personnages douteux, on hallucine !

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