Print Friendly, PDF & Email

Vient de sortir de presse aux Editions La Boîte de Pandore un ouvrage co-signé par Rachid Benzine et Ismaël Saidi un ouvrage intitulé « Finalement, il y a quoi dans le Coran ? ».

Les auteurs ont construit leur livre sous forme de dialogue entre un jeune (Ismaël) et un islamologue « moderne » (Rachid) s’interrogeant pour l’un et expliquant pour l’autre le Coran au travers de 9 thèmes comme la violence dans le Coran, la place et le statut des femmes, le voile, le jihad, les Juifs, les Chrétiens. Ouvrage qui se veut ludique (il est illustré par Kroll), pédagogique (il est destiné aux jeunes lecteurs) et qui veut remettre ces thèmes dans le contexte historique et sociologique du VII° siècle.

L’objectif avoué des auteurs est de participer à l’ouverture de la jeunesse musulmane à l’esprit critique pour contrer la lecture littérale du Coran.

Bonnes feuilles disponibles sur https://ledesk.ma/grandangle/finalement-il-y-quoi-dans-le-coran/

Cette initiative s’inscrit dans le même registre que la pièce Jihad écrite et réalisée par Ismaël Saidi, pièce qui a connu un certain succès surtout grâce à la Communauté française et à ses subventions. Ce livre suffira-t-il pour empêcher le départ d’adolescent(e)s pour la Syrie et l’Irak, terres de jihad ? Ou pour éloigner de notre pays le spectre des attentats islamistes ? On peut raisonnablement en douter et ce, pour plusieurs raisons.

Rachid Benzine enseigne au jeune Ismaël  Saidi que le Coran est in fine un ensemble de préceptes religieux, d’obligations de comportement indissociables des conditions de vie politique, sociale, économique de la société arabe du VII° siècle évoluant dans un monde aride et inhospitalier.

Selon lui, le Mohammed (et donc Allah) n’a pas voulu changer fondamentalement la mentalité et les traditions de l’époque qui alliaient patriarcat, soumission de la femme à l’homme, incapacité de l’homme du moment à maîtriser sa sexualité, loi du clan, loi de la tribu.

Contrairement à la parole de Jésus-Christ critiquant ouvertement le judaïsme machiste et patriarcal de son époque, le Coran n’a pas été « créé » pour inventer des règles nouvelles mais pour que celles qui existaient à ce moment soit appliquées avec justice et de manière raisonnable (La religion est l’opium du peuple). Le Coran fut calqué sur les conditions de vie des tribus du VII° siècle et tendait à préserver la paix sociale. Mohammed n’a fait que traduire dans cette nouvelle religion les règles de l’époque, règles qui ne sont pas intangibles et transposables à notre société occidentale du XXI° siècle.

Approche anthropologique des auteurs dont la pertinence est évidente. Le problème, est que  le Coran, parole sacrée d’Allah est intangible, immuable, particulièrement dans la théologie défende par les sectes sunnites, salafistes, wahhabites. (Plus de 90% des musulmans de Belgique sont sunnites).

Retirer du Coran les sourates appelant à l’assassinat des incroyants, à la lapidation des femmes adultères, à l’exécution des apostats et ne garder que les messages transposables à notre XXI° siècle réduirait ce livre à quelques lignes. Le Coran du VII° siècle est loin de propager une parole de tolérance, d’amour et de paix.

Les incroyants, kouffars, mécréants, polythéistes, … sont toujours priés de se convertir sous peine de se voir raccourcir de 30 cm ou au mieux, de se voir attribuer un statut social de dhimmi.

L’essai de Rachid Benzine et Ismaël Saidi se heurtera à la tradition millénaire islamique propagée par les antennes satellites, sites web fondamentalistes, prêches d’imams radicaux et exemple de parents enracinés dans cette tradition.  Dès lors, l’objectif des auteurs implique en quelque sorte la désacralisation de pans entiers du Coran, livre politique écrit par un chef de guerre il y a 1400 ans pour asseoir son pouvoir sur des populations tribales en reprenant à son compte l’Ancien Testament et la Torah.

 « L’éducation est la seule manière de sortir des dérives idéologiques et de l’imaginaire fantasmé autour du Coran » a déclaré Rachid Benzine à la sortie de l’ouvrage. Utopie ? L’attentat de Londres (7 morts) ce samedi 3 juin a été perpétré au nom d’Allah. Cela reste extrêmement gênant pour la « vision moderne » de l’islam, qui ne correspond pas à ce que pensent au moins un milliard de musulmans dans le monde.

P.H.

Commentaires