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La Société régionale d’Investissement de Wallonie (SRIW) est le bras investisseur public dans les entreprises de la Région wallonne. L’organe et ses gestionnaires sont extrêmement politisés. Il suffit de constater que c’est le socialiste liégeois Jean-Pascal Labille, roi des cumulards (Cumuleo), qui dirige la manoeuvre… Tous les administrateurs sont nommés pour leur couleur politique plutôt que par leur efficacité économique: la nomenklatura wallonne dans toute son horreur: PS – MR – CDH!

La SRIW a été mise en place par le gouvernement wallon en octobre 1979. Sa mission : «le groupe S.R.I.W (et ses huit filiales). a pour mission d’intervenir financièrement à long terme dans des entreprises tant en Belgique qu’à l’étranger menant des projets industriels ou de services et créant de la valeur ajoutée en région wallonne.» Ce que rappelle le site du Groupe: «La S.R.I.W. est l’un des instruments d’une politique économique visant à soutenir les entreprises présentes en Wallonie, et à favoriser leur croissance. La mission de la S.R.I.W. est de créer de la valeur dans les sociétés participées, au bénéfice du développement économique et de l’emploi en Wallonie.»

Jean-Pascal Labille (au centre), ici entre ses camarades Marc Goblet (FGTB) et Elio Di Rupo (PS), fait personnellement son beurre avec une belle série de cumuls dans le secteur public, notamment à la tête de la SRIW. Au nom des travailleurs…

Aux commandes du Groupe, on retrouve le socialiste Jean-Pascal Labille : Président du Conseil d’Administration, Président du Comité d’audit, Président du Comité de Rémunération et par ailleurs détenteur en 2013 de 51 mandats et professions dont 14 rémunérés. Comment de tels génies peuvent-ils gérer tout cela!? Nous devons chaudement les remercier de s’occuper de notre avenir.

Pas de quoi en faire un papier. Sauf que Le Peuple a mis le doigt sur une participation de la SRIW et de ses filiales SPARAXIS SA et SRIW FINANCES SA dans une société anonyme de droit luxembourgeois, ReA Fin SA, au capital social de 7 millions USD.

La présence de la SRIW au capital de la société d’assurances luxembourgeoise est attestée depuis au moins 2008. Pour se terminer en 2013 au moment du rachat des parts de la SRIW et de la sa filiale SPARAXIS SA par  un holding US basé au Delaware (autre paradis fiscal aux USA) via sa filiale luxembourgeoise AmTrust Holdings Luxembourg S.A.R.L . Coût de l’opération pour AmTrust Holdings Luxembourg : 102,8 millions USD de cash, un goodwill de 18,7 millions USD et des provisions fiscales pour 28,1 million USD. ReA Fin SA a changé de nom en 2016 en  AmTrust Re Taurus SA.

 Parmi les administrateurs de ReA fin SA, on retrouve des noms connus dans le milieu de Marcourt et de la SRIW :

Bernard Marchand: ancien bourgmestre de Chastres comme son papa, patron du MR du Brabant wallon, est entré à la SRIW en 1989, après avoir été au Cabinet de Jean Gol dès 1974. Un cumulard très grand format lorsqu’il était « visible » en politique. La discrétion même, ce garçon…

Jean Sequaris, ex-chef de cabinet (décédé) du liégeois Michel Hansenne (PSC/CdH), Bernard Marchand (Cumuleo), âme damnée du MR, Marc Van Belleghem,  Sébastien Durieux, Olivier Vanderijst (Président du Comité de Direction de la SRIW) et les publications trouvées au Mémorial luxembourgeois ne font pas toujours apparaître leur qualité d’administrateur représentant la SRIW, SPARAXIS ou s’ils sont là à titre privé. Plus gênant, le mandat de Jean Sequaris n’a pas été repris dans sa déclaration de mandats de 2013. Oubli ?

Enfin, les rapports de gestion de la SRIW ne mentionnent pas cette prise de participation du Groupe dans la société d’assurances luxembourgeoise. Il a fallu aller rechercher le bilan consolidé du Groupe déposé à la Banque Nationale de Belgique pour trouver trace de l’opération de rachat de la participation de la SRIW et indication de la participation effective du Groupe dans cette société luxembourgeoise.

L’enquête de la Rédaction du Peuple a pu mettre à jour d’autres participations du Groupe SRIW :

Ginkgo Management S.à r.l. (l’actionnaire principal réside en Suisse), Vesalius Biocapital I S.A. SICAR, Vesalius Biocapital II S.A. SICAR, ECOTERRES LUXEMBOURG S.A. (via ECOTECH FINANCE SA, une autre filiale de la SRIW). Ces sociétés étrangères n’apparaissent pas au bilan du groupe SRIW.

Se pose une question gênante : Que fait la SRIW dans cette galère naviguant en eaux étrangères fiscalement avantageuses.

La SRIW est dans son rôle quand elle soutient l’investissement de l’entreprise aéronautique Sonaca à Gosselies, très bien dirigée par Bernard Delvaux, mais des participations spéculatives à Luxembourg? Qui ne figurent pas au bilan?

Sous-questions :

  • Quel bénéfice la Région wallonne retire-t-elle de ces prises de participation spéculatives dans des sociétés établies au Luxembourg, en termes de retombées économiques pour la Wallonie et de création d’emplois wallons ?
  • La SRIW respecte-t-elle dans ces cas sa lettre de mission rappelée en début d’article ?
  • Est-il politiquement éthique qu’un holding à 100% aux mains du Gouvernement wallon utilise des fonds publics au profit de sociétés de droit luxembourgeois, alors que ce même gouvernement fusille le capitalisme sauvage, les paradis fiscaux et les intérêts notionnels ? (Rappelons que le Groupe SRIW n’a payé que 0,13% d’impôts à l’Etat fédéral en 2015 et 7,6% en 2014.)

Le 26 mars 2015, Le Peuple titrait : « Le holding BE Fin S.A. de la Région wallonne payait un de ses employés 1.230€ bruts de l’heure » et dénonçait la perte de 5 millions € en cinq ans dans la participation hasardeuse de la SRIW (via sa filiale BE Fin SA) au capital de la société belge SECOBOIS SA acculée à la faillite et laissant 23 salariés sur le carreau. Cette faillite survenait après celle de NEOCHIM et dont BE Fin SA a dû essuyer les plâtres. Aussi problématique : l’entrée de la SRIW au capital de CELIO AS, une minuscule société anonyme tchèque établie à Litivno, société sans filiale en Belgique et concurrent potentiel des sociétés wallonnes oeuvrant dans la filière du traitement des déchets.

Rien de nouveau sous le soleil (?) wallon : les intérêts du citoyen ne sont pas ceux des dirigeants et administrateurs de ce holding public. Il y a matière à creuser sur les intérêts de chacun dans ces investissements douteux…

P.H.

Sources

https://opencorporates.com/statements/380387310

https://opencorporates.com/statements/380299464

https://opencorporates.com/statements/377453159

https://opencorporates.com/statements/377500869

https://opencorporates.com/statements/329952125

https://www.cumuleo.be/mandataire/2239-jean-sequaris.php

http://opengazettes.com/gazette_notices/380425305

http://www.marketwatch.com/story/10-k-amtrust-financial-services-inc-2014-03-03

http://ir.amtrustgroup.com/secfiling.cfm?filingid=1365555-14-49&cik=

http://opengazettes.com/gazette_notices/377520299

http://opengazettes.com/gazette_notices/329819437

 

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