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Les « révélations » des Paradise Papers n’en sont pas vraiment. Ce n’est que de l’optimisation fiscale, très légale. Le Soir « révèle » que Nike regroupe les bénéfices de ses activités en Europe dans une société faîtière aux Pays-Bas, où ces bénéfices sont à peine taxés. Scandaleux ? Mais non ! D’abord, parce que Nike donne plus de 3.000 emplois peu qualifiés à la Belgique. Et puis, pendant des décennies, la Belgique a joué le même jeu avec les « centres de coordination » réservés aux grandes multinationales qui rapatriaient leurs bénéfices, non taxés dès lors qu’ils étaient regroupés au sein de leur centre de coordination de Bruxelles. C’est en plus un ministre socialiste flamand, le ministre Claes, dont la vie politique s’est arrêtée pour corruption, qui avait inventé le système des centres de coordination, une aide à l’évasion fiscale en quelque sorte…

Choisir la voie la moins taxée est bien naturel, puisqu’entreprises et particuliers sont littéralement écrasés d’impôts pour permettre à nos états européens de fonctionner. Notre fiscalité belge est plus du double de la fiscalité américaine, et nous avons aussi nos pauvres, par centaines de milliers, n’en déplaise aux socialistes ! La politique sociale de la social-démocratie ne nous met pas à l’abri de la pauvreté, au contraire !

La fraude naît à cause de l’inquisition fiscale

Dans un excellent éditorial de l’Echo, le rédacteur en chef, Joan Condijts, donne une double explication, très juste; l’évasion fiscale existe parce que :

  • C’est la nature humaine de penser d’abord à soi, aux siens et à sa « tribu » plutôt qu’à l’avenir du pays ou de l’humanité. Les citoyens se montreraient gourmands, envieux, avares ou égoïstes ? Quoi de plus normal…
  • L’état Belgique est le champion du MONDE de la fiscalité, avec les pays scandinaves qui – eux – sont bien gérés. Mais chez nous, la multiplication des parlements et des fromages politiques est écoeurante, la corruption est omniprésente dans les partis traditionnels: voir les derniers développements du Kazakhgate où le MR est empêtré ou l’exploitation des structures intercommunales par les élus du PS ou encore le népotisme général du monde politique où les « fils de » pullulent, dans notre démocratie héréditaire…

Bref, la plupart des Belges qui gagnent un peu d’argent considèrent que frauder le fisc, en petit avec des notes de frais ou en grand par évasion fiscale, c’est quasiment un devoir pour chaque citoyen ! On peut le comprendre.

Comme l’écrit L’Echo, il faut changer le système, « en redonnant du corps à une société qui se fracture sur des inégalités sociales ». Il faut à tout prix relancer l’ascenseur social. L’évasion fiscale et la déglingue du pays, géré par un système à bout de souffle, ce n’est pas un cercle définitivement vicieux. L’absence de moralité en politique, c’est un mal devenu européen, le non-respect des règles par les citoyens, fait partie d’un estompement général de la norme. Aux Etats Unis, les taux de prélèvement fiscal sont très bas, mais l’évasion fiscale est brutalement réprimée. Parfait !

Vers la révolution fiscale

Dans un monde ouvert, la révolution fiscale ne peut « simplement » transférer la fiscalité, du travail vers « le capital » qu’on effraie en le faisant fuir ailleurs, en Asie par exemple. C’est déjà le cas aujourd’hui. Et puis, le pensionné qui a réussi à se faire un « bas de laine » à force d’effort, n’apprécie pas que le fisc de cet état kleptomane, vienne lui piquer tous les ans un « précompte » sur les bénéfices de ces économies accumulées après-impôt, en lui piquant encore un pourcentage – aussi faible soit-il – au moment du transfert de son « capital » à ses héritiers. Marre de l’état !

Il faut redresser le pays et le premier message qu’entendront les citoyens (fraudeurs), c’est que l’on nettoie les structures de l’état au karcher, en supprimant tous les fromages politiques. Le premier pas, c’est le cadastre des machins subventionnés par l’état, les régions, les provinces, les communes. Monsieur Borsus à la Région wallonne promet qu’il va commencer. On lui laisse le bénéfice du doute.

Le Belge acceptera en maugréant une fiscalité rigoureuse lorsqu’on aura nettoyé cet état en voie de pourrissement avancé. Lorsque le coût du fonctionnement de l’état aura été réduit de 30%, lorsque nos multiples parlements croupions ne pourront plus légiférer que s’ils suppriment d’autre part un ou plusieurs textes législatifs.

Vous trouvez normal en tant que citoyen, de payer 21% de TVA sur tout ce que vous achetez ? En plus du contenu fiscal du produit acheté (ce que l’entreprise productrice a déjà dû payer comme impôt, qu’elle inclut dans son prix  – Ndlr) et en plus de vos impôts de personne physique ?  La taxe de transmission américaine (différente d’un état à l’autre) est de moins de la moitié de nos taux de TVA…

Comment attendre que les entrepreneurs entreprennent si on les exploite, si on leur tombe sur le dos avec des contrôles fiscaux en permanence ? Marre de la gestion des Charles Michel, Elio Di Rupo et des prédécesseurs : aucun effort n’est fait. On ne fait qu’augmenter l’impôt ou le « faire glisser » sous un autre intitulé. Voyez le pitoyable budget de l’état, en voie d’être recalé par la Commission européenne.

L’offre politique nouvelle est là ; les communistes du PTB prêts à nationaliser tout et à nous appauvrir tous, ou le Parti Populaire qui veut d’abord nettoyer les écuries d’Augias de cet état belge en déliquescence. C’est à cette condition seulement qu’on pourra exiger des efforts des citoyens et pratiquer de la rigueur fiscale bien comprise.

L.R.

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