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Jeudi dernier, une fusée Ariane 5 a placé sur orbite 4 satellites d’un coup. Il s’agissait des satellites 15, 16, 17 et 18 destiné au système de géolocalisation européen Galileo.

Les services de base du système GALILEO nécessitent un minimum de 14 satellites fonctionnels pour débuter les prestations. Il est donc prévu un démarrage des offres initiales en décembre ou janvier 2017.
A terme, 30 satellites (incluant 6 exemplaires de remplacement) orbiteront pour offrir toutes les fonctionnalités prévues. Chaque satellite de 700 kg, circulera sur une orbite à 23.222 km dans trois plans orbitaux distincts.

Galileo sera plus performant que le système GPS (Global Positioning System) américain, que nous utilisons actuellement, que le système Russe (GLONASS), que le système chinois BEIDOU, ou que le futur système Indien (IRNSS).

Les définitions techniques de GALILEO ont commencé en 1999. Un accord de lancement du projet a été conclu le 26 mai 2003 entre l’Union Européenne et l’Agence Spatiale Européenne (les deux étant co-responsables du projet). L’investissement initial estimé du programme était de plus de 3,4 milliards d’euros, avec des frais de fonctionnement annuel de l’ordre de 220 millions d’euros. Ces chiffres ne sont présentés que pour information, car ils ont évidemment été adaptés au fil du temps.

Depuis cette date, de très nombreux partenaires ou sous-traitants se sont joints à GALILEO, comme fournisseurs, comme acteurs ou comme gestionnaires d’une partie des « segments ». Nous citerons entre autres et en vrac (liste évidemment non exhaustive) : Airbus Group, Thalès (France), Inmarsat (UK), Alcatel (France), Finmeccanica (Italie), AENA (Espagne), Hispasat (Espagne), SSTL (UK), OHB-System (Allemagne), l’Agence Spatiale Russe (Roscosmos), TsSKB (constructeur russe des fusées Soyouz), etc…

Il est impossible de citer tout le monde, mais l’on peut voir que GALILEO a rassemblé des entreprises comptant parmi les meilleures en Europe dans leurs domaines.

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Nous passons sous silence les difficultés rencontrées : politiques, technologiques, financières qui ont ralenti le parcours de cet audacieux projet. Même les Américains ont souhaité entraver l’éclosion de GALILEO.

Au fil du temps, des pays non EU, se sont joints comme partenaires, contributifs pour certains, comme la Chine, la Norvège, L’inde, Israël, le Maroc, la Suisse, l’Ukraine. Des discussions de partenariat se sont ouvertes avec au moins 8 autres pays.

Quelques mots sur les différents systèmes concurrents.
Le GPS (USA) est constitué de 31 satellites « actifs ». Il était prévu initialement pour l’armée américaine. Il a une précision de 5 à 10 m pour le grand public. Il est évident que les performances militaires sont certainement bien meilleures, mais tenues secrètes.
Le système GLONASS est basé sur l’usage de 30 satellites dont au moins 24 sont opérationnels. Sa précision pour le grand public est de l’ordre de 3 à 5 m. Là aussi, c’était un système essentiellement militaire au début, et comme pour le GPS, ses performances militaires sont confidentielles.
Le système BEIDOU, qui sera totalement opérationnel en 2020, aurait une précision grand public de l’ordre de 3 m. Il sera composé à terme de 40 satellites.
L’Inde est dans une phase de construction d’un système (IRNSS) de 7 satellites.
Il est évident que tous ces systèmes sont complétés par des stations terrestres qui sont chargés de veiller à une opérabilité maximale de tous les composants.

Quels avantages réels présente GALILEO qui seront totalement exploitable en 2020 ?

– Une précision grand public gratuite de moins de 4 mètres horizontal et 8 m vertical. Mais le service payant apportera une précision allant très largement en-dessous du mètre ! Autrement dit une perfection permettant toutes les applications possibles dont nous donneront quelques exemples en fin d’article.
– Un service de datation permettant de dater les évènements avec une précision de l’ordre de la nanoseconde (milliardième de seconde).
– En principe GALILEO n’a pas été conçu pour un usage militaire, toutefois l’histoire bouleversant toutes les prévisions, un usage « gouvernemental » est effectivement envisagé.

Avec GALILEO, le calcul d’une position résulte d’une synchronisation de signaux entre quatre satellites émetteurs, des stations au sol, et d’un appareil récepteur. Les horloges atomiques embarquées sont très récentes et donc très précises.

Ce qui permet un positionnement dans un temps de l’ordre de la nanoseconde.
Il faut comprendre qu’une nanoseconde équivaut à un décalage ou un écart de 30 cm !

Les applications / utilisations DE GALILEO sont très nombreuses et variées. Bien entendu, il s’agit pour n’importe quelle personne de pouvoir se positionner à l’aide d’un simple smartphone, n’importe où, n’importe quand et par extension tout objet connecté pourra être localisé avec une précision incroyable.

Tous les domaines seront impactés : la sécurité en général, mais plus spécifiquement, la sécurité maritime, aérienne, portuaire, fluviale, autoroutière. Le transport avec la localisation des flottes de camions, d’engins, de bateaux, etc…

Ce système sauvera des vies humaines, révolutionnera de très nombreuses industries. Fera épargner beaucoup de recherches et donc des dépenses inutiles.
Les exemples de « services » foisonnent, il suffit de rêver.

Il faudra simplement placer des balises réceptrices aux emplacements idoines !

Longue vie au système GALILEO !

JACQUES D’EVILLE

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