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Le Roi, la Reine, le ministre des Affaires étrangères (Didier Reynders), un secrétaire d’état au commerce extérieur (Pieter De Crem), passe encore. Mais que vont faire en Inde Willi Borsus (région wallonne), Rudi Vervoort (région bruxelloise), Rudy Demotte (ministre-président du n’importe quoi), à part se payer des vacances de luxe aux frais du contribuable ?

Nous les entendons d’ici : « Le Peuple se vautre à nouveau dans le populisme ! ». Si s’inquiéter de la destination de nos impôts (74 % d’un salaire moyen !) est du populisme, alors nous revendiquons le qualificatif de « populiste ».

Il faut croire que le « populisme » inquiète un peu ces excellences qui nous gouvernent : une photo « de famille », réunissant devant le Taj Mahal le Roi, la Reine, les ministres et toute la délégation (nous avons dénombre une centaine de personnes) a brusquement disparu des réseaux sociaux officiels pour être remplacé par un portrait du couple royal, seul devant le Taj Mahal.

Nous revendiquons aussi le titre de « populistes », parce que nous réclamons les résultats concrets de ces coûteux déplacements. Dans la plus petite entreprise, un déplacement doit être justifié – pas seulement pour les frais dépensés, mais aussi pour ce que cela a apporté à la firme.

Or, quand on interroge le gouvernement bruxellois, personne ne peut apporter une réponse précise. Pire : la plupart des fonctionnaires interrogés ne savent pas où ils pourraient trouver le rapport d’une visite officielle à l’étranger !

Certes, question d’épater la galerie, les ministres-présidents régionaux, dès leur retour, exhibent des chiffres mirobolants de « contrats destinés à créer de l’emploi ». Mirobolants, mais fantaisistes. La plupart des entrepreneurs accompagnant la délégation royale dans un pays comme l’Inde ont déjà fondé une entreprise sur place ! La visite royale est, pour eux, un instrument de relations publiques, mais cela ne signifie pas une amélioration spectaculaire du business.

Quant aux investissements en Belgique, c’est souvent du vent. Ainsi, à la suite d’une visite royale en Arabie saoudite (à laquelle avait participé toute la smala politicienne fédérale, régionale, sous régionale et du n’importe quoi), on nous avait annoncé un « méga-investissement » du royaume wahhabite dans le port d’Anvers : pas moins de 3,7 milliards d’euros pour une usine de traitement de déchets chimiques. Un pactole social : 900 emplois allaient être créés !

Deux ans après, en mai 2017, les Saoudiens annonçaient que l’affaire ne se ferait pas. Adieu, veaux (halal), vaches (à lait), cochons (horreur!), emplois…

Pour le reste, les effets des visites royales ne sont pas d’une visibilité aveuglante. Les multiples visites, royales ou autres, aux Etats-Unis ne ramènent pas les investisseurs américains, qui se méfient de la Belgique, ses taxes, ses éoliennes, son islamisation rampante (c’est eux qui le disent), ses joyeux terroristes, ses scandales, ses ponts qui s’écroulent et ses grotesques agitations contre les traités internationaux.

Ces mêmes visites exotiques n’empêchent pas les Chinois de choisir les Pays-Bas et la France, de préférence à la Belgique. Et pour ce qui concerne l’emploi, nous attendons encore les baisses spectaculaires du chômage et les nouveaux postes dans les entreprises de tous ces beaux pays lointains qui allaient investir massivement dans le bocage hesbignon et les contreforts molenbeekois.

Détail significatif : sur la photo de groupe, devant le Taj Mahal, n’apparaît pas le ministre-président flamand, Geert Bourgeois. Il avait plus intéressant à faire en Flandre, dont il s’occupe de la bonne santé. Au contraire, MM. Borsus, Vervoort et Demotte avaient du temps à perdre et bien le droit de s’offrir quelques jours d’agrément dans le pays qui vit naître le Bouddha, Krishna et Vishnou. D’autant plus agréablement que la note sera acquittée par le contribuable ! 

Vervoort, Borsus et Demotte vont-ils nous rapporter un souvenir de New Delhi ?

D.K.

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