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15 juillet, date cruciale dans l’histoire de l’Europe et de la Belgique. Le samedi 15 juillet 1099, Godefroy de Bouillon lança l’assaut victorieux contre les occupants de Jérusalem.

Il est de bon ton aujourd’hui de céder au révisionnisme historique, et même au négationnisme, en dénigrant les Croisés qui, partis d’Europe en 1096, mirent trois ans pour parvenir à Jérusalem et la délivrer.

Selon les cuistres gauchistes et islamophiles, la première croisade se réduit à une succession de massacres, une accumulation de pillages par des sauvages sans foi ni loi.

Des massacres, il y en eut. Des pillages, il y en eut. Des ambitions territoriales et de frénétiques chasses aux trésors, il y en eut. Reste que les documents d’époque concordent sur une certitude : Godefroy de Bouillon évoluait au-dessus des médiocrités de certains de ses frères d’arme.

La figure du jeune seigneur de Bouillon (est né vers 1060) subit récupérations et maquillages, notamment lorsque la Belgique d’après 1830 se cherchait des traditions, des hauts faits d’armes et des emblèmes d’une sorte de « Belgique éternelle ». Godefroy se vit embarqué dans une geste héroïque complètement fantasmée, mais appelée à cimenter l’unité belge. L’historien Henri Pirenne contribua résolument à cette vision, souvent usurpée, du passé de la Belgique.

Disons-le tout de suite : Godefroy de Bouillon ne fut pas belge, au sens où l’on entend cette qualification aujourd’hui. Il était le seigneur d’un territoire, tantôt familial, tantôt conquis par les guerres, tantôt par récompense pour la fidélité au suzerain.

Jusqu’à la révolution française, un paysan, un artisan ou un bourgeois des cilles ne se sentait pas français, belge, italien ou allemand : il se disait « du seigneur de Bourgogne, de Flandre, de Carinthie, deParme, etc ». En ces temps éloignés, le peuple ne glorifiait pas l’état-nation, comme c’est le cas aujourd’hui.

La croisade était indispensable

Naguère, les manuels d’Histoire présentaient la croisade comme une entreprise de libération du tombeau du Christ. Et c’est vrai : sous l’occupation arabe-turque, l’accès aux lieux sacrés des Chrétiens (tombeau du Christ, via dolorosa, Golgotha, etc) réservait de fâcheuses surprises aux pèlerins.

Nombreux étaient les récits de malheureux soumis aux humiliations, aux contributions financières indues, à la réduction en esclavage, à l’arbitraire des occupants, aux tortures suivant le refus de se convertir à l’islam, sans compter les exécutions sommaires.

Dans une prédication à Clermont (Auvergne), le 27 novembre 1095, le pape Urbain II appela les Chrétiens à se mobiliser pour la libération des lieux sacrés dans Jerusalem. Nous ne reviendrons pas sur le détail des répercussions de l’appel papal. Contentons-nous de relever que Godefroy de Bouillon l’entendit et passa aux actes, dès 1096.

Aussi courageux qu’il était pieux, Godefroy vendit tous ses biens – dont le château de Bouillon, avec une possibilité de rachat au prix coûtant, appelée « à réméré », en cas de retour au pays. La vidéo ci-dessus dresse une image honnête du rôle et des motivations du mouvement croisé.

L’entrée dans Jérusalem se solde par un gigantesque bain de sang. Dressant la geste de Godefroy, au XIIème siècle, le chroniqueur Albert d’Aix-la-Chapelle, écrit : « Nul n’a jamais vu pareil carnage de la gent païenne. Des bûchers étaient dis posés comme des bornes et Dieu seul sait leur nombre« . Le même prétend ailleurs que « les pieds des hommes (Croisés) étaient baignés (de sang) jusqu’au talon ».

Néanmoins, la première croisade représente un moment fort dans l’histoire de l’Europe. Jamais les Européens n’ont été aussi unis et n’ont présenté un bouclier aussi solide contre tous leurs ennemis.

Conquérants féroces et insatiables, les Ottomans convertis à l’islam occupaient des terres autrefois byzantines et arabes. Ils visaient les lambeaux de l’empire romain d’Orient, avant de s’en prendre à l’Europe.

La croisade de 1096-1099 retarda la chute de Constantinople de quatre siècles (29 mai 1453). Et à l’exemple de Godefroy de Bouillon, les Européens stoppèrent les hordes musulmanes devant Vienne (en 1529 et en 1683), les chassant de Hongrie et autres places fortes où les envahisseurs nourrissaient des projets de pillages d’un continent en plein essor.

Malmenée, détournée, dénigrée, exploitée, capturée pour des buts ignobles (ce fut le cas sous l’impulsion d’un autre enfant de Bouillon, Léon Degrelle, et son mouvement Rex), la figure de Godefroy de Bouillon mérite le respect.

Elle dérange les dogmes mondialistes et l’inculture des adeptes du « vivre ensemble », qui n’a rien de rassembleur, mais vise à imposer un nouvel ordre répressif. Ainsi, il s’est trouvé des politiciens militer pour la disparition de la statue de Godefroy de Bouillon, trônant sur la Place Royale à Bruxelles.

Ce ne serait qu’un outrage de plus à l’identité belge, aussi respectable que celles, célébrées dans d’autres pays, en Europe, au Moyen Orient, en Asie, aux Etats-Unis, fiers de leur passé, parfois bien plus récent que celui qui survit au travers de Godefroy de Bouillon.

L’imagerie populaire ne s’y trompe pas. La littérature pour la jeunesse et la bande dessinée n’ont pas boudé ce chevalier hors du commun. Celui-là même qui, au soir de la libération de Jérusalem, refusa les titres honorifiques, s’estimant indignes de « porter une couronne en or, là où le Christ porta une couronne d’épines« .

Tout acquis aux thèses anti-européennes, les « pédagogues » de la Fédération Wallonie-Bruxelles s’ingénient à salir la mémoire du duc Godefroy. Cela apparaît jusque dans les cours d’Histoire révisionnistes, seuls autorisés dans nos écoles. Et c’est sans doute là le vrai problème : non pas la mémoire de Godefroy de Bouillon, mais la Fédération Wallonie-Bruxelles n’selle pas néfaste à une société belge apaisée et intelligente ? 

G.M.

 

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