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Ils sont huit : 7 ministres et secrétaires d’Etat, plus le ministre-président, Rudy Vervoort. Ils se sont entourés de 515 membres de leurs cabinets, soit une moyenne de 65 cabinettards par ministre et secrétaire d’Etat !

A titre de comparaison, la région bruxelloise compte 1.183.545 habitants, la Flandre, 6.509.894. Et pourtant, Bruxelles compte autant de ministres (8) que la Flandre ! Et ces ministres flamands n’ont pas hérité de la flemme bruxelloise, puisqu’ils s’entourent de 294 cabinettards, soit 30 en moyenne par ministre. Presque la moitié qu’à Bruxelles pour une population 5,5 fois plus élevée.

Si on sait que la population bruxelloise est plus pauvre que celle de Flandre, les 515 cabinettards bruxellois sont pratiquement un luxe inouï, comme on pourrait se le permettre dans un émirat regorgeant de pétrole.

Les nominations antidémocratiques du PS

Lorsqu’un gouvernement arrive en fin de législature, les membres des cabinets espèrent être recasés dans les administrations. Quand ils sont 515 à être recasés, cela promet une furieuse bousculade !

Problème : comme les politiciens ont déjà placé des copains et copines un peu partout, on ne peut pas nommer 1 directeur et 27 autres sous-directeurs à la tête d’une administration – le personnel risque de se révolter et le peuple peut toujours gronder.

Or, pour le PS, il est primordial de placer ses pions dans les administrations. Imaginez que les socialistes soient remplacés par les libéraux à la tête de la région bruxelloise, en 2019. Si la tête des administrations est truffée de camarades, ces derniers peuvent renseigner le PS, dans l’opposition, sur ce qui se passe au gouvernement tenu par le MR (ou le Parti Populaire ?). Ils peuvent aussi saboter l’action du gouvernement en faisant traîner les dossiers.

Les nominations à la tête des administrations s’effectuent par le marchandage et non en fonction des compétences des candidats. D’ailleurs, le PS est passé maître dans les sales combines pour qu’il n’y ait qu’un seul candidat pour chaque poste à pourvoir ! De son côté, le Parti Populaire a inscrit dans son programme l’obligation d’appel à candidatures pour les postes importants dans les administrations. Il faut pouvoir récompenser les fonctionnaires méritants et souvent plus efficaces que les copains que le PS et les partis traditionnels imposent, au mépris des gens et de leur valeur. Ce devrait être une règle démocratique – elle est foulée aux pieds, notamment par le PS, mais aussi par le CDH, le MR, Ecolo et DéFI.

Pour placer les copains, on invente de nouveaux ministères !

A ce jour, à la tête des administrations bruxelloises, on compte 9 PS, 2 CDH, 2 OpenVLD, 1 Ecolo.

Depuis la 6ème réforme de l’Etat, la Région bruxelloise a été autorisée à organiser les ministères de la manière la plus profitable au public. Ce n’est évidemment pas le cas. Le « gouvernement » Vervoort s’est contenté de démanteler ce qui existait et, dans le meilleur des cas, de changer les noms des ministères, devenus des Institutions d’Utilité Publique (IUP).

Question de brouiller les cartes, Bruxelles se retrouve avec des Institutions d’Utilité Partisanes (IUP), dont les compétences se chevauchent, se contredisent, se doublent. Un vrai marasme.

Un exemple. Le 28 janvier 2016 le pouvoir PS a nommé un certain Christophe Soil à la tête de Perspective.Brussels, une institution chargée, entre autres, de la planification. Bizarrement, à la suite d’un appel à candidature, Soil était le seul candidat ! Sa qualité d’ancien chef de cabinet adjoint de Laurette Onkelinx a sans doute aidé à sa nomination.

Sentant que les prochaines élections risquent de ne pas se dérouler à son avantage, le PS multiplie en ce moment les nominations, afin de conserver le contrôle de Bruxelles, même si le PS n’est plus au gouvernement régional !

La démocratie est constamment bafouée par des partis qui n’ont que le mot « démocratie » à la bouche. Et « transparence », alors que toutes ces manœuvres se passent dans l’obscurité la plus totale.

Tant que l’on maintiendra les partis traditionnels au pouvoir, sans leur imposer des partis de rupture, tel le Parti Populaire, les mauvaises habitudes et l’escroquerie à l’égard du citoyen se poursuivront jusqu’aux calendes grecques.

Vite, le renouveau !

F. Molnar

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