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Echec ? Pas tout à fait, selon les syndicats…Quoique… Au soir du 10 octobre, les privilégiés du syndicat socialiste CGSP (Centrale Générale des Services Publics) sont rentrés chez eux, éméchés certes (les camions Jupiler donnaient une version ludique des autopompes), mais un goût de cendre sur la langue et, si l’on ose dire, la queue entre les jambes.

La mobilisation a fait pschitt. A Arlon, pas moyen de rassembler plus de 200 syndiqués – à l’inauguration d’un magasin Ikea, on voit plus de monde. A Bruxelles, sans le blocage des trams, bus et métro, on aurait pu croire à une journée normale. Mêmes topos à Liège, Namur et Charleroi.

En dépit des efforts herculéens de la presse subsidiée pour faire croire à un début de révolution d’octobre, le discours de Charles Michel à la Chambre a fait mieux que le syndicat téléguidé par le PS.

Au passage, remarquez un petit truc très journalistique, version 2017 : les caméras étaient dans la foule, ce qui donne l’impression d’une foule rassemblée dans les rues. Lorsqu’il y a réellement une foule, les caméras se positionnent sur les toits pour montrer la marée humaine. Ce ne fut pas le cas, ce mardi 10 octobre !

En fait, la plupart des syndiqués et même des syndicalistes ne savaient pas très bien pourquoi ils manifestaient. Contre la médiocrité des pensions ? Il aurait fallu manifester contre le patron de la FGTB, Rudy De Leeuw, et celui de la CSC, Marc Leemans, qui siègent à la Banque Nationale, entre autres mandats, où l’on se ménage des pensions en or ! Contre le chômage des jeunes ? Mais la FGTB et la CSC ont licencié récemment du personnel !

Le réveil au matin du 11 ne fut pas plus réjouissant. Il a fallu rattraper le retard du jour de grève – les éboueurs auront toute la semaine pour apprécier les tournées de deux jours en un. Les fonctionnaires, empêchés de gagner leur bureau par des piquets de grève avinés, verront apparaître le spectre des heures supplémentaires et devront affronter des citoyens mécontents.

Et tout ça, pour rien. Dans son discours au parlement, Charles Michel a fait comme si la grève n’existait pas ; il s’est contenté de quelques belles paroles en faveur du service minimum et puis a produit des chiffres d’emploi – en hausse, selon lui, alors que la Belgique traîne en bout de queue pour ce qui concerne la reprise économique en Europe. Très civil, il n’a pas évoqué la formidable responsabilité des syndicats dans le mal belge.

De toute cette agitation, il ressort une évidence, soulignée par le Parti Populaire : les syndicats ne servent plus que les intérêts des partis traditionnels et ceux des syndicalistes. Pas des syndiqués. Pas du monde des travailleurs. Pas les intérêts du citoyen.

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