Print Friendly

Guerre des Six Jours

La Guerre des Six Jours (hébreu : מלחמת ששת הימים, ‘Milhemet Sheshet HaYamim’) fut la première grande tentative des pays arabes de détruire Israël depuis 1948. Elle opposa du 5 au 10 juin 1967 Israël à une coalition de 4 pays arabes : l’Égypte, la Jordanie, la Syrie et l’Irak. La guerre fut déclenchée par Israël en tant que guerre préventive lorsqu’une attaque de l’Égypte se fit imminente. Les premières heures de la guerre ont été marquées par l’Opération Focus qui permit la destruction de la majeure partie des forces aériennes égyptiennes en l’espace de 3 heures. A l’issue de six jours de combats intenses sur trois fronts, les forces israéliennes avaient conquis le désert du Sinaï et la bande de Gaza au sud, Jérusalem-Est et la Judée-Samarie à l’est et le plateau du Golan au nord.

I. Contexte

La Guerre des Six Jours (hébreu : מלחמת ששת הימים, ‘Milhemet Sheshet HaYamim’) fut la première grande tentative des pays arabes de détruire Israël depuis 1948. En novembre 1966, une alliance militaire fut signée entre l’Égypte et la Syrie, qui les engageait réciproquement dans le cas d’une guerre impliquant l’un des deux pays. Dans le cadre de cette alliance, la Syrie était également encourager à envenimer les tensions avec Israël, qui atteignirent leur point d’orgue au printemps 1967. Le 7 avril, un incident mineur à la frontière israélo-syrienne dégénéra en une bataille aérienne au-dessus du Golan, au cours de laquelle six avions syriens Mig-21 furent abattus au-dessus du lac de Tibériade. Le coup porté au prestige syrien était rude et suscita au sein du régime une crainte sérieuse quant à son avenir, en particulier à la lumière de l’avertissement lancé par le Chef d’État-major israélien Yitzhak Rabin. La Syrie prétendit alors qu’Israël concentrait des forces à la frontière et l’Union Soviétique continua à diffuser cette fausse information et la transmit notamment à l’Égypte le 13 mai en tant qu’information véridique.

Le président égyptien Gamal Abdel Nasser fut incapable de prendre du recul et de prendre ses distances vis-à-vis du traité de défense qui liait l’Égypte et la Syrie. Le 14 mai 1967, l’Égypte mobilisa ses forces dans le canal de Suez et dans le Sinaï, un mouvement alors largement couvert par les médias. A ce stade, le président Nasser n’avait pas l’intention d’entrer en guerre. Il souhaitait obliger Israël à concentrer ses forces sur la frontière égyptienne afin d’éliminer la menace supposée sur la Syrie, et ainsi démontrer la crédibilité de la force de dissuasion égyptienne et prouver sa détermination à aider un autre état arabe. Le 16 mai, l’Égypte déplaça ses forces dans le désert du Sinaï vers l’est en direction de la frontière israélienne, réclamant le retrait des forces d’urgence de l’ONU (UNEF) stationnées le long de la frontière depuis 1957. Le secrétaire de l’ONU refusa, mais le 19 mai, les Égyptiens expulsèrent les forces de l’ONU (UNEF) de la bande de Gaza et du Sinaï et continuèrent à envoyer leurs soldats en masse dans ces régions.

Israël fut informé de l’incursion des troupes égyptiennes dans le Sinaï lors de la parade du Jour de l’Indépendance. La réaction fut retenue, des mesures d’alerte furent tout de même prises, mais le retrait des forces de l’ONU modifia la situation. Le 22 mai, la situation s’aggrava avec la décision du président égyptien d’interdire aux navires israéliens le droit de pénétrer dans le détroit de Tiran, ce qui, pour Israël, constituait un casus belli. Cette action égyptienne fut considérée comme une provocation directe visant à mettre à mal la force de dissuasion israélienne.

II. Début de la Guerre

Événements ayant conduit à la Guerre des Six Jours

Événements ayant conduit à la Guerre des Six Jours

La concentration des forces égyptiennes dans le Sinaï se poursuivit et Israël renforça également sa présence dans le sud du pays, mais essaya à ce stade de trouver une solution diplomatique. La sollicitation de l’ONU et de ses compétences ne donna pas de résultats. Les États-Unis demandèrent à Israël de patienter et de donner sa chance à une action diplomatique, ce qu’Israël accepta. Le pays entra dans une période surnommée “période d’attente”.

En Israël, les dirigeants estimaient que malgré la gravité de la fermeture du détroit de Tiran aux navires israéliens, le danger réel provenait de la concentration des forces égyptiennes dans le Sinaï, de la coopération militaire entre l’Égypte et la Syrie, et du rassemblement des armées du monde arabe autour de l’Égypte. En effet, du 24 mai au 4 juin, répondant à l’appel lancé par les Égyptiens, les gouvernements de Jordanie, d’Irak, d’Arabie Saoudite, de Syrie et du Liban dirigèrent leurs armées vers les frontières israéliennes. En réponse à cette initiative, Israël mobilisa ses réservistes et lança une campagne diplomatique visant à gagner le soutien international pour mettre fin au blocus dans le détroit de Tiran. Le point culminant de cette collaboration entre pays arabes fut atteint le 30 mai, lorsque la Jordanie signa un traité de défense mutuelle avec l’Égypte et choisit de déléguer le commandement de son armée à l’Égypte. A ce stade, une solution diplomatique ne semblait plus réaliste, le danger d’une attaque initiée par les armées arabes était devenu évident et l’opinion selon laquelle il était inévitable de prendre l’initiative devenait grandissante. Le 1er juin, un gouvernement d’unité nationale fut formé et Moshe Dayan reçut le portefeuille de la défense des mains du Premier Ministre de l’époque, Lévi Eshkol.  Le 4 juin, le gouvernement prit la décision de lancer une opération d’autodéfense contre la menace que faisait peser l’Égypte et le 5 juin, les forces de l’Armée de Défense d’Israël commencèrent à être déployées.

III. Lutte sur le Front Égyptien

L’essentiel des forces de Tsahal fut déployé sur le front égyptien, alors que des forces relativement peu nombreuses furent laissées sur les autres fronts dans le but unique de freiner les forces ennemies. La guerre fut déclenchée par une attaque matinale de l’Armée de l’Air Israélienne sur les aérodromes égyptiens, lors d’une opération planifiée et opportune, l’Opération Focus (hébreu : מבצע מוקד, ‘Mivtsa Moked’). En l’espace de 3 heures, la majeure partie des forces de l’Armée de l’Air égyptienne fut détruite et Tsahal s’assura ainsi la supériorité aérienne sur l’Égypte. Par la suite, les avions de l’Armée de l’Air israélienne opérèrent également contre les aérodromes syriens, jordaniens et irakiens, en réaction aux opérations des armées de l’air de ces pays.

En l’espace de 3 heures, la quasi-totalité de l’aviation égyptienne fut détruite au sol grâce à l’Opération Focus

En réponse au déploiement des forces égyptiennes dans le Sinaï, 3 divisions furent actionnées : la 84ème Division sur l’axe nord, la 38ème Division sur l’axe central et la 31ème Division sur le territoire compris entre ces deux axes. Deux brigades furent également déployées, l’une en face de la bande de Gaza et l’autre dans la région d’Eilat. C’est le Commandant du Commandement régional, le Général de Division Yeshayahou Gavish, qui dirigeait l’ensemble des forces. Sept divisions égyptiennes, dont 2 divisions blindées, étaient opposées à Tsahal.

Journée du 5 juin

La 84ème Division fit une percée dans la région de Rafah, en passant par Khan Younès sur le flanc sud. Puis la division conquit Cheikh Zouid, pénétra dans la zone de Jiradi et le soir venu s’installa à proximité d’el-Arich. La 31ème Division se déplaça le long de Wadi Haridin et se stabilisa près de Bir Lahfan dans le but de freiner les forces égyptiennes qui tenteraient de se diriger vers les deux autres divisions. Durant la nuit, la 31ème Division élimina les forces blindées égyptiennes venues à sa rencontre.

La 38ème Division, composée d’une force combinée de soldats des Corps Blindé, d’Artillerie, du Génie Militaire et d’Infanterie, fit une percée dans la zone d’Oum Katef et attaqua le site de front et de côté. Le matin suivant, la prise du site fut achevée.

La 11ème Brigade entra dans la bande de Gaza à la suite de la Division Tal, s’empara d’une partie de la zone mais dut faire face à une résistance farouche. La 35ème Brigade de la 84ème Division fut alors envoyée en renfort. La force déployée à Eilat quant à elle encercla et neutralisa les forces ennemies qui lui étaient opposées.

Journée du 6 juin

Le 6 juin, la 84ème Division conquit la zone de Bir Lahfan et progressa vers Jebel Libni, sa “force granite” se dirigeant quant à elle sur l’axe côtier vers el Qantara. La 31ème Division mena une bataille de blindés contre blindés et prit le contrôle de Jebel Libni. La 38ème Division finit de dégager la zone d’Oum Katef et prit la route pour Kassima. La 11ème Brigade et les Parachutistes prirent le contrôle de la bande de Gaza et de la ville de Gaza, mais la prise de Khan Younès ne put être achevée.

L’avancée israélienne dans le Sinaï. Source : US Army

Journée du 7 juin

Le 7 du mois, la 84ème Division se dirigea vers l’ouest, conquit Bir Khama, neutralisa les forces blindées égyptiennes à Wadi Maliz, et s’empara de la jonction de Bir Gafgafa. La “force granite” continua son avancée sur l’axe côtier. La 38ème Division progressa vers le sud, conquit Katsayma et Jevel Harim. La 31ème Division prit le contrôle de Bir al-Hasna et Bir Tamda et avant la nuit parvint à bloquer la passe de Mitla et à éliminer les forces ennemies qui battaient en retraite. Le même jour, la conquête de la bande de Gaza fut achevée et la 35ème Brigade prit la route vers l’ouest le long de l’axe côtier.

Les torpilleurs de la Marine arrivèrent à Charm el-Cheikh, trouvèrent l’endroit désert, et hissèrent le drapeau israélien à cet endroit au milieu de la journée. Peu de temps après, une force aérienne arriva sur les lieux, mais la ville de Charm el-Cheikh avait déjà été conquise sans coup férir.

Journée du 8 juin

Le 8 juin, la “force granite” et la 35ème Brigade conquirent conjointement el Qantara. La 84èmeDivision prit le contrôle de la région de Bir Gafgafa et se dirigea vers l’ouest tout en combattant les forces blindées ennemies. Vers minuit, les forces de la division atteignirent le canal de Suez. La 38ème Division prit la route vers Nakhal, tendit une embuscade aux forces de l’ennemi qui battaient en retraite et les élimina.

Journée du 9 juin

Le 9 juin au matin, des soldats furent débarqués à Ras Soudar par hélicoptère. Ils prirent le contrôle du lieu et furent rejoints par la suite par les forces de la 31ème Division. Les forces de la 84èmeDivision les rejoignirent dans la région d’Ismaïlia et les forces qui sortaient de Charm el-Cheikh dégagèrent le littoral du canal de Suez les 8 et 9 juin. Ainsi fut scellée la prise de contrôle de la péninsule de Sinaï.

 

IV. Lutte sur le Front Jordanien

Comme mentionné précédemment, l’essentiel de l’effort de guerre israélien fut concentré sur le front égyptien, et l’intention israélienne n’était pas d’attaquer la Jordanie. Un message fut transmis à cet effet au Roi de Jordanie, demandant à la Jordanie de rester neutre, mais l’armée jordanienne qui était sous commandement égyptien reçu l’ordre d’ouvrir le feu. Les avions jordaniens attaquèrent le territoire israélien, mais l’Armée de l’Air israélienne riposta et élimina la menace aérienne jordanienne. Les Jordaniens ouvrirent le feu sur toute la longueur du front et les forces israéliennes, qui voulaient pourtant éviter d’être entraînées dans un échange de tirs, furent contraintes de répliquer. Le Chef d’État-major dut freiner le Commandant du Commandement de la Région Centre, Ouzi Narkis, qui faisait pression pour attaquer. Plus tard dans la journée, lorsque les manœuvres et les  tirs jordaniens devinrent plus dangereux, la décision fut prise de riposter.

Trois commandements régionaux opérèrent sur le front jordanien : le Commandement de la Région Centre dans la région de Judée-Samarie, le Commandement de la Région Nord dans le nord de la Samarie et le Commandement de la Région Sud dans la région du Mont Hébron. Contrairement aux forces israéliennes déployées sur le front égyptien qui manœuvraient selon un plan de conquête du Sinaï, les objectifs des forces opérant sur le front jordanien étaient plus limités et furent déterminés par la suite, en fonction des développements de la guerre.

Évolution de la situation sur la front jordanien. Source : US Army

Journée du 5 juin

Le 5 juin vers midi, les forces jordaniennes s’emparèrent de “l’Armnon HaNatziv” (Government House), où résidaient les observateurs de l’ONU. La 16ème Brigade reçut la permission de passer à l’attaque et récupéra l’endroit des mains des Jordaniens. Les forces progressèrent vers le sud et prirent le contrôle du voisinage de Sour Baher au sud-est de Jérusalem et du poste de “HaPa’amon”, isolant ainsi la partie est de Jérusalem de sa partie sud.

Parallèlement, le doute planait quant à l’avenir de l’enclave du Mont Scopus. La 10ème Brigade fut envoyée pour prendre contrôle de la zone. La mission fut remplie le lendemain matin lorsque la Brigade s’installa au sommet du mont au nord de Jérusalem.

La 55ème Brigade Parachutiste pénétra après minuit dans la zone de l’école de police et dans le quartier américain, et s’enfonça vers Jérusalem-Est. Pendant la nuit, la 4ème Brigade se mit également en action et s’empara de la zone de Latroun sans rencontrer de véritable résistance.

Au nord de la Samarie opérait la 36ème Division. La 45ème Brigade de cette division perça en direction de la Vallée de Dotan afin de s’emparer de la zone d’où provenaient les tirs d’artillerie jordaniens, qui faisaient peser une menace permanente sur la Vallée de Jezréel.

Journée du 6 juin

Le 6 juin à l’aube, la 55ème Brigade acheva la conquête de Givat HaTahmoshet (la Colline des Munitions), après un combat acharné, et prit le contrôle de Jérusalem-Est jusqu’aux murs de la vieille ville et au Musée Rockefeller, après d’âpres combats en zone urbaine. A ce stade, la jonction fut faite avec le Mont Scopus.

La 10ème Brigade se stabilisa au sommet du mont de la région de Shouafat au nord-est de Jérusalem, freina les forces jordaniennes qui montaient de l’est, et se dirigea vers le sud afin de faire la jonction avec les parachutistes après la prise des positions jordaniennes au nord de Jérusalem. Puis, la brigade se dirigea vers le nord et conquit Ramallah. Au sud de la ville, la Brigade de Jérusalem s’empara d’Abou Tor. Après la prise de Latroun, la 4ème Brigade progressa le long de l’axe situé au nord de Beit Horon.

Dans le nord de la Samarie, dans la zone du Commandement de la Région Nord, la 45ème Brigade pénétra dans Jénine, mais avant d’achever sa conquête, une partie de ses soldats tomba sur les forces blindées jordaniennes dans la Vallée de Dotan. La brigade sortit en hâte de Jénine et pendant la journée combattit les forces blindées jordaniennes dans la Vallée de Dotan. La brigade poursuivit son effort et s’empara de Yaabed le même jour.

Le Commandant de Division lança la 9ème Brigade à la conquête de Jénine et par la suite la 37ème Brigade Blindée fut actionnée pour attaquer les forces jordaniennes qui montaient en Samarie. La brigade fit une percée le long de l’axe d’Abou Daïf, progressa vers le sud et surprit l’ennemi lors d’une attaque nocturne dans la Vallée de Zabebida. Le même jour, la 5ème Brigade s’avança et gagna Qalqilya avant d’atteindre Azzoun.

Journée du 7 juin

Le 7 juin, les parachutistes conquirent la corniche d’Augusta Victoria et le quartier d’At-Tur, pénétrèrent dans la vieille ville par la Porte des Lions et atteignirent le Mont du Temple et le Mur Occidental (Kotel). Des hommes de la 16ème Brigade entrèrent par la Porte des Immondices. D’autres forces de la brigade s’en allèrent au sud, gagnèrent Bethléem et atteignirent Goush Etsion.

Soldats parachutistes israéliens devant le Mur Occidental (Kotel)

La 10ème Brigade descendit dans la Vallée du Jourdain et conquit la région de Jéricho. La 45ème Brigade prit le contrôle de la Vallée de Dotan et des carrefours au sud de la vallée, continua à progresser au sud dans la vallée, dans la région de Jiftlik. Une subdivision de la brigade qui avait conquis Yaabed se dirigea vers Naplouse. La 37ème Brigade conquit Tubas et pénétra dans Naplouse par l’est. Naplouse fut conquise à l’issue d’une bataille dans la ville et une bataille contre les forces blindées jordaniennes dans ses alentours. Les forces de la 5ème Brigade arrivèrent sur place par l’ouest.

Journée du 8 juin

Au cours de la journée du 8 juin, le contrôle complet de la Judée-Samarie fut scellé après la conquête de Hébron par la 16ème Brigade (Brigade de Jérusalem). Cette dernière joignit ses forces à celles du Commandement de la Région Sud au sud du Mont Hébron. Les 10ème et 45ème Brigades achevèrent la prise de contrôle dans la Vallée du Jourdain et firent exploser les ponts de Jordanie. Une force provenant de la région de Beit Shéan prit le contrôle de la partie nord de la vallée. Les 4ème et 5ème Brigades achevèrent la conquête de la partie ouest de la Judée-Samarie.

V. Lutte sur le Front Syrien

De façon surprenante, le front syrien était relativement calme au 5 juin. L’artillerie syrienne ouvrit le feu et des avions furent mêmes envoyés pour attaquer le territoire israélien, mais les dégâts causés furent limités. Les forces israéliennes ripostèrent et l’Armée de l’Air fut envoyée dans cette région et détruisit une partie des forces aériennes syriennes. Bien qu’étant préparés à une offensive contre Israël conformément à leurs plans, les Syriens préférèrent patienter que la situation s’éclaircisse sur les autres fronts et ne se pressèrent pas de répondre aux pressions égyptiennes d’attaquer. Le jour suivant, les Syriens exécutèrent toutefois une partie de leur plan d’attaque, en lançant une offensive au nord d’Israël. Ces attaques furent repoussées avec des pertes substantielles dans les rangs syriens.

Journées des 6, 7 et 8 juin

Les 6 et 7 juin, des tirs d’artillerie furent échangés et les avions de l’Armée de l’Air israélienne manœuvrèrent pour mettre l’artillerie syrienne sous silence. Le Commandant du commandement régional, David Elaza, souhaitait attaquer, mais le Ministre de la Défense refusa d’approuver cette décision. Le 8 du mois, l’Armée de l’Air, après s’être libérée de ses autres missions sur les autres fronts, se prépara à mener une offensive concentrée contre les Syriens sur le plateau du Golan, mais l’attaque fut annulée. Malgré cela, le commandement régional exigea le maintien d’un niveau de préparation élevé en cas de modification des instructions. Le Chef d’État-major donna toutefois l’ordre de déplacer les troupes qui avaient rempli leur mission sur les autres fronts, vers la région nord.

Développements sur le front syrien. Source : US Army

Journée du 9 juin

Le 8 juin au soir, une réunion ministérielle fut organisée afin de discuter de l’action à mener contre les Syriens. Le Ministre de la Défense s’opposa à l’ouverture d’un front supplémentaire par peur de l’implication potentielle soviétique. Cependant, le 9 juin au matin, après avoir été informé que l’Égypte avait accepté un cessez-le-feu, le Ministre de la Défense se rétracta et ordonna au Commandement de la Région Nord d’attaquer.

Tout d’abord, ce furent les brigades actives régionales qui furent lancées dans la bataille. La Brigade de la Vallée de la Houla attaqua et s’empara des postes militaires syriens dans la région de Gonen-Noutra. Un détachement de la Brigade de la Vallée du Jourdain partit en direction de Tawfik pour attaquer, mais l’offensive fut perturbée et annulée en raison des lourds bombardements syriens.

Pendant ce temps, la force qui avait fourni l’effort de guerre principal se préparait à faire une percée : il s’agissait de la 8ème Brigade que l’on avait faite venir tout droit du Sinaï, suppléée par la Brigade Golani. La 8ème Brigade surgit de Givat Haim près de Kfar Szold et se dirigea vers Zaoura. Tout en livrant bataille, le bataillon blindé progressa vers Kela, alors que les conditions du terrain devenaient de plus en plus difficiles et que l’opposition syrienne se durcissait. A la fin du combat, seuls deux chars blindés arrivèrent en bon état. La Brigade Golani suivit la 8ème Brigade et conquit les postes militaires de Tel Azaziat et Tel Facher. Une dure bataille se déroula pour la prise de ces positions. Les forces de la brigade prirent la route pendant la nuit en direction du site des ruines de Baniyas et en prirent le contrôle dans la matinée du 10 juin.

Dans l’intervalle, d’autres forces arrivèrent dans le commandement régional en provenance du théâtre d’opérations jordanien. La 37ème Brigade monta sur le plateau dans la région de Gonen, après la capture des postes avancés syriens de la zone. La 45ème Brigade conquit Tel Hamra pendant la nuit.

Journée du 10 juin

Le lendemain, le 10 juin, la percée dans le plateau du Golan se poursuivit, avec le sentiment que le temps passant, l’éventualité d’un cessez-le-feu augmentait. La 45ème Brigade se déplaça vers le nord du plateau et prit le contrôle de la zone de Missada. La 8ème Brigade conquit la ville de Quneitra, la 37ème Brigade quant à elle s’approcha de Kfar Napah. Les forces de la Brigade Parachutiste s’emparèrent de Tawfik et d’autres forces furent débarquées sur le terrain par hélicoptère et arrivèrent jusqu’à la jonction de Butmaia. Les forces régionales prirent le contrôle des positions syriennes le long du Lac de Tibériade, jusqu’au Pont des Filles de Jacob. Dans l’après-midi, la 10ème Brigade monta sur le plateau et progressa pendant la nuit jusqu’au village de Hoshania.

Le lendemain, des opérations de stabilisation de la ligne de cessez-le-feu continuèrent. La 10èmeBrigade prit la direction du sud jusqu’à la jonction de Butmaia, et dans le nord, la main mise sur la région de Quneitra et du nord du plateau fut assurée.

VI. Rôles Joués par l’Armée de l’Air et par la Marine

L’Armée de l’Air joua un rôle important dans la victoire israélienne. Grâce à ses frappes aériennes du début de la guerre, le corps assura à Israël la supériorité aérienne et la maîtrise aérienne sur le théâtre des opérations. En conséquence, les forces israéliennes ne furent presque pas attaquées du ciel, et les avions de l’Armée de l’Air purent assister les Forces Terrestres et réaliser des frappes préventives qui contribuèrent à amoindrir les forces ennemies. Les hélicoptères permirent de débarquer les troupes israéliennes directement en territoire ennemi et d’évacuer les blessés.

Grâce à ses frappes aériennes du début de la guerre, le corps assura à Israël la supériorité aérienne et la maîtrise aérienne sur le théâtre des opérations

La Marine quant à elle prit part au combat en assurant la sécurité des côtes de l’État d’Israël, en imposant un blocus sur les ports ennemis et en empêchant la flotte ennemie d’opérer. Le corps attaqua même certains navires ennemis. Les soldats du commando naval s’infiltrèrent dans le port d’Alexandrie et endommagèrent les vaisseaux qui y étaient amarrés. Les torpilleurs de la Marine furent les premiers à arriver à Charm el-Cheikh et prirent le contrôle de la zone.

VII. Fin de la Guerre et Échanges de Prisonniers

Le 10 juin, Tsahal avait achevé son offensive finale dans le plateau du Golan et un cessez-le-feu fut signé le jour suivant sous la pression de l’URSS et des États-Unis. Israël s’était emparé de la bande de Gaza et de la péninsule du Sinaï au sud, de Jérusalem-Est et de la Judée-Samarie à l’Est et du plateau du Golan au nord. La superficie du territoire israélien fut multipliée par trois et un million de résidents arabes dans les territoires fraîchement conquis passèrent sous autorité israélienne. En reconnaissance pour sa contribution, Rabin reçut l’honneur de nommer la guerre pour les israéliens. Il choisit la formule “la moins ostentatoire, la Guerre des Six Jours, évoquant les jours de la création”.

Israël après la Guerre des Six Jours

La Guerre des Six Jours donna lieu à de nombreux échanges de prisonniers après la capture de 15 soldats de Tsahal par les pays arabes au cours de la guerre (11 en Égypte, un en Syrie, 2 en Irak et un au Liban). L’Armée de Défense d’Israël quant à elle captura : 4338 soldats et 899 civils égyptiens ; 533 soldats et 366 civils jordaniens ; 367 soldats et 205 civils syriens.

Les tractations commencèrent dès la fin de la Guerre des Six Jours, le 15 juin 1967, et se terminèrent le 23 janvier 1968, avec la signature d’un accord avec l’Égypte stipulant la restitution des prisonniers de guerre. Dans le cadre de ces opérations d’échange de prisonniers, Israël récupéra un soldat et un officier de la Marine qui avaient été capturés au cours d’une opération réalisée en juillet 1967, 6 soldats du commando naval qui avaient été capturés au début de la guerre au cours d’une opération dans le port d’Alexandrie et quelques membres des services secrets israéliens opérant en Égypte.

En outre, 2 pilotes furent ramenés de leur captivité en Irak : le Capitaine Isaac Glantz-Golan et le Capitaine Gideon Dror, en échange desquels Israël libéra 428 prisonniers jordaniens. Dans le cadre des accords avec la Syrie, Israël libéra 572 prisonniers syriens contre un pilote israélien, les corps de 2 autres pilotes et le corps d’un autre Israélien qui avait été enlevé une année auparavant et qui n’avait par survécu à sa captivité.

Malgré de nombreux efforts, Damas refusa de transférer le corps d’Eli Cohen, l’agent du Mossad découvert et pendu à Damas. Dans le cadre des accords avec la Jordanie, 2 Jordaniens capturés furent libérés le 2 avril 1968 en échange du corps d’un soldat disparu (2 autres cercueils rendus à Israël ne contenaient que de la cendre, les 2 soldats sont portés disparus jusqu’à ce jour).

Source: https://tsahal.fr/tsahal-au-passe/guerres-et-operations/guerres/guerre-des-six-jours/

Commentaires