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Après les attentats et l’agression de Kim Kardashian en plein Paris, le Brexit boom fait de la capitale anglaise la nouvelle favorite des serial shoppers.shopping-in-london-1-728

Est-il plus sûr, et moins cher, d’aller faire ses emplettes de luxe à Londres plutôt qu’à Paris ?

Apparemment, oui. Six mois après le Brexit, la Bourse britannique ne s’est pas effondrée, bien au contraire, et la capitale britannique a su mettre en valeur ses atouts aux yeux des touristes les plus aisés de la planète, en comparaison avec sa rivale parisienne.

Des agressions en série

Il faut dire que l’agression de Kim Kardashian dans la suite de son hôtel parisien n’a pas arrangé l’image de la ville. La crainte des attentats avait déjà fait fuir, à juste titre, une partie des touristes. Les images de manifestations violentes, à commencer par celles d’une voiture de police en feu, avaient été reprises par la presse du monde entier. L’agression de la star de télé-réalité américaine est venue achever l’image de Paris, soudain devenue une « no go zone » pour les visiteurs les plus riches.

Gênant quand on pense que le secteur du luxe et de la mode pèse pour 17,2 milliards d’euros dans l’Hexagone. Du coup, la très surveillée capitale britannique, aux rues bardées de caméras, rassure une clientèle passée de la suspicion à la crainte. L’agression sur l’autoroute A1, entre Le Bourget et Paris, de personnalités venues de Chine comme du Qatar, et même d’une star de Bollywood, Mallika Sherawat, n’a pas arrangé les choses… « Soit le flux de touristes reviendra à la normale, soit il va changer durablement, se dit Luca Solda, chargé du secteur des biens de luxe chez BNP Paris. Je pense que les touristes aisés étrangers [HNWI, pour High Net Worth Individuals, NDLR] ont quitté la France au lendemain des attaques terroristes. Les cambriolages et les attaques n’ont fait qu’empirer les choses. Londres et la Suisse en ont bénéficié. »

Un Brexit Boom

Déjà, cet été, chez Harrods, un des fleurons du commerce londonien, le moral était au beau fixe. Lire notre article : À Londres, pas de Brexit pour le luxe . « Les affaires vont bien, confirmait alors au Point la responsable d’une des marques de luxe horlogères proposées chez Harrods. En sus des nombreux expatriés londoniens, les clients russes sont de retour. À cela s’ajoute la clientèle chinoise, qui boude Paris depuis les attentats et préfère Londres ces derniers mois. Entre les soldes et la fin du ramadan, la clientèle du Moyen-Orient devrait être au rendez-vous. »

« Les craintes au sujet de la sécurité en Europe ont constitué une des raisons majeures de la venue des clients au Royaume-Uni, confirmait également Michael Ward, directeur d’Harrods, au Financial Times. Les visiteurs du Moyen-Orient ne se sentaient pas en sécurité ou les bienvenus en France, et ils sont donc venus ici. » Mais il faut bien reconnaître qu’en sus de la large ouverture des commerces le dimanche, le sens des soldes à l’anglaise, incomparables, et la baisse du cours de la livre sterling au lendemain du Brexit sont encore venus renforcer l’attractivité londonienne. Le luxe, oui, mais en faisant de bonnes affaires au passage… Résultat : la division montres de luxe connaît cette année une croissance à deux chiffres. Mais il faut dire que les ventes de montres augmentaient déjà avant le vote du Brexit. « Le Brexit aura été la cerise sur le gâteau, confie ainsi Ricardo Guadalupe, CEO de Hublot. D’autres variables géopolitiques comme les attaques terroristes et le sentiment d’insécurité ont plus durement nui à l’activité en Europe. »

Le meilleur exemple : le marché des montres de luxe, comme le souligne le New York Times . Leurs ventes de l’autre côté du Channel ont connu un véritable boom ces derniers mois, tandis qu’elles s’effondraient à Paris. En effet, selon GfK, les ventes de montres à plus de 10 000 livres (11 700 euros) ont augmenté de 67 % en septembre dernier à Londres, en comparaison avec l’année précédente. Selon les chiffres de la Fédération de l’industrie horlogère suisse, les exportations vers le Royaume-Uni étaient également en hausse de 32,4 % en septembre.

Dans le même temps, les exportations de montres suisses vers la France baissaient de plus de 20 %… Pour David Coleridge, à la tête de The Watch Gallery et d’une boutique Rolex à la très luxueuse adresse du One Hyde Park, à Knightsbridge, le Brexit a créé « la tempête parfaite ». « En juillet, les clients arabes habitués au dollar sont arrivés après le ramadan. Puis il s’est dit que la livre avait baissé, que c’était moins cher d’aller à Londres, et le nombre de visiteurs a augmenté. Puis le terrorisme en Europe a fait venir encore plus de personnes. » Et David Coleridge de citer l’agression de Kim Kardashian le 2 octobre dernier comme facteur aggravant pour Paris… D’autant plus que, souligne-t-il, « une Rolex est 35 % moins chère ici qu’à New York ».

Et comment ne pas mentionner le dernier atout de Londres en comparaison avec Paris ? Alors que, en France, le seuil de paiement autorisé en liquide est de seulement 1 000 euros depuis septembre 2015 (pour les résidents fiscaux français et les professionnels) et de 15 000 euros pour les non-résidents fiscaux français, outre-Manche, les paiements sont possibles à Londres sans aucune limite de montant. Seuls les professionnels acceptant des paiements en espèces au-delà de 15 000 euros doivent s’enregistrer auprès des autorités fiscales en tant que HVD « High Value Dealers ».

GAIA

Source: http://www.dreuz.info/2016/12/26/hollande-protege-les-voyous-les-riches-font-leur-shopping-a-londres/

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