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Dès sa fondation, l’Agence fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire devait protéger la santé des citoyens. 18 années après, le bilan est terrible : l’Afsca fait très mal son travail, met en péril les petites entreprises agricoles honnêtes et ferme les yeux sur des situations intolérables. Elle doit disparaître !

L’Afsca a été créée en 2000, dans la foulée de la crise de la dioxine et d’un certain nombre de scandales (vache folle, moutons à la langue bleue, poulets…), qui débouchèrent sur des massacres de bétail à grande échelle… sans que cela ait entraîné une diminution significative des risques de mise en vente de viandes de mauvaise qualité. Les petits producteurs locaux, qui respectent les directives (hygiène, traçabilité, etc) subissent en priorité les tracasseries de l’Afsca ; les sociétés de production industrielle de viande sont épargnées par cette même Afsca. C’est pourtant là que notre santé est en danger !

DEPUIS SA CRéATION, EN 2000, L’AFSCA S’EST MONTRéE INFLEXIBLE POUR LES PETITS PRODUCTEURS ET PETITS COMMERçANTS. çA SUFFIT !

Le nouveau scandale, à Bastogne, est un exemple du fonctionnement boiteux et très critiquable de l’agence fédérale. Voilà une firme d’origine flamande, Veviba, installée à Bastogne. A la fois abattoir, centre de traitement et de réfrigération de la viande, elle fournit dans toute l’Europe. C’est même du Kosovo qu’est partie une plainte aboutissant à la mise sous scellé des installations bastognardes (sauf l’abattoir) !

Les Kosovars se plaignirent de trouver de la viande avariée dans les fournitures de Veviba. Il n’en fallut pas plus pour qu’une enquête révèle que les dates de fraîcheur étaient falsifiées. Curieusement, l’Afsca dispose d’un bureau chez Veviba. Cela devrait nous rassurer. Hélas ! non…

Des bruits circulent dans l’entreprise à propos d’enveloppes échangées, de corruption – ce ne serait pas la première fois que l’Afsca ferait face à ce genre d’accusation, sans qu’une preuve ait jamais été décisive. En tout cas, il y a eu des fraudes, et l’Afsca prétend ne rien avoir vu.

Curieusement, des agents de l’Afsca ont volé au secours de Veviba, alléguant qu’une viande consommée au-delà de la péremption n’était pas nécessairement dangereuse pour la santé. L’agence fédérale a fait fermer de petits commerces et de petites entreprises pour moins que ça !

Si la viande avariée est bonne à la consommation, à quoi sert l’Afsca ? Elle s’est montrée inflexible à l’égard des petits producteurs de salaisons, de fromage de Herve (se servant du prétexte que c’était l’exigence de l’Europe) et autres spécialités locales qui n’avaient jamais tué personne mais que les agents de l’Afsca présentaient comme la porte d’entrée à l’Apocalypse.

C’est justement dans la sévérité à géométrie variable de l’Afsca que réside le vrai problème. On se souviendra qu’elle a voulu interdire les tartes au riz de Verviers, devenues après plusieurs décennies d’existence de dangereux produits attentatoires à la santé. On imagine la Belgique décimée par les tartes au riz…

Le petit commerçant, qui ne peut se payer des armées d’avocats pour se défendre, est la proie préférée des vautours de l’Afsca. En revanche, le gros producteurs, les entreprises transnationales échappent à ce lynchage sanitaire.

L’AFSCA EST DEVENUE UNE ADMINISTRATION QUI VIT POUR ELLE-MÊME ET PAS POUR NOTRE SANTé

Un correspondant nous signalait le cas d’une firme hollandaise fournissant des produits surgelés dans des camionnettes, immatriculées aux Pays-Bas et non-frigorifiques ! Cela se passe dans la région de Liège – à Chératte pour être précis. Justification du fournisseur : « La réfrigération n’est pas nécessaire : nous fournissons seulement 10 colis à la fois« . Sauf que, à ce rythme, l’opération commerciale n’est pas rentable. On se paie donc notre tête !

Prévenue, l’Afsca a reconnu être au courant de cette situation : « Mais nous ne pouvons rien faire, car le siège social de cette société se trouve aux Pays-Bas« . Quand nous disions que le MR n’avait pas supprimé les lois PS, décourageant les investisseurs à venir s’installer en Belgique et lui préférant les Pays-Bas, l’Allemagne et la France…

Dans ces conditions, la santé du consommateur belge n’est pas protégée. Et si l’Afsca ne peut empêcher les scandales sanitaires à répétition, elle doit disparaître. Que l’on crée un nouvel organe de contrôle, mais pas dans l’improvisation, comme ce fut le cas, en 2000, pour l’Afsca et avec des pouvoirs qui ne mettent pas en danger les petits producteurs belges.

Pour sa part, le PARTI POPULAIRE soutient les petites entreprises et les petits commerçants courageux, qui exercent leur métier avec passion et honnêteté. Il favorise aussi les circuits courts dans la distribution des denrées alimentaires. Et le respect de l’animal de boucherie, qui ne peut être un objet traité sans humanité et ravalé à une sordide source de profits. La protection de la santé passe par le retour au bon sens !

A.D.

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