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Puisque l’Union européenne est incapable d’être ferme ou de trouver une solution claire pour arrêter l’arrivée massive de migrants économiques et de pseudo-réfugiés par la Méditerranée, l’Italie a piqué une colère et menace de se débrouiller seule pour arrêter le flot des migrants qui débarquent sur ses côtes ou sont débarqués par les ONG (Organisations non-gouvernementales), en contact étroit avec les passeurs libyens (voir notre article). Bilan début septembre : plus de 100.000 migrants accueillis cette année qui ne repartiront pas, et 5.000 morts noyés l’an passé. Bravo l’Europe !

C’étaient 175 056 migrants accueillis pour les trois premiers mois 2016. Le nombre est donc moins important, mais le flux est continu. En Grèce, c’est en dizaines de milliers qu’il faut compter aujourd’hui. Le tarissement du flot de réfugiés coûte très cher à l’Europe : 3 milliards renouvelables chaque année pour le satrape islamiste d’Ankara, en espérant qu’il continue à retenir les migrants venant d’Afghanistan, du Pakistan ou des anciennes républiques islamiques du sud de l’Union soviétique. Aujourd’hui, c’est par la Bulgarie que passent des dizaines de milliers de migrants illégaux pour entrer en Europe.
La question principale à laquelle sont confrontés les dirigeants européens et en fait surtout les seuls dirigeants italiens, concerne la Libye. Comment empêcher les milices libyennes qui organisent le passage vers l’Europe, de continuer leur trafic d’êtres humains, digne de la pire période de l’esclavage ?

L’Italie semble avoir trouvé la réponse, même si ce n’est pas très « politiquement correct » : les arrivées ont diminué de 85% au mois d’août. Certains accusent l’Italie de payer les chefs de guerre libyens, pour faire de la « rétention d’esclaves ». Cela pourrait déstabiliser davantage encore la Libye, un état failli et à la dérive, depuis la guerre menée sans solution pour l’après-guerre, par Sarkozy, Cameron et consorts…

Selon les organisations de défense des droits de l’Homme, les camps de détention des migrants en Libye sont de véritables camps de concentration. Pour l’activiste Zeid Ra’ad al-Hussein, « la tactique de l’Italie ne tient aucun compte de la nécessaire protection des êtres humains et des droits des migrants en Libye et sur les bateaux des passeurs”.

Marco Minniti, un des ministres italiens qui tient un discours ferme et « anti-migrants »

Le secrétaire d’état italien aux Affaires étrangères chargé du dossier, Mario Giro, nie que l’Italie aurait fait le moindre “don” aux milices libyennes. Simplement, l’Italie leur « aurait donné la possibilité de rejoindre l’armée nationale en création, où ils seront payés régulièrement ». Pour les autorités italiennes, ils ne font que « de la diplomatie, lentement, à la manière italienne. Nous parlons à tout le monde ».
Beaucoup sont sceptiques. Ce n’est pas la première fois que l’Italie achète sa tranquillité. A l’époque du colonel d’opérette, Muammar el-Qaddafi, le sanguinaire dictateur libyen avait extorqué des dizaines de millions de dollars d’ « aide italienne » en échange de l’interdiction aux migrants sub-sahariens de prendre la mer pour Lampedusa et la Sicile.

Les petits arrangements de l’Italie ont évidemment disparu avec le soulèvement de 2011 et l’intervention de la coalition menée par la France et la Grande-Bretagne, avec le soutien des USA. Le résultat de cette guerre faite sans préparer la paix, a été catastrophique pour l’Europe, tout filtre à la migration ayant disparu.

Au lieu d’un seul dictateur en Libye, vous en avez dix aujourd’hui ! Mattia Toaldo, un expert libyen du Conseil Européen des Relations Internationales déclare « en fait, ce sont ces milices libyennes qui sont les gardes des frontières de l’Europe ». L’Europe s’avère totalement incapable d’avoir la moindre politique étrangère.

L’Italie se déclare “abandonnée par ses voisins européens, particulièrement la France, qui refuse d’accueillir plus que son quota de migrants ». Ne parlons pas des pays d’Europe centrale (le groupe de Visegrad), Pologne et Hongrie en tête, qui refusent totalement la politique migratoire de Bruxelles.
Au printemps, les Italiens ont élu des candidats conservateurs ou « populistes » aux élections locales, pour signifier leur ras-le-bol de l’absence de politique migratoire.

Le ministre de l’Intérieur, Marco Minniti, a réuni en avril, les chefs des tribus arriérées de Libye à Rome, en mettant les petits plats dans les grands pour négocier avec eux, un accord de contrôle des frontières dans le désert avec l’Algérie, le Tchad et le Niger. C’est l’Italie qui répare les bateaux des garde-côtes libyens, parce que l’argent de la coopération est volé par les nouveaux dirigeants du pays.
En juillet, Miniti a obtenu à l’arraché que les milices claniques de la côte, empêchent les passeurs de prendre le départ sur la côte à l’Ouest de Tripoli, la capitale. L’opposition accuse Miniti d’avoir payé grassement les petits chefs de guerre. Il dément, mais en tout cas, le résultat commence à apparaître, avec un début de réduction du nombre d’arrivées.

En août, il n’y a eu que 2 729 arrivées repérées sur les côtes italiennes (il y en a plus), mais en 2016, on était à 18.000 selon l’agence des Nations Unies pour les réfugiés. Il n’y aurait eu que 11 noyades en août 2017.

L’Italie a versé 200 millions d’EUR aux gouvernements libyens et fournit des armes en quantité aux milices, en espérant qu’elles les utiliseront pour faire la police et empêcher les départs de migrants. Il y a plus de 400.000 migrants qui cherchent à traverser sur les côtes libyennes et ils ne cessent d’arriver du Sud…

Le problème est que l’Italie, avec son argent, arme les futurs djihadistes qui s’attaqueront à l’Europe dès que la guerre civile se terminera. Le seul but de ces tribus et de leurs milices, c’est de soutirer de l’argent, avec lequel ils achèteront des armes pour tenter de s’imposer dans une Libye où 3 gouvernements se disputent le pouvoir.
L’exemple parfait est le port de Sabratha, tenu par la milice des Dabbashis, un clan primitif qui vend du pétrole libyen de contrebande et enferme les migrants dans des conditions épouvantables pour soutirer de l’argent à leurs familles.

La milice des Dabbashis, connue sous le vocable Al Ammu a un “contrat” de protection de la raffinerie de pétrole voisine du puissant groupe industriel italien ENI: la Melittah Oil & Gas plant. C’est une des seules raffineries libyennes à n’avoir jamais dû fermer pendant la guerre civile. Cela en dit long sur l’influence d’ENI en Libye. La raffinerie envoie son gaz par pipeline sous-marin directement en Italie.
Les ministres européens de l’Intérieur ont signifié leur soulagement à leur collègue italien, face à la baisse des arrivées de migrants. L’immigration musulmane sauvage est très mal perçue par les populations européennes qui donnent de plus en plus leurs voix aux « populistes » qui osent dire ce que tout le monde pense.

Le tarissement des arrivées de migrants est-il durable ? Rien n’est moins sûr. Ces derniers jours, le nombre d’arrivées s’est remis à augmenter. Tant que la Libye n’est pas pacifiée et gérée, la migration économique continuera. L’Europe n’a pas besoin d’esclaves non qualifiés, qui vont tirer les salaires vers le bas, travailleront au noir s’ils sont refusés à l’asile et feront mille trafics illicites pour survivre. Parmi eux, il y a des fous d’Allah, prêts à se faire exploser par haine de nos sociétés occidentales. Merci à la Commission Juncker et aux gouvernements qui la soutiennent. L’Europe a tout faux…

C.T.

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