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Les politiciens du MR sont quand même plus fins renards que ceux du PS dans leurs petites magouilles! Dans l’affaire du Kazakhgate, ce n’est vraiment pas simple de défaire le noeud complexe des trafics d’influence qui ont amenés à la création d’une commission parlementaire sur le cas de ce charmant Kazakh, Patok Chodiev, voisin de Serge Kubla (MR) à Waterloo, dont l’avocat était Armand De Decker (MR) et pour lequel Didier Reynders (MR), ministre des Affaires étrangères, a eu toute une série d’attentions charmantes…

De Decker (MR) a vraiment poussé le bouchon très loin, en devenant l’intermédiaire d’un mafieux pour « neutraliser » un autre mafieux. Il devait adorer ça, intriguer sous les ors de la république, à l’Elysée!

Le service d’analyse de la Sûreté de l’Etat a produit quatre notes en 2012, 2014, 2015 et 2016 suggérant une ingérence et une manipulation française dans le dossier Kazakhgate ainsi qu’une implication de l’ex-président du Sénat Armand De Decker. Il semble clair aujourd’hui qu’Armand De Decker a manipulé en 2011 la Sûreté belge et la DCRI française pour « neutraliser » un mafieux belge, ennemi de Chodiev qui était à l’époque le client de De Decker. Ce mafieux « aidait » régulièrement des mafieux russes et ukrainiens en Europe occidentale. Pour ce faire, Armand De Decker s’est targué d’être ce qu’il n’était pas lorsqu’il a rencontré à l’Elysée, le coordonnateur national français du renseignement, Ange Mancini. 

Il y aurait aussi eu un déjeuner avec Claude Guéant, Secrétaire général de l’Elysée, avec « remise de fiche » concernant cet individu. 

Alors que le service d’étude de la Sûreté préconisait depuis 2012 d’alerter le premier ministre et le ministre de la Justice, ce n’est que fin 2015 que ce dernier est informé pour la première fois. Et ce n’est qu’en 2016 que la Sûreté écrira au Parquet de Bruxelles. Un rapport du comité R commandé par la commission d’enquête parlementaire pointe du doigt le rôle de l’ancien administrateur général Alain Winants, étiqueté Open Vld, qui était auditionné ce mercredi. La majorité et singulièrement le MR commencent à paniquer à la Commission…

L’ancien préfet français, Jean-François Etienne des Rosaies, l’homme des basses oeuvres de l’affaire Chodiev; était le « contact » principal de De Decker. Les poursuites sont entamées contre lui en France.

L’ancien préfet et chargé de mission à l’Elysée sous Nicolas Sarkozy, Jean-François Etienne des Rosaies a été mis, lui, en examen dans le dossier du Kazakhgate. Selon les éléments révélés, jeudi 19 mars, par l’Agence France-Presse, il est soupçonné de corruption active d’agent public étranger, de trafic d’influence passif par personne chargée d’un service public et de blanchiment de ce délit.

Pour la presse française, l’affaire du Kazakhgate porte sur des présomptions de corruption et de commissions occultes touchées en marge d’importants contrats conclus sous la présidence de M. Sarkozy entre Paris et Astana, entre 2010 et 2011. Les deux pays avaient annoncé, en octobre 2010, quelque 2 milliards d’euros de contrats prévoyant la vente au Kazakhstan de 295 locomotives du groupe Alstom et 45 hélicoptères fournis par Eurocopter (EADS), devenu Airbus Helicopters.

Le bel Armand aura bien du mal à se justifier de toute ingérence dans le dossier. Le faisceau de présomptions s’alourdit à chaque audition: abus de pouvoir sur la Sûreté, usurpation de titre et fonction (il se présente en 2011 aux Français comme président de la commission parlementaire de suivi des services de renseignement, ce qu’il n’était plus à ce moment), parjure, association de malfaiteurs, corruption, …

Seule certitude absolue dans l’affaire Chodiev: Didier Reynders, le grand ami de Sarko, n’est au courant de rien. On a oublié de l’informer…

Didier Reynders devait être plus que simplement au courant des « contacts » comme le chef de la Sûreté Alain Winants (Open Vld) et probablement le président de l’Open Vld. Winants est passé en commission ce mercredi. Les notes de 2012, 2014, 2015 et 2016 ont-elles atterri sur le bureau des ministres de l’Intérieur de ces époques ? Ou ont-elles été « bloquées » par Winants ? Rien n’est encore clair dans cette affaire d’état, autour du belgo-kazakh Patokh Chodiev, qui pour corser l’affaire, a porté plainte contre la Commission parlementaire et les « fuites » régulières organisées par des commissaires (socialistes et Ecolo sans aucun doute) vers la presse.

On comprend que le député Ecolo Gilkinet, qui fait bien son travail de commissaire, demande avec insistance que Didier Reynders soit entendu. Celui-ci n’est pas pressé… Il était ministre des Affaires étrangères pendant toute la période envisagée. Ils sont forts au MR!

L.R.

 

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