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Après des années de marchandages hallucinants, l’Union Européenne a mis sur pied une commission de 70 (septante !) membres, chargées d’examiner la question de l’heure d’été. Cette dernière vient de remettre son rapport. En décembre, le parlement européen va voter la suppression de l’heure d’été. Dites-vous que vous allez, dans la nuit de samedi 27 octobre à dimanche 28 octobre, changer l’heure de vos montres pour la dernière fois.

Il n’a pas fallu moins de dix ans pour en arriver à la solution appelée de leurs vœux par des centaines de scientifiques dans le monde. Pendant ce temps, l’Union Européenne s’est égarée dans des peccadilles, telles que s’attaquer au fromage de Herve ou à la taille des interrupteurs électriques.

Or, l’heure d’été, c’est une question de santé. Il y a de nombreuses années, le professeur allemand Till Roennenberg a constaté que le taux d’infarctus du myocarde augmentait autour de la période de passage de l’heure d’hiver à l’heure d’été. Et les chiffres le confirment : l’heure d’été coûte 60 milliards d’euros en frais médicaux à la sécurité sociale allemande !

Et c’est normal : le changement d’heure va à l’encontre de notre horloge biologique, celle du fonctionnement de notre corps. Au moment où le Prix Nobel de médecine vient d’être attribué à des chercheurs américains pour leurs recherches sur notre horloge interne, l’heure d’été apparaît vraiment comme un danger public…

En effet, notre horloge biologique fonctionne avec un mouvement qui n’a rien à voir avec des heures d’hiver ou d’été. Elle aime la régularité : on se lève à telle heure, on se rend au boulot, on se nourrit à heure précise tout au long de l’année, on va se coucher en fin de journée.

Le gouvernement Tindemans (CD&V+CDH+MR), qui imposa l’heure d’été en 1976, ne tint aucun compte de l’avis des médecins et des scientifiques. Par pure démagogie, il démolit la santé des Belges. Le prétexte de l’introduction de l’heure d’été découlait, selon eux, du choc pétrolier de 1973. « En retardant les horloges d’une heure, nous profiterons mieux de l’ensoleillement naturel et nous épargnerons de l’électricité, prétendaient les ministres, qui n’y connaissaient que couic.

Quarante et un an plus tard, il faut bien le reconnaître : il n’y eut aucune économie. La mesure n’a servi à rien, sauf à entamer le bon équilibre de notre corps. C’est moins longtemps que l’enquête sur les tueurs du Brabant, mais c’est plus mortel !

Ne nous réjouissons pas trop vite : si la commission de 70 eurocrates s’est prononcé en faveur de la suppression de l’heure d’été, et même si le parlement européen la vote, il peut se présenter des obstacles. Nous sommes dans le cirque européen, tout de même… Ainsi, de nombreuses institutions doivent encore se prononcer, question de faire croire qu’elles servent à quelque chose.

Et cela peut retarder la mise en pratique de la suppression pendant deux ans !

D’ici là, n’oubliez pas que, dans la nuit du 27 au 28 octobre, il vous faudra retarder et non pas avancer d’une heure les aiguilles de la montre. Et tant pis pour votre horloge biologique. Merci, les partis traditionnels, au gouvernement en 1976 !

A.De Kuyssche

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